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Cécile
| Envoyé jeudi 22 décembre 2005 - 23h31: | |
Je est nous. Quelque part au-dedans. Etre deux dans l’ajustement du corps. Balancement. A droite - A gauche – Derrière - Dedans. Tu es bien là quelque part. Dans ce qui remue à l’intérieur. Nous sommes deux dans l’étendue de l’autre. Les petits mouvements interminables. Nous à droite. Nous à gauche. Le mur devant. Nous crions. On nous touche. On nous change. On nous chamboule. Pas silence. Le monde n’est pas silence. Je te parle. (Tu me parles). Nous nous parlons l’un à l’autre. L’un devant l’autre. L’un depuis l’autre. On nous hurle. Nous informe. Nous déforme. Nous transforme. Nous chavirons. L’autre monde. L’autre lieu. L’autre espace. Nous les arbres. Nous le ciel. Nous la terre. On nous parle de l’oiseau. Il nous le cherchons. Impasse élémentaire. Trop d’air entre nous. Pas assez. Nous existons bien quelque part. A l’intérieur. Ca tourne. Ca roule. Ca parle. Ca révolte. Ca unit le corps avec le corps, la chair avec la chair, le sang avec le sang, le dedans avec le vide. Le débordement. STOP. Nous circulons. Pas de débat. Etre deux = Pas moins que un à l’extérieur. Nous automatisme / Automutilation / auto expulsion du soi vers l’autre, vers ce qui s’agite autour. Pas de compréhension. Je dis nous encodés. Nous pas sans moi. Impossibilité dans le refus. Espaçons la résonnance. La défaite de notre propre monde. Je te jette. Tu me lie. Je t’expulse. Tu m’enserres. Je te réfute. Tu me construis. Détournement du corps. Invariabilité. Relation instable dans ce qui est stable. Dans le mot nous, il y a je. Du moi avant toi. Pas grand-chose. Je n’existe pas. Nous n’existons pas. Deux par deux. Incompréhension d’un geste à l’autre. Tu me touches et je crie. Repartons à zéro. Marchons pour nous dénoncer l’un à l’autre. Nous dans l’étouffement du monde. Je est toi. Parfois nous. Fabrication originelle. Marque contrôlée sans contrôle. De la une à la deux, il y a nous intercalés. Il y a du nous dans tout ce qui guide nos actions. Tu m’abrites. Je t’abrite. T’as soif. J’ai plus d’eau. Nous fuyons. Multi sensations – pluri densité – quanti peur - Angoisse – colère – pas repos – halètement – précarité des émotions. On nous pousse. Nous invente. Nous bricole. NOUS NE SUPPORTONS PAS qu’on nous crie, qu’on nous exige, nous tourneboule. Tout est chose. Tout est rien. Tout est beaucoup. Trop à voir. Trop à sentir. Pas comprendre. Inter lutte. Intra volte. Un monde nous angoisse.
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ali
| Envoyé vendredi 23 décembre 2005 - 00h11: | |
très beau texte chorégraphique! des corps de phrases en mouvements sur les planches aux lumières grises et bleues.. |
   
ali
| Envoyé vendredi 23 décembre 2005 - 00h19: | |
certainement Céci que cette belle et tendre langue à besoin d'être violée! t'en fais pas,elle mérite,comme toutes les autres d'ailleurs surtout la miennnne.. |
   
pour Cécile
| Envoyé vendredi 23 décembre 2005 - 11h58: | |
Bonjour Cécile , l'on peut entendre et voir ce poème comme un clip Ne rien comprendre de péjoratif : je précise parce que je connais les connotations négatives de ce style télévisuel, or il en est comme de tout style : c'est l'art mis en jeu, en je aussi bien sûr, qui en fait la valeur. Et ici, il s'en trouve ! Ali a raison de parler de chorégraphie, une chorégraphie en recherche, bien inscrite dans son époque, qui s'inspire des formes de celle-ci pour dire à son tour l'irréductible singularité de la relation universelle à l'autre, l'autre autre en nous, nous autre en lui, nous, autres, et, par cela, au monde- mais encore, quelque part, seuls- inaptes ?. (lilas) |
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