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Jean-Marc
| Envoyé mardi 13 septembre 2005 - 13h47: | |
5 Un jour la nuit est tombée sur mes paupières il y a si longtemps que ma mémoire ce réservoir de séismes en a perdu toute trace Mes yeux ont cessé de voir pour étreindre mes paysages intérieurs Dans une cathédrale de chair je me suis abrité Loin du ciel vide et des murmures de la ruche Insecte parmi d’autres un peu décalé en quête de silence et de chuchotements perdus 6. La marée des enclumes a emporté tous les rires De l’ombre d’une femme il ne reste rien pas même une égratignure C’est peu dire que le désenchantement a conquis sa noblesse au creux des reins Seul le sexe délivre encore quelque repos à l’âme vacillante Armé de mes poings je pars en quête de naufrage pour mieux renaître au pays de l’indolence Terre retournée où écluser mes rêves subtils où la voix de l’enfant retentit encore 7. Bientôt à l’aube imberbe les sauvages déferlerons sur les mers blanches Rien que de l’écume pour régénérer le sang des citadins pâles sentinelles des tours de verre Renaître à la terre pour retrouver le geste simple le sens tactile Nous ne touchons plus l’écorce des arbres la racine du sureau Nos mains se sont engourdies comme nos yeux absents 8. Creuser des digues pour accueillir le ventre de la nuit Mon étalon fier emporté par le tourbillon des fièvres sans aube Des dictions onctueuses je me joue pour délivrer la caresse venue Corps voué aux prédations consenties Un peu de tourbe dans l’imagination et de malice au coin de l’œil Cela fait de moi un monstre charmant et de bonne compagnie Jean-Marc Baholet
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Cécile
| Envoyé mardi 13 septembre 2005 - 15h47: | |
beaucoup de choses sont dites. C'est une écriture dense. L'ensemble est fluide. c'est agréable à lire. |
   
Jean-Marc
| Envoyé mardi 13 septembre 2005 - 17h06: | |
j'en suis ravi Cécile ! Mon écriture n'est pas "poétisante", mais j'ai le sentiment par moment qu'il faut être un lecteur de poésie pour l'apprécier, ce qui peut la rendre un peu déroutante pour certains. Mais égarer, dérouter c'est aussi cela la poésie à mon sens...et il suffit de puiser dans la vie ! |
   
flo
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 11h12: | |
j'adore, Jean-Marc, comme d'habitude. Comme d'habitude et pourtant, chaque fois tu m'étonnes et "m'éveilles". il y a de l'élucidation dans l'air de tes textes. "Un peu de tourbe dans l’imagination et de malice au coin de l’œil Cela fait de moi un monstre charmant et de bonne compagnie " je suis d'accord ;-) Flo
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Jean-Marc
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 14h11: | |
Merci Flo...oui il y a quelque chose dans ma poésie qui relève de l'élucidation. J'essaie d'être vrai ; c'est une exigence que je m'impose ...et par moment je me découvre "autre", mais on est tellement multiple, que je ne suis pas au bout de mes surprises ! Au plaisir de te lire aussi Jean-Marc |
   
yves
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 23h46: | |
Je n'aime pas tant les comparaisons mais les correspondances, et je retrouve en tes poèmes le ton et l'inspiration de cette Sabine où je me suis immergé. Cette simplicité, ces phrases et ces vers sauvés par la vie qu'ils contiennent comme l'arbre se sauve par la sève... |
   
Jean-Marc
| Envoyé jeudi 15 septembre 2005 - 00h28: | |
Merci beaucoup Yves...oui les mots peuvent être sauvés par la vie qui par ricochet s'en trouve galvanisée. Mais quelle est cette Sabine dont tu parles ? Jean-Marc |
   
Hélène
| Envoyé jeudi 15 septembre 2005 - 06h55: | |
http://www.francopolis.net/discus/messages/1/4039.html?1126733948 ce post Jean Marc et Yves nous prépare un article pour octobre. |
   
Jean-Marc
| Envoyé jeudi 15 septembre 2005 - 11h59: | |
C'est en effet très touchant Hélène ! Je comprends mieux Yves. |