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66 zone franche - Le forum de Francopolis » Textes » A R C H I V E S » Les textes du 01.09.2005 au 28.02.2006 » A Toi « précédent Suivant »

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Valérie.
Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 11h57:   

Les arbres feuilles à feuilles pleurent et frémissent sous un ciel épais. Mais les feuilles son bleues, le ciel s'est fardé de cendres anthracite et je cherche la couleur au fond de mon coeur. On ne peut pas sauver le monde n'est-ce pas ? Je regarde les feuilles tomber mais même si je tends la main, elles tomberont. Rien, ni personne ne peut sauver cette feuille qui se vautre à mes pieds. Même la feuille est impuissante à s'aider elle-même, c'est son destin. On est ce que l'on doit être, on naît ce que l'on doit être. "Ainsi soit-il" me souffre une voix à mère. Ainsi va la vie, ce grand vide qui t'entoure, cet ogre de velours, cet ogre de l'amour. Et la boucle est bouclée de ceinture zébrée peau de pêche.

J'entends un loup hurler et je ferme les yeux afin qu'il disparaisse. Ta présence m'écorche, tes mots m'égratignent; et ta main rêche vient bleuir une joue fantomatique..cinglante gifle de vie qui souhaitait juste réveiller ce sommeil latent..Enfin c'est ce que tu dis; ce que j'aimerais croire mais je me brise à des endroits que je ne me connaissais pas..Je voudrais juste me mourir d'absence. En fait, je meurs de silence. Je te regarde mais mon coeur implore et puis se fêle, je me muette de mort comme cette enfant assassinée dans un tiroir de ma mémoire. Je voudrais être sourde pour ne plus entendre tes cris, j'aurais juste voulu que tu me comprennes, que tu saches que je suis fatiguée mais rien ne te touche et tes cris me font mal. Je m'effeuille comme l'arbre. J'ai peur; une écharpe rougie m'endentelle de plaies et de feu. Mes mots voudraient gémir mais ils meurent avant de naître; ils tombent, bleus comme les feuilles, blanc comme la vie, la mienne, la nôtre. Je sens notre solitude couler sur nos coeurs tranchés. J'aurais tellement voulu que tes mains me redessinent un corps vierge de coups mais tu en soulignes les contours et la couleur me blesse. J'aurais tellement aimé que tu me pailles de tendresse mais j'ai le coeur en croix et la honte au corps.

Les lèvres de la terre appellent les feuilles mais un doigt rougi se pose sur la bouche ocrée. Il n'est pâleur, pas l'heure. Mes étoiles se sont échouées dans la boue mais mal-gré tout..Un souffle murmure et subsiste: "Ne cueille pas ces frêles tiges d'amour que tu as toi-même planté même si le vent souffre fort"..Même si..M'aime si..
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pour Valérie
Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 12h47:   

Beaucoup de belles promesses d'écriture dans ce texte sensible. Le contraste avec certaines phrases moins réussies est trop grand cependant. Il serait trop long d'en discuter ici mais si cela vous interesse, je le serais aussi. (lilas)
( je suis une simple visiteuse)
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Valérie.
Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 13h06:   

Il est toujours positif de connaître ses faiblesses. Votre point de vue m'intéresse , merci.
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Hélène
Envoyé lundi 24 octobre 2005 - 13h19:   

de très beaux passages Valérie des souvenirs d'un automne difficile
j'ai envie de te dire que les feuilles , si belles en automne créent une osmose avec la terre pour faire renaître le prinytems . la neige te dira ses secrets.
joli ce "m'aime si..."
poéticamitié

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Pour Valérie
Envoyé jeudi 27 octobre 2005 - 23h52:   

"Ta présence m'écorche, tes mots m'égratignent"

"je me brise à des endroits que je ne me connaissais pas.."

"cette enfant assassinée dans un tiroir de ma mémoire"

"J'aurais tellement aimé que tu me pailles de tendresse mais j'ai le coeur en croix et la honte au corps."

Je crois qu'il est encore trop blessé, ce poème, pour qu'on se consacre seulement à sa musique . Et puis aussi, le mal des autres, on ne le supporte pas toujours. Plus tard.
Amicalement (lilas)
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Valérie.
Envoyé vendredi 28 octobre 2005 - 17h30:   

Merci Lilas. Oui je sais le mal fait fuir, il fait peur car il nous met face à ce que nous sommes; nous ne sommes pas Dieu juste des êtres souffrants et cette impuissance à aider l'autre, voire à s'aider soi même fait souffrir.
Amicalement.

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