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flo
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 11h09: | |
[femmes arrimées] des ombres frottées entre elles surgissait la Sienne et l’auréoline l’instabilité commotionnée des sols ainsi chaque matin septembre décachetait son ventre des brumes s’en élevaient et ralliaient la fratrie du soleil où nous n’avions de cesse de nous fondre en lui aussitôt, quelques hommes d’allégeance antiques les prudents, les pleutres, les vilains, les rogues sanglaient la silhouette des femmes millimétraient l’envergure de leur danse puis équarrissait l’axe des corps au fil à plomb alors, c’était la chair contrainte, qu’elles déployaient leur âme et la peau brusque des désirs d’une ampleur sans chagrin presque sans rage il leur fallait rappeler l’amour avant le ruisseau des gestes psalmodier les amnios malgré les eaux devenues muettes nourrir l’arbre des devenirs la poitrine rentrée et enchanter les papilles des maîtres loin des efflorescences salines combien aussi revivre les pieds sauvages de leurs petiots dénoués des jupes le doux baiser aux joues et sa réponse élastique la cavalcade des cheveux contre la lèvre perlant d’effluves savonneux l’an avançait torture gracieuse des âges et le feu fou cuisait les cuisses mais plus aucun nomade pourtant pour abreuver leurs lancinances elles étaient soudainement bornées ces femmes arrimées pierres balisant la route plane des rêves indigènes rien, rien te dis-je rien ni ventre, ni bras, ni envolée elles tenaient puis désemparaient à l’angle mort des phares le monde sidérait les ténèbres dans sa course placide mais le tourniquet d’étoiles laissait leurs mains pantelantes veuves de carrousels et de cris fauves et d’enfance c’est de leur tollé outrancier tissu rêche de souffrance de leur poing râpé et taiseux que la forêt déchirait ses frondaisons creusait une plaie au coriace de ses terres agaçaient la patience des veilleurs et puis un soir un fantôme dérisoire ou son souvenir se prenait à rire des mille démons battus en fables défaits par le rugissement vengeur des chênaies un soir les hommes se réveillaient inquiets enfin énudés enfin intègres et dans leur paume toujours verrouillée poussait un infime couteau sculpté dans le squelette ocre d’un ange alors un soir, venait la délivrance des femmes enfin et sous le pied des petites reines ivres voletaient les étincelles de feuilles et croustillait la grâce (suite des fantômes de l'infini peu)
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rêveur
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 12h10: | |
quand je serais grand , je serais Nomade, abreuvoir de lancinances............. |
   
rêvée
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 12h24: | |
;-) alors, croustillera la grâce ;-) |
   
aar
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 13h19: | |
salut flo lilou toujours le plaisir de te lire, toi, toujours la même, mais toujours changée toujours avec ton écriture généreuse, rebelle, flamboyante, un brin sophistiquée, un brin phléthorique, parfois brûlante, et toujours si désordonnée avec des éclats, des reflets, des rythmes mélangés, torrent qui remonte vers sa montagne natale la boue aux bottes, pour régler son compte à sa source, et toujours ces images fortes qui sont ta marque... "équarrissait l’axe des corps au fil à plomb", " le ruisseau des gestes" "leur poing râpé et taiseux"... etc... décidémment tu es toujours la même, rare mais mieux
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flo
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 14h02: | |
sympa aaron, bien vu aussi, bien vu du point de vue de tes yeux, bien sûr ;-) comment vas-tu??? ici l'été hoquette quelques orages parmi de grands voiles bleus retardataires.. flo lilou là |
   
à Flo LN
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 14h12: | |
"le tourniquet d’étoiles laissait leurs mains pantelantes veuves de carrousels " "dans leur paume toujours verrouillée poussait un infime couteau sculpté dans le squelette ocre d’un ange " *** un couteau émoussé , viel or, en cadeau couleurs d'un l'automne tiède , enfin, qui les laissait les uns contre les autres
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Jean-Marc
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 14h31: | |
Flo, un texte âpre et sauvage qui cingle la peau et les yeux...une belle surprise ! et pourtant je te reconnais pleinement là, dans ce "flot" qui tourmente la page, cette écriture qui percute et incise le plaisir, l'émotion au fil tendu de l'expression. jean-Marc
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flo
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 14h44: | |
Merci LN!! Merci Jean-marc. Oui, âpre et sauvage, c'est aussi bien vu. C'est mon côté mystique des marges ;-) Je me rends compte que je tiens beaucoup à cette série des "fantômes de l'infini peu", qui n'est pas très politiquement corrrecte, ni par le fond, ni par la forme "désordonnnée" ( comme dirait l'ami aaron ;-) ). ca fait du bien de se lâcher "sauvagement" Pour ma part, je me sens toujours en résonnance de ce que tu écris Jean-Marc, t'embrasse itou, flo
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Jean-Marc
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 17h38: | |
je me réjouis d'une telle coincidence FLO. Ta poésie elle-aussi trouve toujours un écho chez moi...T'embrasse JM |
   
pour Flo de Lilas
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 22h08: | |
J'ai voulu citer les moments que je préférais, mais ...je renonce, il y en a beaucoup trop ! Si bien dites ces choses "vues". j'aime beaucoup cette écriture, ses choix dans la liberté, et le thème. Et quelqu'un vient de résumer parfaitement l'impression que j'ai eue d'une "...écriture généreuse, rebelle, flamboyante, un brin sophistiquée, un brin phléthorique, parfois brûlante, et toujours si désordonnée avec des éclats, des reflets, des rythmes mélangés, torrent qui remonte vers sa montagne natale la boue aux bottes, pour régler son compte à sa source, et toujours ces images fortes..." Exactement ! |
   
rectification lilas
| Envoyé mercredi 14 septembre 2005 - 22h12: | |
Ce "quelqu'un", c'était Aar ! excusez-moi j'ai posté le "non corrigé" ! |
   
flo
| Envoyé jeudi 15 septembre 2005 - 10h16: | |
Mille mercis Lila.... je suis heureuse que ce texte qui me semblait pourtant "difficile", avec un thème pas évident et s'insérant dans une suite avec une athompshère particulière, que ce texte donc, trouve écho. Pour moi, c'est grand plaisir et plein d'encouragements à vous lire tous, Flo PS: il y a dans cette suite des fantômes de l'infini peu un parti pris "pléthorique" de faconde et de mots obsolète, peu usité, du domaine du conte, ou craquants sous la langue, un parti pris qui ne se retrouve pas dans tout ce que j'écris. |
   
