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zeio
| Envoyé dimanche 16 octobre 2005 - 04h17: | |
Faut laisser les détails aux gens amoureux de la vente au détail Faut y travailler à cette langue si on veut qu'elle tricote des étoiles La popo, la popo, la popo... Elle y est dans son préambule la fameuse, où le théâtre mâche sa représentation Avant coureuse toujours prise au dépourvu, toutes mines dehors à ne plus savoir quoi raconter Faudrait peut-être laisser ici-bas les choses d'ici-bas, avec les octets Et le soulever son bruit, qu'il soit le notre, ou celui d'un autre... Bousculer un peu le tout, tirer sur les chevaux de bois pour en découdre avec le bac à sable On bave à l'écran avec quelque part dans nos gênes primitifs le souvenir ADN du mollusque Puisqu'on est venu par la mer, paraît-il...On y retourne On bave à l'ennui, à la monotonie cyclique des frétillements climatisés A se frotter le dos au paillasson qui gratouille On se sort de la monotonie ou alors on y reste...et on rate ce qui vaut la peine d'être tenté Dans le bleu du vacech, pour pas une puce d'oxymoctet Le travail incessant à trifouiller le mot comme un jouet qu'on désarticule Les jérémiades et les moi-je-souffre, à la cuvette Les non-sens, les hystéries infécondes, les coups de palmes dans les flaques d'huile, pareil J'en ai assez fait je crois, j'ai donné ma dose pour ma part Je ne regrette pas, c'est finalement inclus dans mon évolution naturelle d'être niais comme une algue De l'océan à la plage, de la plage aux montagnes nuageuses, des montagnes jusqu'au désastre, puis du désastre à la mer... Mais faut en faire des efforts pour la trouver sa petite languette sous-marine, un travail monstre Les fainéants n'arriveront à rien, ceux qui ne vont pas au-devant d'eux-mêmes Ceux qui se laissent aller à la première occasion les petits pleurnichards, les cosettes à la voix délactée C'est en arrêtant de tourner autour de soi comme des mouches autour d'un cadavre qu'on finit par se la trouver sa petite langue On pousse les petits cris des autres comme des piaulis taillés dans le nerf Faut pas se laisser aller au premier mot qui nous vient, toujours l'envoyer paître Comme les moutons à l'abri là-bas dans leurs tics cérébraux à mâchouiller des marguerites mortes Ses petites douleurs on les range au placard, s'en servir comme matière première à la limite Mais on ne le montre pas ça ah non je ne donnerai plus dans le bourre-mou J'ai rangé mes foutaises à leur place au sanctuaire Je me suis rangé sous le drapeau de la pudeur On passe à autre chose et là on y arrive vraiment, à la chose qu'on cherchait juste avant Quand on n'y met plus sa prétention et son petit nombril de pacotille Toutes mes doléances à l'idiot que j'étais hier, qui tournait sans cesse autour de la même crotte... Une couronne de fleurs pour celui que je deviendrai ce soir Il faut arriver-là où on en dégoûte les imbéciles d'écrire...c'est à ça qu'on voit la chose Quand ils râlent qu'on les bouscule de leur confort et se lamentent dans leur nullité comme ils pataugent dans leur crasse incohérente Les faire froncer le sourcil grincer des dents, transpirer dans leur erreur, à ne plus s'en remettre Leur dire à la niche ils adorent ça, ça les éclaircit ça leur fait des repères, un abri Les écrivailleurs c'est tout un tas d'enfants en manque de repères qui attendent en vain la fessée Qui ne savent plus par quel bout s'y prendre entre le surréalisme et l'ombilic du mollusque Quand on écrit sans mythe on commence à discourir, à tourner autour du pot sans s'affranchir de rien Quand on ne sait plus pourquoi on tisse des lignes on tombe inévitablement dans le petit nombril mielleux On peut partir à la chasse au paradis c'est un but valable, ou attraper des plumes dans les airs avec des pinces à épiler Mais avant tout on cherche une esthétique, une musique Ou alors on ne cherche rien du tout Et on paît comme un mouton dans un champ de trèfles Faut savoir où on va, quel train on a prit, pour quelle gare, quelle histoire on raconte, au millimètre Ils sont dans leur nid à attendre qu'un orage les en déloge, ils attendent qu'on leur dise c'est possible On peut s'extraire des arrières cours, abandonner les loges, s'y mettre sur le plancher de la scène L'émotion est toute-là dans les chiffres, c'est une mathématique Comme un tendre effort...
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jml
| Envoyé dimanche 16 octobre 2005 - 05h06: | |
touché. une plume en coup de poing. |
   
SoftMachine
| Envoyé samedi 22 octobre 2005 - 09h29: | |
Superbe ! |
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