Auteur |
Message |
   
Jean-Marc
| Envoyé lundi 31 octobre 2005 - 15h00: | |
Jusqu’à la coupole une jetée de livres s’élève festonnée de blanc les pages tournées par le vent les mains avides de clarté En colonnes de verre le jour s’abat comme une chute de reins Etiolé l’espoir se disperse aux quatre points cardinaux de la table usée par les passages du temps le froid et son dégradé bleu ****** Tout le corps dilaté dans l’espace circulaire l’eau gonfle se précipite vers les essuie-glaces enfle la trachée martelée de tambours ma chevelure suspendue à l’hémisphère droit Indomptable la coccinelle poursuit sa route le moteur rotatif bourdonne comme un frelon Malgré les bornes de la route nationale nèfles et névés grêlent les flancs montagneux rousseurs laiteuses On respire les blonds parages l’odeur de la tortue verte et le hérisson hante encore les bas-côtés. ***** Tête penchée marionnette emportée par la brise suspendue au vide au gué de la fuite j’ai perdu mes lunettes pour mieux étreindre la mandragore et le trèfle dans la luzerne j’ai modelé golems et palais fantastiques que les fourmis n’ont pu assaillir sauvage fleuve rouge ouvrières sans scrupules pour le rêve mon troupeau d’évidence J’ai bu ma soif éreinté le ciel avec mon lasso mustang en partance vers l’ouest hors les frontières Une mesa pour étendre mon corps à bascule J’ai tant visité les canyons cirés par le sable le vent entre dans mes narines découpées par l’air qui vibre de la présence du corbeau et des oiseaux-tonnerre enfin un pacte de sang voué à la terre. ***** Immense toile d’araignée posée sur le monde la nuit halète parmi les congères souffle glacé un rêve se déplie à la commissure des lèvres Quitte ou double la chance tourne à la faveur de demain boomerang le possible s’écrit en lettres minuscules Quai de gare mon escale après cinq tours en autobus
|
   
Jean-Marc
| Envoyé lundi 31 octobre 2005 - 20h15: | |
LA SUITE Aux lèvres des faubourgs poussent les embarcadères en flammes et mes écobuages sanglants Hors limites la langue fouille lave léonine comme un orfroi L’appel cloche enkystée éveille tous les muscles pyromanes de la cornée accoudée à l’horizon Mes entrailles s’oxydent quand la lune retrousse les moustaches du tigre en aigrette ***** Enclave des vitriers j’ai traversé la galerie du jeu de paumes grange à stupeur Barbe bleue est entré par la fenêtre pour dévaliser la chambre forte Ses yeux toupie errante accrochent une ombre religieuse à cornette que sa main dégrafe en silence la robe tombe comme une herse profonde peau affolée par la morsure au soufflet des soupirs les nébuleuses et la forge abrasive La nuit éclot en archipels noirs ***** J’ai remisé le saxifrage mes révolutions souterraines en lignes de force à pic En perdition un mannequin au chemisier à fleurs ses jambes s’offrent à la coulée du soleil comme un héliotrope Dans les cordes tu plonges et ton cœur s’aventure au déclin des astres
|
|