Jordy
| Envoyé jeudi 15 septembre 2005 - 10h32: | |
Tu écris toujours drôlement bien Flo! Peut-être même de mieux en mieux! |
   
flo
| Envoyé vendredi 16 septembre 2005 - 09h47: | |
Merci, c'est un beau compliment cela Jordy, peut-être le meilleur. Heureusement, oui que je peux progresser... |
   
aar
| Envoyé vendredi 16 septembre 2005 - 10h48: | |
flo, ce que j'ai aimé dans ton poème c'est le thème, le combat contre l'aliénation, l'asservissement. Une vision vers le dehors, une vision humaniste. Mais dans toi il y a une lutteuse, l'optimisme de la lutteuse qu'on retrouve dans la fougue de l'écriture. C'est un peu cela ton image de marque. Contrairement à JML, par exemple, qui lui est un perdant, dans une merveilleuse écriture certes, mais perdant, comme une clé perdue au fond du pessimisme. (pardonne-moi JM mais c'est comme je sens les choses) Mais Flo je te l'ai déjà dit mille fois peut-être, fais attention à ton écriture. Elle a souvent tendance à être sophistiquée (oui je crois que c'est bien le mot), ou disons un peu trop recherché, pour le commun des mortels (comme moi entre autres). Mais c'est vrai, on n'écrit pas pour les gens ordinaires parce que les gens ordinaires ne lisent pas. A part cela, je vais bien. Ici, il ne se passe rien. Si... hier. J'ai fait une tarte au pommes (pommes rouges de Carélie) mais cette fois j'ai bien fait attention à relever les bords de la pâte pour pas que le jus des pommes déborde et colle le fond de la tarte au plat en blessant les morceaux quand on les décolle. Autrement rien. Les jours se remplisssent de vie, tout doucement sans se presser. Il y a longtemps que je n'ai pas vu la mort, ou bien j'ai fermé les yeux. ciao
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flo
| Envoyé vendredi 16 septembre 2005 - 11h50: | |
allons Aar, qui peut dire qui gagne et qui perd, et puis gagner quoi ou perdre quoi? enfin, je te reconnais bien là dans ton humeur qui est comme un manteau des jours pluvieux ;-) Moi, je fais des tartes aux prunes du jardin et oui, il me faudra aussi apprendre à bien relever les bords de la tarte car le suc des prunes caramélise le dessous de la pâte et ce n'est pas très goutu. sinon, être sophistiqué, hmmm... les mots, c'est pas une "recherche," ca vient tout seul comme cela, c'est les mots, je les aime bien, même sophistiqués, et puis un mot n'est pas l'autre, un mot dit une chose qu'un mot plus simple, parfois ne dit pas, et vice-versa; les vrais synonymes sont rares. mais tu as raison, c'est ainsi et ça, j'ai beau avancer en écriture, ça change pas ou peu. merci pour cette analyse du texte, car vrai, elle est juste, du moins elle correspond à ce que je ressens et je veux exprimer. tu as toujours ton oeil scalpel pas dans la poche. mange-toi une pomme cannelle à mon intention ;-) flo ( dans mon jardin il n'y a pas de vraies pommes de dégustation, mais des grosses pommes à compote, alors, je vais faire des bocaux ;-) mais j'ai des poires qui mûrissent en silence, j'espère en goûter une bientôt.
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à Aaron surtout LN
| Envoyé vendredi 16 septembre 2005 - 14h22: | |
je ris à ta réflexion à propos de JML, Aaron . il a une conception du bonheur différente une philosophie peut être parce qu'il l'a un jour décidé. peut être à cause de mon âge j'essaie de l'imiter. qu'est ce que l'aliénation ? sauf à un supérieur - et parfois on est bien obligé de l'accepter si on a charge d'âme - n'est elle pas à priori , dépendance au regard de l'autre? à l'orgueil, à l'argent , etc... ? ne pas s'aliéner à soi même . Je crois que là est une façon d'être heureux. mais je ne pense de cette façon que depuis une quinzaine d'années (;-)je l'avoue .
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le rêveur du 14
| Envoyé lundi 19 septembre 2005 - 13h02: | |
Flo, je t'adore dans cette tenue..... jean-pierre |
   
le rêveur habite au 14
| Envoyé lundi 19 septembre 2005 - 16h14: | |
désarrimée ou dérimée? ;-) jeune fou diariste va! ;-) flo |
   
jean-pierre
| Envoyé lundi 19 septembre 2005 - 17h03: | |
"désarrimée ou dérimée? ;-)" dégrimée surtout! j'aime les femmes nature .......ou la vraie nature des femmes PS On peut rapprocher Diariste du vieux mot français "diaire", parfois usité comme adjectif (cf. Littré), mais qui désigna aussi le Livre de raison, régulièrement tenu dans certaines familles autrefois. On est en droit de regretter que ce terme soit tombé en désuétude, car son usage, s'il avait persisté, n'eût autorisé aucune confusion avec le journal, organe de presse.
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