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jml
| Envoyé samedi 01 octobre 2005 - 05h38: | |
LE PIED MARIN Je suis à tes côtés. Je te vois. Je te sens. Je t'entends. Les lignes de mes mains se prolongent dans toi. Quand tes yeux parlent d'océan, j'ai des regards de marin. Mes mots deviennent vagues pour épouser ton île. Je sors de ma poche une plage imprévue, des cocotiers, du sel et des transatlantiques. Nous naviguons ensemble à bord du même coeur. Pieds nus au milieu de la nuit, je chuchote ton nom à l'oreille des astres. Lorsque j'éteins la lampe, je libère la lumière. Elle s'échappe et ronronne sous les paupières du chat. À des milliers de kilomètres, je te souffle un baiser dans un geste mental. Tu es belle. Tu es vivante. Toute la planète le sait, des insectes aux avions. Même les pistons de moteur veulent chanter pour toi. Les nuages dorment encore et rêvent de ton île. Mes yeux font la navette de Nice à Montréal, de la lune au soleil. Les parfums se trémoussent dans les bosquets du coeur. Ivres de chlorophyle, ils courent derrière l'été. Le décolleté du vent courtise les fontaines. Tes yeux me rappellent ces billes qu'on appelait les belles. Je ne les jouais pas. Je les offrais à Fanfreluche, la petite voisine aux frickles. Chaque jour avec toi gonfle mon coeur à bloc. Je n'ai pas assez de mains pour le poids des caresses. Je marche vers ta voix pour compléter la mienne. Tous les fruits sont des notes sur la guitare des arbres. Tous les bruits sont remplis du simple fait de vivre. Nos regards s'évadent quand on ouvre les yeux. Ils font pousser des fleurs au milieu des trottoirs, des radeaux sur un lac, des châteaux sur le sable. Ils dessinent la mer au milieu des autos et font du paysage un grand coffre à jouets. Les bêtes se cherchent dans les bois. Je te cherche partout. Mes fenêtres sans toi ont le sommeil léger. Nous visitons des lieux qui n'existent pas, des maisons de poupées, des châteaux en Bretagne, des cabanes en bois rond, d'autres cieux, d'autres terres. Un oiseau cherche dans mes yeux un regard pour poser ses oeufs. S'il me prête sa plume, je laisserai des cheveux et des brindilles de mots. Un merle fait son nid avec mes poils de barbe. Chaque rire d'enfant chasse un peu de vieillesse. Chaque vol d'oiseau me rapproche de toi. J'entends tes mains dans ma tête qui arrosent les fleurs. Tu ajoutes la chair au squelette des idées, un lainage au rhume de cerveau. Tu portes sur les plantes un regard d'humus. Nous faisons corps avec la forêt. Nous sommes un atome dans le coeur des planètes. Tu te maquilles de lilas. Je me pommade de pommes. Le soleil s'étang sur la peau des grenouilles. Le vent bouge les rideaux comme un joueur de flûte fait danser les serpents. Je vois des antilopes courir devant les phares, des chevreuils à carreaux, des minous de poussière grimpés sur des échasses et des autruches à pois. Ma main cherche ta main, une poignée de porte ou une pierre. Mes yeux cherchent la bonne étoile. Mes pieds cherchent la route, mes souliers leurs semelles. C'est quoi la beauté ? Je reste sidéré par tes textes si purs. Chaque mot est une goutte remplie d'étoiles. Tu fais pousser des fleurs dans le roc des hommes. Tu traînes du soleil dans ton sac à main, une île dans ton coeur, un peu de ciel d'été dans la fêlure du silence. Ton portable est chargé de jardins suspendus. M'amèneras-tu un jour visiter la Bastide ? Je cherche encore la vie au-delà des écrans. On n'a jamais tondu ma peau de mouton noir. On n'a jamais rasé ma barbe de poète. Je n'ai jamais courbé l'échine devant l'usine, la neige, les faits divers ni la fosse commune. Je me penche pourtant sur le sourire d'un ruisseau. Le quotidien frappe à la porte habillé comme un clown. Ma main sur la poignée ouvre le bout du monde. Je t'invite à l'amour loin du comfort des cul-de-sac. La vie est si intime qu'on la dit invisible aux yeux des pragmatiques. Mes yeux sont nombreux pour te lire. Ils se comptent en baisers. J'aime tes mots comme un sourire au coin des livres. Quand je t'écoute, le temps devient musique. Quand je t'écris, l'espoir se dilate. Tu transformes les feuilles en oiseaux. Tu traduis en caresse le moindre petit geste. Les bras chargés de toi, je traverse la vie, le désir au chaud entre mes lèvres et le silence. Je veux répandre la lumière dans la crasse des mots, nettoyer le silence, répondre à l'absolu, dire l'urgence du bonheur, peindre le plus intime sans le dénaturer. Je veux t'écrire comme ces fleurs timides dont le parfum est juste. Quand nos mots se rencontrent la pensée croise le plaisir. Je voudrais peindre j'aime ou pouvoir le chanter, le jouer à la flûte, à la pierre, à l'oiseau. Je voudrais le sculpter sur l'écorce ou la mer, images et paysages sur des oui absolus. Je voudrais le tisser sur la ligne d'horizon, le crier sur les toits, le hisser jusqu'au ciel. Je voudrais la nuit verte allumée d'infini. Je n'ai que ce je t'aime aussi prude que toi. Je n'ai que ma voix rauque tachée du sang des hommes, mes mots de tous les jours habillés à la hâte, mes images un peu folles rescapées de l'enfance. Dans la rosée de l'aube et du cortex, j'arrime ce je t'aime au mouvement des planètes.
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aglaé
| Envoyé samedi 01 octobre 2005 - 08h50: | |
"Quand nos mots se rencontrent la pensée croise le plaisir. "...et comment! Texte doux et roboratif. Un bonheur! Aglaé |
   
