Auteur |
Message |
   
jean-pierre
| Envoyé jeudi 01 septembre 2005 - 12h00: | |
Scène 1 Une chapelle minable, torchis et tôle ondulée, tapissée de posters d’enfants jésus, Maries en larmes, cœurs en flammes,’épines et roses, tonalités sang et or dominant…… sur un fond bleu layette Antonio rio del sangre… est agenouillé sur une cagette d’oranges retournée, faisant office de prie-dieu Au-dessus de l’autel (table de cuisine, formica écaillé, napperon dentelle, corbeille de fleurs) sentence émaillée tracée à l’or bon marché :-« Une oreille, deux oreilles, deux oreilles et la queue » Entre Gaspard de la nuit, chaussettes amidonnées et collet monté Trempe sa main dans le bénitier, se signe à l’envers, lève les yeux au plafond et se dirige vers le « prie-dieu » Il se penche vers Antonio et murmure : _ « vous pouvez vous pousser un peu » après un silence rajoute : _ « quand y’en a pour un, y’en a pour deux » Antonio avec un mouvement d’agacement se déplace à l’extrémité de la cagette ; Gaspard tant bien que mal s’agenouille, regarde en l’air, puis à gauche et à droite Après un court moment de silence, se tourne vers Antonio -« vous croyez en dieu ? » Antonio fait mine de l’ignorer et murmure quelques litanies entre ses dents Gaspard se lève et consulte avec attention les images sur les murs. Entre Dolorès del Pueblo Bas résille et raz du cul, décolleté suffoquant malgré son échancrure _ « Magne-toi « chou » ils s’impatientent, le toro est chaud….le peuple aussi.. » Antonio se lève, se tourne vers la greluche : « les cornes, elles sont comment les cornes ? » _ « comme celles que tu vas porter si tu fais pas un tabac ce coup là » Gaspard sort, gêné ( en plongeant tout de même un regard insistant dans le décolleté de la douleur du peuple, qui en dit long sur ses intentions ………..) Dolores :-Tu les entends, ils trépignent dans les tribunes…. Antonio :- Ils chient dans leurs froc devant un toro. Dolores :- ils te paient pour prendre leur place, ne les déçois pas , ils ont besoin d’un héros Dolores sort suivie d’Antonio ; la scène reste trop longtemps vide et silencieuse ; au son des clarines, le rideau tombe.
|
   
aglaé
| Envoyé jeudi 01 septembre 2005 - 13h41: | |
JP Les deux oreilles et la queue pour cette scène épatante...un sujet de tableau pour moi...Trois personnages taillés sur mesure et une atmosphère entre recueuillement et canaillerie...Bravo... |
   
jean-pierre
| Envoyé samedi 03 septembre 2005 - 21h41: | |
Scène 2 Le rideau s’ouvre sur une arène vide ratissée à la hâte Ici et là traînent encore quelques bouts de bidoche….éclairés par une lumière rasante Sur la porte du toril, écrit gauchement à la craie: « dieu » Le mortel silence est souligné par quelques sanglots étouffés Seul sur les gradins, Gaspard de la nuit sort de sa poche un mouchoir le secoue et s’éponge le front La porte du toril s’ouvre Dolorès del pueblo jette timidement un œil ravagé par les coulées de rimel, au dessus du callejon où elle s’était réfugiée Le rideau se referme Scène 3 La scène se déroule dans le bistro de la plazza del toro Deux ou trois habitués sirotent une cerveza tiède Au loin le cœur des vierges : « Sa blancheur égale celle de la neige que n'a point foulée le pied du voyageur, et que n'a point amollie l'humide et pluvieux Auster. Son col est droit et dégagé. Son fanon, à longs plis, pend avec grâce sur son sein. Ses cornes petites et polies imitent l'éclat des perles les plus pures; et l'on dirait qu'elles sont le riche ouvrage de l'art. Son front n'a rien de menaçant; ses yeux, rien de farouche; et son regard est doux et caressant. . Il est si beau ! Il ne respire point les combats. . Il est si beau ! Il ne respire point les combats. Le premier pekin : _ un vrai massacre le deuxième , comme s’il n’avait rien entendu - La douleur elle drague - Oui, c’est vrai, elle drague - La douleur elle couche - Oui, c’est sûr elle couche …… - après un instant d’hésitation: - - elle à jamais rien demandé , elle couche gratos …. .elle a des airs de pute, c’est sûr, mais elle n’oblige personne à suivre
|
   
aglaé
| Envoyé samedi 03 septembre 2005 - 21h49: | |
- La douleur elle drague - Oui, c’est vrai, elle drague - La douleur elle couche - Oui, c’est sûr elle couche …… - après un instant d’hésitation: - - elle à jamais rien demandé , elle couche gratos …. .elle a des airs de pute, c’est sûr, mais elle n’oblige personne Sacré JP!!! Egale égale aglaé????marrant///
|
   
Kel
| Envoyé samedi 03 septembre 2005 - 23h36: | |
C'est le jubilé d'JP! Jubilatoire. |
|