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Pant
| Envoyé mardi 18 octobre 2005 - 20h28: | |
Les nénuphars éteignent le soleil en absence, Lumière intestine, saudade et pastels La chaleur est une caresse Qui s'étale sur le rivage bleu des nuages Alors ainsi comme un défi J’avale le coeur en même saveur Soulagement solide enfin Mirage automne comme soudain Mille heures qui se couchent sur mon destin. Et ils prennent leurs fusils, s’enlisent dans la gomme incestueuse, ils prennent le maquis, comme ils baisent, en compressant le fût de leur calibre. Ils s’éloignent en maugréant, ils s’éloignent en pas de deux. Deux fois par deux, trois fois par trois, quatre sur huit, et deux fois moins qu'huit, l’hiver est une fin d’heure et l’ivresse qui passe par les mots s’ironise dans le mal être. La chaleur arme mirage, y puise l’écorce du fer dans le feu des danses exquises, la chaleur y presse le cœur de nos palmures suintantes, la chaleur y brise les palsambleus anciens, et les divers calembredaines, brûle en méfiance sauvage, en rive mourante, les carcasses posées là, écartelées par le sable, par le bruit infesté du temps maître de l’avant. La fenêtre de lancement est bien pauvre, étroite, et balance en mausolée les ridelles de l’avancée correcte. La cible est un néon, fauve du néant, qui s’oublie dans le clair du diamant posé là entre tes seins. Libre coup bas sur la transparence lunaire de ta peau, et qui s’embrase dans le palimpseste igné de mon regard. Transparence de l’eau, fontaine, fontaine, comme elle coule là où libre est le sel. Et les rimes sur les fumées de l’errance, les mots glacés/glaçons que l’on repose sur le cercueil/prison. Murailles clandestines et les lions sur la ville, arrêtés par les tanks, armés de feuilles bleues. Agitant les cœurs comme ferveur. Palestine/Ivoirine le cœur de l’enfant toujours y saigne en innocence condamné. Tomber, tomber encore, recueillir l’ivresse comme la plume, et la regarder décoller sur les ailes des damnés. Et l’épée que je traîne, ivoire même que j’étrenne, des envies qui m’entraînent, sur un chemin de traîne, loin du rail qui freine les wagons de l’oubli. J’ai des caresses en sursis, et leurs larmes souveraines en otage. Pour en finir comme pour une mauvaise image, je referai une lettre, qui s’ajoutera à la précédente, une lettre qui s’étagera en démo. J’y posterai ensuite dans le ciel, une lettre de souvenirs, rien qui ne restera à vivre, mais des silences, car eux s’envoleront facilement. Je dépose sur le sel, des mots de soutien, des larmes figés comme des caresses qui n’auraient jamais souffertes de la douceur tranquille de ta peau. J’y ai aimé ce sourire, qui jaillissait comme le feu sur le torrent, mais si proche que le ciel soit, rien ne me permettra jamais de couper mon âme en deux. J’aurai aimé être ce fleuve livresque qui baigne les ombres chairs, mais les odes, les lais, les chants, jamais, bien chantés par ma voix de gauche, seraient funestes pour d’autres raisons. Un fantôme alors, dressé sur le pont de la calabraise, barque où le mat, se matte pour me laisser naviguer. La toile lourde et courte fragilise. Un voile de requins qui repousserait Vers les horizons lointains Une toile de sequins robe à composer Libérer ta peau de la chaleur de la laine Poser l’urne et les cendres sur le sol Souffler une fois ouverte sur le doux mélange Et s’embraser comme si le temps reculait Redevenir ce feu qui prenait nos chairs Pour ne laisser là que nos tourments Lais libérés de ces instants Comme s’il n’existait plus de l’amour Que des songes rapiécés Une voile de sequins et mon cœur pour la fixer Sur ta peau adoucie de mes cendres Et par l’esprit qu’il me reste Te mener jusqu’à Port-Vendres. Lame lame et le feu Qui de la forge éteint l’acier Quid de la force qu’étreint mon cœur Sur la lame, Suit la larme Suis-je en alarme A chaque doigt que je dépose Sur le coin de la table Comme un domino Tu poses un baiser Sur le coin opposé de mon cœur Inutile couleur, inoculée douleur Chair qui rugit comme au délire Lame lame et nous deux Qui entame comme le vent dans nos sangs Les pirates de l’oubli pourriront comme l’orage dans le temps Larme larme et tout deux Paresseux dans la nuit Chaque regard comme hurlé Se dépose sur la grille portée au feu Fer rouge qui colore mon sang Une autre ride sur ma chair Pour y masquer ce qui me traîne en avant Avant Libérer les chaînes Comme le souvenir de Madeleine La toute première fois Comme ruiné sur cette étoile Station debout Porte huit et tourne à droite Couloir où reposer Sur le sol, tout au long Comme un câble. Enroulé. Fœtus éclectique. Retomber. Désirable mystère. Replier. Sur cette fleur en songe les lunes qui briment en infortune, mes rires déjà brouillés, mes soupirs emmêlés. Une odeur psycho-active presque une douleur associative, un calme délice qui se déplace vers l’infini. Sur cette fleur mensonge, le parfum s’est dédoublé, les rêves, ceux qui brisent le temps quand on est seul sur le seuil, à l’ombre des deuils en barre, les rêves ont ce soir le goût de folie, et je tremble, chair en soucis songeant sans doute à se désincarcérer de mon cœur, de mon âme, de mon esprit sans doute, non pas sans doute, loin de tout, loin de là, loin d’aimer, loin du temple mais proche du mausolée. Désolé. C’est ici la mâchoire que je tiens serrée, et qui m’empêche de tomber, et m’empêche de hurler, m’empêche de parler. Et retiens d’un charme, les larmes. Encore que, encore que, elles ne coulent pas sur mes joues, non, elles ne coulent pas. Elles ruissellent sur le papier, sur chaque lettre, chaque mot, qu’elles déforment, qu’elles décharnent, qu’elles brûlent, et que pourtant j’essaie de retenir, mais, mais… je ne peux pas, je n’y arrive pas, c’est captif mon cœur, c’est prisonnier du moment que tombent les mots en falaise. En malaise. En fadaises. Et l’on me reprochera je le sais d’y mettre trop de feu, que la charge émotionnelle est intense. Je sais, je sais, mais qu’y puis-je, je me suis laissé capturer. Pas vraiment volontaire, non, pas vraiment désireux. Pas vraiment. J’étale là mes soucis Que faire que faire pour toi la vie n’est pas L’ennuie mais la nuit qui s’enfuit Tristesse maladresse Pas de tendresse La folie veut guérir mes plaies Dominicales ombilicales stomacales et tant pis Quid de l’acide plein la peau Va brûler tous les maux Et dissoudre tous mes os Palmipèdes assoiffés Rêves octuples cassés symboles enlisés Crimes autres sphères méritées Vaisselles porcelaines creusées sur le ciel de nos lits Et puis en finir par se gaver Novocaïne comme granulés Voire même comme sucreries intestines Derniers mots ? Qui de nous sourit ? Qui de nous s’enfuit ? Les parenthèses les sans soucis Les meilleures ennemies Les éternelles amies J’espère je pleure je crie Enfin parfois la nuit Et ensuite frapper les tempes Coups de poings Arracher couper déchirer Cette chair Qui m’a blessé Et trop marqué Alors oui marquer de lignes rouges Entrelacs de mon amour Et revenir si peu blessé que je soupire Seulement vraiment et tendrement Qu’un dernier souffle imprime son cri dans cette litanie Et j’aime l’idée de la fosse, de la fange, l’idée que le temps me mélange, que je finirai sûrement dans les eaux du Gange, en querelle. Des cendres sur le ciel, monter sur le sol, me laisser errer en terroir. Caresser aussi les fleurs de plastique, et tous les thèmes du mausolée du silence. Inutile, comme le souffle, la caresse, les audaces, souvenir qui revient. Soudainement mes pas, qui retracent, comme un autre chemin, en cadence, mille errances. Et les lunes, revenir. J’y retrouverai, mes larmes coulées, et les sourires là hauts collés. Et je marche. Sous les soleils qui repeignent les images sur les murs, en ocre et même en or. Et mes pas, y revenir, comme on hante un souvenir, Et là où je me désespère, comme on dit. C’est que du midi ne sait plus provenir que de l’oubli, une sentence, indolence. Incohérence du destin, Insolence Qui me traîne, plus de pas Qui me draine, entraîné sur les draps Blancs de perle, sacré de vent mauve Et l’oubli Incidence comme un mépris, une cause indéfinie. Et la fin Comme faim Enfin, de suite, fêlure de plastique, acidose en overdose, et mélange de fin de règne. Pant2004 |
   
