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Archives : Contes et chansons

Nouvelle Eliette Vialle - Le chant corse par Dom Corrieras - Lhasa de Sela... et plus


Le Poème mis en Chansons
sur le site DJ Rimbaud
FRANCE
ARAGON •• « NOUS APPELLERONS HOLLANDE… »



Musique : Jacques Yvart
Interprète : Jacques Yvart


Nous appellerons Hollande
Ce pays de contrebande
Entre la pluie et le vent
Comme un moment de césure
Dans la voix et la mesure
Entre l’après et l’avant

Ce royaume de semblances
Qui fait égale balance
Entre la terre et les eaux
Entre le mourir et l’être
Qui bat comme à la fenêtre
Un volet troué d’oiseaux

Voici l’heure et le voyage
Où le jour n’est que langage
Comme sont dés hasardeux
Et le point qu’on y amène
Toujours sonne être l’amen
De cette vie à nous deux

Où toute chose suppose
Obscurément faire pause
Avant cette nuit de nous
Une halte du calvaire
Cette indulgence du vers
Aux condamnés à genoux

Ô merveille d’amertume
Et se perd et se parfume
La vie où elle est brisée
Comme l’une l’autre tremblent
Au miracle d’être ensemble
Les lèvres sur le baiser


Le Voyage de Hollande
QUÉBEC
HECTOR DE SAINT-DENYS-GARNEAU •• MAISON FERMÉE


Musique : Villeray
Interprète : Villeray


Je songe à la désolation de l’hiver
Aux longues journées de solitude
Dans la maison morte —
Car la maison meurt où rien n’est ouvert —
Dans la maison close, cernée de forêts
Forêts noires pleines
De vent dur
Dans la maison pressée de froid
Dans la désolation de l’hiver qui dure

Seul à conserver un petit feu dans le grand âtre
L’alimentant de branches sèches
Petit à petit
Que cela dure
Pour empêcher la mort totale du feu
Seul avec l’ennui qui ne peut plus sortir
Qu’on enferme avec soi
Et qui se propage dans la chambre

Comme la fumée d’un mauvais âtre
Qui tire mal vers en haut
Quand le vent s’abat sur le toit
Et rabroue la fumée dans la chambre
Jusqu’à ce qu’on étouffe dans la maison fermée
Seul avec l’ennui
Que secoue à peine la vaine épouvante
Qui nous prend tout à coup
Quand le froid casse les clous dans les planches
Et que le vent fait craquer la charpente

Les longues nuits à s’empêcher de geler
Puis au matin vient la lumière
Plus glaciale que la nuit.

Ainsi les longs mois à attendre
La fin de l’âpre hiver.

Je songe à la désolation de l’hiver
Seul
Dans une maison fermée.

Regards et jeux dans l’espace
Classé dans Hector de Saint Deny


PAUL ÉLUARD •• PRINTEMPS


Musique : Barbara
Interprète : Barbara


Il y a sur la plage quelques flaques d’eau
Il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux
La neige fond dans la montagne
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule

C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur
Que je vis ce printemps près de toi l’innocente
Il n’y a pas de nuit pour nous
Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi
Et tu ne veux pas avoir froid

Notre printemps est un printemps qui a raison.




**



PAUL ÉLUARD •• JE NE SUIS PAS SEUL

Musique : Claude Gauthier
Interprète : Claude Gauthier



Chargée
De fruits légers aux lèvres
Parée
De mille fleurs variées
Glorieuse
Dans les bras du soleil
Heureuse
D’un oiseau familier
Ravie
D’une goutte de pluie
Plus belle
Que le ciel du matin
Fidèle

Je parle d’un jardin
Je rêve

Mais j’aime justement.

***




PAUL ÉLUARD •• PRINTEMPS


Musique : Barbara
Interprète : Barbara


Il y a sur la plage quelques flaques d’eau
Il y a dans les bois des arbres fous d’oiseaux
La neige fond dans la montagne
Les branches des pommiers brillent de tant de fleurs
Que le pâle soleil recule

C’est par un soir d’hiver dans un monde très dur
Que je vis ce printemps près de toi l’innocente
Il n’y a pas de nuit pour nous
Rien de ce qui périt n’a de prise sur toi
Et tu ne veux pas avoir froid

Notre printemps est un printemps qui a raison.


HÉLÈNE DORION
LÈNE DORION - TOUT REDEVIENT FRAGILE

Musique : Morice Benin
Interprète : Morice Benin

On finit par suivre la lumière
qui nous bouleverse parfois
à travers un geste
sentir que rien ne viendra
sinon quelque désastre
On finit par ne plus voir
les percées du vide, oublier
ce visage qui n’a jamais existé
ailleurs que devant

Plus rien n’est lié soudain
plus rien ne s’accomplit

*

On finit par répondre
qu’on est là, faire signe
parmi nos absences
ne plus fuir la mémoire
de certaines failles qui blessent
plus que d’autres

On finit par s’ouvrir
au silence qui revient
et ne plus répondre
au bruit des pas, ne plus croire
qu’on a aimé, soutenu un instant
la beauté de notre vie

On finit par sentir le temps
qui replie nos regards
lentement les referme, comme une blessure
dont on ne sait plus parler

*
On finit par guérir
des premières questions
restées sans réponse
dans un regard
on finit par poser un amour
sur ce manque sans fond
se dire qu’il y a quelqu’un
au bout des mots
qui battent encore en nous
on se souvient soudain
de ce qui fut approché, effleuré
du désir dans lequel nous jette un corps

*
On finit par répondre chaque fois
à ce qui peut encore venir
à travers la répétition
de nos manques et de nos tendresses
on finit par se souvenir
qu’il y eut quelqu’un
derrière le désastre

On finit par ne plus entendre
que ces mots accidentés
qui appellent sans relâche
ce qui jamais n’est venu
et jamais ne viendra

On finit par ne plus rien entendre
et cela nous atteint encore



— Les États du relief
Classé dans Hélène Dorion Morice Benin


Voir l' Adaptation  sur le site
DJ Rimbaud


recherche Gertie Millaire
pour Francopolis avril 2015
 

Créé le 1 mars 2002

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