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Bachy Pierre
| Envoyé vendredi 02 septembre 2005 - 07h13: | |
Dans un monde qui nous sature d’informations, nous gave d’événements, ne jure plus qu’en termes de communication, de réseaux, de connexions - monde de connexionnistes qui brise, efface ou contrefait les liens logiques, organiques, sensibles, entre les êtres et les choses, et où la promiscuité a pris le pas sur l’interdépendance - la réalité se fait débordante. Et plus on accumule, plus on surinforme, plus ce trop de réalité étouffe la pensée critique. Du totalitarisme de l’inconsistance, où tout n’est pas seulement l’équivalent de tout mais où rien n’existe s’il n’est l’équivalent de tout et réciproquement, aux troublantes équivoques de la rationalité de l’incohérence. Personne ne remarque plus comment n’importe quel choix intellectuel, politique ou moral est aujourd’hui contrebalancé par son antidote. II semble même devenu naturel que le moralisme réponde au laxisme, l’intégrisme au multiculturalisme, le muséisme au modernisme, la dévotion au cynisme, le sectarisme au centrisme, le fétichisme à l’indifférence, la recherche du hard à la sensation cool, le souci de sécurité au goût du risque... Avec pour nouveauté que ces antagonismes en arrivent à coexister non seulement dans un même groupe mais chez un même individu, au gré de cette rationalité de l’incohérence que nous sommes en train de faire nôtre, sans que quiconque y reconnaisse la raison même du monde connexionniste, tout est fait pour liquider la distance critique indispensable à la réflexion, et pour annihiler le sens et le négatif. **** http://users.skynet.be/pierre.bachy/ **** |
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