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Yves
| Envoyé samedi 08 octobre 2005 - 17h52: | |
Je remontre le bout de mon nez. Pardon. C'est la petite Sabine Sicaud qui montre le sien. Je travaille à lui rendre sa place dans notre littérature. Mission impossible pour une fillette morte d'une gangrène à 15 ans et qui nous a laissé disent enfin certains critiques les plus beaux poèmes jamais écrits sur la souffrance et surla mort. Quel contraste avec ce qu'elle écrivait à l'âge de neuf ans, sans qu'on lui tienne la main !A neuf ans.et déjà Cette légèreté limpide et cette virtuosité pour manier la langue! ouah ! *** Matin d’automne * C’est un matin…non pas un matin de Corot Avec des arbres et des nymphes sur la terre, C’est un coin tout petit, entre des murs de pierres Pas bien hauts… C’est un matin dans le petit jardin du presbytère. C’est un matin d’automne : Vigne rouge, dahlias jaunes Petits doigts tortillés de chrysanthèmes roux ; Un tournesol montrant sa face de roi nègre Sous un vieux diadème de plumes raides, un peu maigres… Arrosoir vert, près du géranium en pot. C’est un matin sans nymphes de Corot. Le curé dort, la maison dort, le chemin dort Pendant que, doucement, tombent des pièces d’or… C’est un matin d’automne… L’aube, qui s’est levée à pas de loup, d’abord frissonne En peignoir rose…puis se met à rire dans le ciel Et tout devient rose comme elle, et rit comme elle, Et ce sont des clartés roses et blondes telles Que le petit jardin doré semble irréel. Réveillée en sursaut, dans le clocher, la cloche sonne : Vite ! Vite ! Levez-vous, bonnes gens C’est le matin ! C’est le matin d’automne ! Je sonne ! Il fait beau temps ! Entends, vieille servante au bonnet blanc, du presbytère. C’est l’heure, lève-toi…Lève-toi, vieux curé Vois les oiseaux, vois la lumière ! Prends ta soutane et ton bonnet carré Ouvre ta porte et va…l’heure te presse ! L’allée a tous les tons fauves des vieux missels… Va vite, ne t’attarde pas, sous le grand ciel Au tout petit jardin plein d’allégresse… Couleur de feu, couleur de fleurs, couleur de miel. Il est trop beau ! Tu le prendrais pour un autel. Tu manquerais la messe… Sabine Sicaud. Poème retrouvé dans son carnet...
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sabine: hélène
| Envoyé dimanche 09 octobre 2005 - 11h48: | |
neuf ans! et on a tant parlé de Minou Drouet . peintre des mots, de la vie Sabine . |
   
yves
| Envoyé lundi 10 octobre 2005 - 23h51: | |
Il y a une grande différence entre Minou drouet et Sabine. La principale étant que les poèmes de Sabine sont de...Sabine et ceux de Minou Drouet (que j'ai lus ne sont pas totalement d'elle et ont laissé un grand doute ). L'autre et grande différence c'est que Sabine devenue adolescente était à quinze ans, d'après Robert Sabatier, un des grands poète de la littérature du vingtième siècle et d'après Anna de Noailles une voix d'une puissance jamais égalée dans nos lettre. Etait passé par là sur la petite sabine le cancer qui lui rongeait les deux jambes et sa lutte grâce à la poésie contre la souffrance permanente et la mort inéluctable...qui vont lui faire écrire parmi les plus beaux poèmes jamais écrits sur la douleur. On est à des lieues de Minou Drouet et de ses poèmes charmants et enfantins... |
   
Hélène
| Envoyé lundi 10 octobre 2005 - 23h59: | |
oui c'est ce que je voulais exprimer Yves je n'avais jamais entendu le nom de Sabine Sicaud mais beaucoup celui de Minou Drouet ce qui signifie qu'il y a bien des talents qui restent dans l'ombre. Dommage! tout le monde ne sait pas faire sa pub ... et ça ne s'arrange pas en 2005 |
   
yves
| Envoyé mercredi 12 octobre 2005 - 00h32: | |
Tu as mon article de présentation de Sabine sur notre francosemailles remarquablement mis en pges par Cécile, avec deux photos l'une de Sabine vers dix ans, quand elle écrivait ses merveilleux poèmes un peu païens et animistes sur la nature et les animaux du voisinage, l'autre un peu avant sa mort à la période des grands poèmes sur la souffrance et la révolte contre ses médecins. J'essaye de la sortir de l'oubli mais c'est très difficile parce que son oeuvre n'est pas tellement littéraire et reste sans référence, et que son calvaire en a fait surtout une grande spirituelle en même temps qu'une adolescente. Hiriart paradoxalement a été sonné par les poèmes de petite fille plus que par les grands. Pour moi, je rassemble tout ce que je peux sur cette Sabine avec l'intention d'écrire un roman sur ses années de 10 à 14 ans, mais c'est difficile pour un romancier même poète et médecin ayant eu la même enfance de se glisser sans effraction dans ce qu'a pu être cet enfant de génie avec comme difficulté supplémentaire qu'il y a chez elle une telle simplicité, une telle vérité limpide dans son art qu'on reste démuni si on ne peut pas retrouver soi même son enfance pour décrire, Je suis loin d'être sûr de me sortir de cette entreprise avant tout poétique, l'analyse classique psychologique romanesque ne collant sur rien, et avec mes quatre-vingt printemps.... |
   
yves
| Envoyé mercredi 12 octobre 2005 - 00h36: | |
Tu as mon article de présentation de Sabine sur notre francosemailles remarquablement mis en pges par Cécile, avec deux photos l'une de Sabine vers dix ans, quand elle écrivait ses merveilleux poèmes un peu païens et animistes sur la nature et les animaux du voisinage, l'autre un peu avant sa mort à la période des grands poèmes sur la souffrance et la révolte contre ses médecins. J'essaye de la sortir de l'oubli mais c'est très difficile parce que son oeuvre n'est pas tellement littéraire et reste sans référence, et que son calvaire en a fait surtout une grande spirituelle en même temps qu'une adolescente. Hiriart paradoxalement a été sonné par les poèmes de petite fille plus que par les grands. Pour moi, je rassemble tout ce que je peux sur cette Sabine avec l'intention d'écrire un roman sur ses années de 10 à 14 ans, mais c'est difficile pour un romancier même poète et médecin ayant eu la même enfance de se glisser sans effraction dans ce qu'a pu être cet enfant de génie avec comme difficulté supplémentaire qu'il y a chez elle une telle simplicité, une telle vérité limpide dans son art qu'on reste démuni si on ne peut pas retrouver soi même son enfance pour décrire, Je suis loin d'être sûr de me sortir de cette entreprise avant tout poétique, l'analyse classique psychologique romanesque ne collant sur rien, et avec mes quatre-vingt printemps.... |
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