à JML - LN
| Envoyé samedi 01 octobre 2005 - 09h18: | |
"Je marche vers ta voix pour compléter la mienne" "Les bras chargés de toi, je traverse la vie" "Chaque rire d'enfant chasse un peu de vieillesse" "mes images un peu folles rescapées de l'enfance." tes images d'enfant JML d'enfant émerveillé de son pays de rêve qui sont les fous ? qui a dit " repeindre la vie en fleurs ? " j'ai relevé les passages qui m'ont offert en les lisant le visage de quelqu'un que j'aime parce je pourrais les lui dire merci écho (:-) |
   
Christiane
| Envoyé samedi 01 octobre 2005 - 15h47: | |
"Lorsque j'éteins la lampe, je libère la lumière. Elle s'échappe et ronronne sous les paupières du chat". Ai beaucoup aimé Christiane |
   
aglaé
| Envoyé samedi 01 octobre 2005 - 16h01: | |
Pour Hélène JML va bien mais il est rarement devant un ordi, couchant presque tous les soirs sous la tente. je lui dis bonjour de ta part! Glaé |
   
N. C
| Envoyé samedi 01 octobre 2005 - 23h29: | |
MAGIQUE SUBLIME MERVEILLEUX EXTRAORDINAIRE BEAU MAJESTUEUX GRACIEUX CHARMANT ENVOUTANT DELICIEUX TENDRE ROMANTIQUE SENSUEL EMOTIONNEL POETIQUE CORPOREL SUBTIL DOUX ILLUMINÉ PATHETIQUE FLUIDE RAFFINE COLORE ELEGANT CHARNEL SENSIBLE VOLUPTUEUX SULFUREUX POSSESSIF IMAGINAIRE PROFOND GENIAL VOLCANIQUE SEDUCTEUR GENEREUX..... passante
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C.N ;-
| Envoyé dimanche 02 octobre 2005 - 13h05: | |
tiens tu as un clavier bloqué N.C t'as l'air de de moquer de JML mais apprends d'abord à écrire comme lui |
   
N.C
| Envoyé dimanche 02 octobre 2005 - 14h36: | |
Non C.N;- j'ai pas exagéré,c'est la vérité en majuscule..Je suis amoureuse de cette poésie ,je ne peux pas m'en défaire.. et dis moi de qui et de quoi t'es jaloux(se )toi!! |
   
CN
| Envoyé dimanche 02 octobre 2005 - 15h35: | |
ah non j'aime beaucou aussi. excuse moi alors tu sais quekfois ya des moqueurs sur le net et justement ...
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mohand
| Envoyé dimanche 02 octobre 2005 - 17h33: | |
heureux de relire Jml, il nous a beaucoup manqué ces derniers temps. Ses textes sont tjs des complets comme on dit du lait; c'est un aliment simple mais complet. Merci Jml pour ce plaisir de gouter a ta poèsie. Génial et rien d'autre que celà!!! |
   
Babouche
| Envoyé dimanche 02 octobre 2005 - 17h35: | |
« Je veux répandre la lumière dans la crasse des mots » Crois-moi jml, de lumière tu inondes, et pas seulement de mots pour dire ton amour au lointain dirigé. J’aime tes images, elles inventeraient un monde s’il n’était déjà là, elles le ferait plus beau et elles donneraient l’éternité à ceux qui savent aimer. Tant de puissance dans ce texte à vous remuer les tripes.
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ali
| Envoyé dimanche 02 octobre 2005 - 17h50: | |
De la poésie qui rend aux mots leurs choses..le paradis d'images de toutes les contradictions pour "réchauffer la vie"Jml en a les clés.. tout le monde a raison d'aimer ces merveilles.. |
   
nao
| Envoyé mardi 04 octobre 2005 - 11h22: | |
Bravo, pure poésie... |
   
à nao: JML
| Envoyé mardi 04 octobre 2005 - 12h17: | |
bonjour Nao nous aimons tous JML tu peux le lire aussi ici: http://www.francopolis.net/salon/salonjml.html http://www.francopolis.net/rubriques/gueuledemotJML.html http://groups.msn.com/erableamots amitiés hélène
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aglaé
| Envoyé mardi 04 octobre 2005 - 16h17: | |
JML est également une des 18 signatures (prestigieuses) de "Un Fameux Bordel" recueil de textes courts édité et imprimé dans la collection"EMEUTES", par Dan Leutenegger et toute la troupe de "Dégaine ta Rime".... Plus de détails sur notre site:BOUQUINSTINCT |
   
nao
| Envoyé mercredi 05 octobre 2005 - 09h21: | |
Merci pour les renseignements Hélène et Aglaé je vais aller me poétiser l'esprit vers ces adresses |
   
nao
| Envoyé mercredi 05 octobre 2005 - 09h28: | |
C'est incroyable comme tes textes collent à ma sensibilité et mes gouts poétique, JML, et au style que j'aimerai donner à mes modestes écrits, |