Cécile
| Envoyé mardi 18 octobre 2005 - 22h28: | |
ce que j'apprécie ici c'est que les mots se laissent aller à leur propre rythme, sans contraintes. je reviendrai te relire. |
   
Rob
| Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 00h09: | |
Port-vendres ? dans le 66, là où je suis né ? Je suis ému. le texte faut que je le relise, c'est dense... |
   
Pour Pant
| Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 01h18: | |
C'est un texte plein de richesses à relire à une heure plus claire et plus tranquille : un plaisir pour demain sans doute, déjà annoncé. |
   
Pant
| Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 08h39: | |
heureux de t'apporter une émotion Rob, c'est un texte sur le voyage, Port Vendres, la mer, la Palestine, retour vers Malte et la Sicile, et bien sur l'évidence du voyage intérieur lieu de toutes les tempêtes où même les marins chevronnés ne vont pas. Excusez la longueur la densité du texte. |
   
Rob
| Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 18h45: | |
J'ai relu la mâchoire. C'est bourré de souffle, de sons, c'est clinquant et rutilant, ça coupe dans le vif. J'ai pas tout compris mais ça m'est égal, le texte est construit et cohérent. Belle écriture avec un style. Je ne dis pas ça parce que je suis Port-vendrais, je reste objectif malgré le frétillement provoqué par le magnifique titre ;0))
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style de Pant
| Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 19h43: | |
la plupart des textes de Pant donnent cette impression on n'a pas vraiment besoin de comprendre à la première lecture. On est bien en le lisant et on y retourne. je suis contente qu'il vienne ici et qu'il t'ait plu . Je l'ai parfois lu ailleurs Hélène
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Pant
| Envoyé mercredi 19 octobre 2005 - 22h49: | |
eh bien merci, c'est gentil pour un simple télescopage de mots. |
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