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so-so
| Envoyé mercredi 07 décembre 2005 - 23h13: | |
pour celles et ceux que j'ai croisé ici, un temps... j'ai 47 ans depuis peu et je suis papa d'un bébé de 10 mois. il est atteint d'un cancer de la rétine (rétinoblastome bilatéral) diagnostiqué depuis l'âge de 4 mois. je n'écris plus. mon bonheur. ma souffrance. les pages sont aussi blanches que la nuit. les nuits sont sans sommeil. la chair est folle, mais le coeur bat. il se bat contre la mort, contre le vie qui gagne. la colère est là comme un masque de vent qui souffle de l'intérieur. une tête pleine qui fait mal parce qu'il faut regarder devant. et des yeux qui brûlent parce qu'ils voient. donnez-lui mes yeux, donnez-lui ma vie. donnez-lui l'envie de voir en moi, de voir si loin que, déjà, je ne suis plus là. je n'ai qu'un souvenir. blanc. le blanc qui perle et qui s'ouvre, le blanc qui gagne l'oeil qui ne savait pas voir. ce blanc qui perce entre nos lignes, ce blanc qui gratte entre nos chairs, cet espace inconnu qui nous blesse et nous accueille. blanc, le corps qui ronge l'oeil et qui mange nos coeurs. cette marge où coule l'encre qui nous manque. l'encre de l'amour comme éternelle rature. la plume qui fait mal, qui grattait le papier et qui fait de mon âme cet oiseau aveugle qui vole vers toi. |
   
Cécile
| Envoyé mercredi 07 décembre 2005 - 23h44: | |
ces quelques lignes me laissent sans savoir trop quoi dire... courage. "donnez-lui mes yeux, donnez-lui ma vie" |
   
Leezie
| Envoyé mercredi 07 décembre 2005 - 23h57: | |
Bouleversée par ce que tu dis, Luc... pensées et amitiés Isabelle |
   
Lilas
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 01h05: | |
Quand les mots sont trop difficiles qu'ils puissent dire au moins le partage et le soutien our garder un peu de chaleur dire dire dire pour durer
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Hélène
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 09h48: | |
la vie est injuste même avec les enfants . c'est selon moi la plus difficile des épreuves. je t'écris so-so |
   
tamos
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 13h44: | |
Moche ton histoire. Salut et courage à vous. Thomas |
   
jml
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 16h10: | |
moche en effet. la vie est aveugle parfois. elle rature la beautré. courage so-so. |
   
phl
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 17h55: | |
et de nos yeux vient la nuit si ce n'est les mots pour exister que reste-t-il à nos mains une caresse à vous de si loin que le mur suivit se courbe que le coeur frappe la caresse nos besoins ne se mesurent pas il est temps de vivre philippe |
   
noel
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 18h21: | |
t'embasse vraiment , mais vraiment vraiment , te promet , l'embasse aussi , lui souhaite plein d'étoiles , de lueurs pour les jours et les temps qui viennent , ceux d'un enfant , me mets vraiment à ta place , et j'en suis retourné ... |
   
karl
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 19h06: | |
je te souhaite peut-être, so-so, de ne pas oublier qu'au loin là-bas devant, il y a peut-être encore la vie qui vous attend karl |
   
aglaé
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 19h50: | |
je dis comme Karl.... une toute petite note qu'il faut essayer d'entendre.... Aglaé |
   
Hélène
| Envoyé jeudi 08 décembre 2005 - 20h27: | |
je crois que c'est trop tôt. une telle douleur rend sourd et aveugle. Elle fait tant de bruit plus tard peut être ; souhaitons le.
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so-so
| Envoyé mercredi 14 décembre 2005 - 21h50: | |
merci... il se trouve que dans ce genre de situation, les gens les plus proches semblent soudain être les plus lointains (et réciproquement)... mais ça n'est pas si simple... qui s'éloigne de qui ? je ne pensais pas trouver ici la sollicitude (?) qui me manque parfois dans le quotidien qui me harcèle. les distances deviennent si relatives, un mot lu, un mot qui n'est pas dit, des regards qui s'échappent ou s'enfuient, on devient aveugle au monde et le monde devient éblouissant, insupportable, parfois, parce qu'il renvoie trop de lumières, juste un éclat, une étincelle, une pépite de bonheur, parce que mon fils est une étoile qui brille, une source de chaleur, la seule raison de me taire et de dire encore que je l'aime.
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Hélène
| Envoyé mercredi 14 décembre 2005 - 23h05: | |
pour les proches la douleur de l'autre intimide ses regards sont trop près de loin l'image est plus douce seulement imaginée on peut la regarder sans s'y brûler pourtant on sait que la vie peut consumer . On imagine celui qui est loin, sans protection, on sait que lui aussi a des yeux, un visage fragile on imagine ce qu'on ressentirait, trop près de l'enfer qu'il cotoie On peut encore s'y attarder , on est plus loin du soleil, plus près de soi , mieux protégé alors on prend la main tendue pour réunir les chaleurs des incertitudes ou des souvenirs. on espère sans y croire qu'on pourra inviter un nuage pâle pour atténuer les rayons de ce soleil cruel on a l'illusion qu'on pourrait être utile à la vie avec toi en pensée so-so ton étoile est plus douce que ce soleil trop rouge et trop cruel on l'aime avec toi , jusqu'à la brume , à la pluie. y a-t-il encore des miracles à Noël ?
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