« Ainsi des paroles non dites »
Se glissent dans nos silences
Comme si rien
Jamais
Ne devait mourir
Elles sont douces
Elles sont vieilles
Parcourant mon corps
D'une esquisse-tendresse
Ce sont tes mains que j'aime
Parues dans Par
un matin de brume
***
La porte s'entrouvre
L'odeur du jasmin
Et si c'était toi
Les larmes au goût d'un sel meurtrier
Se noient dans l'écume des ombres
Et la mer dans sa tourmente
Au seuil de la mort
Se couvre de Roses blanches
Parues dans Le
temps d'un sein nu de Robert Notenboom
***
J'ai commandé deux cafés
Étonné le garçon m'a regardée
L'autre
C'est pour le rêve
Lui dis-je
Les goélands se sont tus
Le ciel s'est épaissi
Sur la mer
Déjà
Les déferlantes debout
S'emparent de la barque noire
Parues dans On a
oublié de m'aimer

***
Un jour d'hiver
Je reviendrai te voir
Tes lèvres seront si proches
Je te dirai
Cherche dans mon regard
Tout de moi y est dit
La vie
Rien
Un mauvais rêve
Un peu de poussière
Deux petites fleurs bien pâles
Devant lesquelles je pleure
À l'ombre d'un rosier encore en fleurs
Tu peines à regarder le jour
Trop de regrets
Au loin
Une mouette silencieuse plane
Dans un instant
Tu croiseras son regard
Et toute la souffrance du monde
Qu'il est beau ce papillon
Il suffirait de peu
Pour qu'on le croit éternel
À paraître

© Annie
Deveaux Berthelot
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