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hulotte
| Envoyé mardi 17 janvier 2006 - 11h46: | |
La page est vide au bout des doigts. L’amer cacao de guérets sanguins, sillons de trop long carême, porte l’insolente blancheur d’amandiers allumés pour d’éphémères noces. Des rangs secs de lavandes, hérissons gris frappant à la porte d’en haut, s’embrasent de tulipes et citrons de jonquilles. Des attentes nomades, imprécises, gourmandes, flottent au ciel laiteux, promesse d’eau, indécise et fantasque. L’innocence perverse de bourgeons étonnés audace une verdeur. Une impatience neuve. Et, sur le talus, dans la parole errante, sous la laine du gel, impudent et offert, assis dans la lumière crue sous le regard de l’ange, ce désir. Qui lave le matin.
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Pour Hulotte
| Envoyé mardi 17 janvier 2006 - 13h32: | |
Poème ou ouverture de roman? ... Une belle écriture qui inspire... (Lilas) |
   
jml
| Envoyé mardi 17 janvier 2006 - 15h36: | |
quelle voix magnifique. |
   
hulotte
| Envoyé mardi 17 janvier 2006 - 19h45: | |
Merci beaucoup Lilas, Jml. |
   
Jean-Marc
| Envoyé mardi 17 janvier 2006 - 23h41: | |
Il est beau ce poème Hulotte |
   
hulotte
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 00h33: | |
Merci à toi Jean-Marc |
   
Cécile
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 12h42: | |
de belles images Hulotte. Je suis juste gênée au niveau de la ponctuation et du rythme, à lire à haute voix, j'ai l'impression de manquer d'air. Amitiés Cécile |
   
hulotte
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 14h56: | |
Oui, bien vu Cécile, j'ai mis peu d'air dans le texte, en effet, comme j'ai ressenti dans la nature cet air coupant et "resserré" de fin de janvier dans le Luberon, une sorte de saccade plus ou moins longue où le printemps s'essaie à venir sur une terre lente et dure. Merci de ta lecture amicalement Hulotte |
   
4ine.
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 16h52: | |
...*promesse d’eau indécise et fantasque l’innocence perverse de bourgeons étonnés audace une verdeur une impatience neuve et sur le talus dans la parole errante sous la laine du gel impudent et offert assis dans la lumière crue sous le regard de l’ange ce désir* je trouve ça très fort et extrêmement sensuel à lire moi j'enlève toute ponctuation en te lisant, et le souffle coupe et tranche de lui-même, il essouffle comme le froid, mais porte une chaleur suave... (c'est la découpe qui place le souffle - à toi de voir ) c'est très très beau merci de l'avoir offert à nos yeux |
   
Kel
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 18h04: | |
j'aime beaucoup : Des rangs secs de lavandes, hérissons gris frappant à la porte d’en haut, s’embrasent de tulipes et citrons de jonquilles.
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Hulotte
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 20h44: | |
Oui, intéressant le sans ponctuation, merci de me l'avoir suggéré 4ine. Et merci à toi et Kel pour la lecture attentive. |
   
Cécile
| Envoyé mercredi 18 janvier 2006 - 23h30: | |
Oui le sans ponctuation pourrait produire un bel effet. tu peux marquer tes silences d'une autre manière, blancs, tirets, etc. |
   
Pour la plus chouette !
| Envoyé samedi 21 janvier 2006 - 18h52: | |
Le "sans ponctuation" est une ouverture à des sens supplémentaires, parfois surprenants et riches de résonnances et de révélations pour -et sur- l'auteur, et aussi bien sûr, pour -et sur- le lecteur. Mais, si l'on veut rester maître du sens dans la plus large mesure ( combien cela est relatif !... ), pourquoi ne pas moduler sens et lecture, quitte à faire un usage très personnel , nouveau, voire insurrectionnel de la dite ponctuation ? Proposition pour tous : Ne serait-il pas intéressant d'échanger sur les poètes français (ou étrangers, par ex.Campana) que nous connaissons et qui ont joué de ce pouvoir ? (Lilas) |
   
Hulotte
| Envoyé samedi 21 janvier 2006 - 22h37: | |
Pour ma part, j'ai réfléchi au "sans ponctuation", et finalement même s'il propose un jeu intéressant d'interpellation du lecteur, je ne m'y sentirais pas à l'aise car trop à "effets" ou artificiel justement. Je préfère le simple état du texte dans un cadre précis (là : la ponctuation) et essayer d'insuffler au texte seul, sa dimension à prendre, (ici : le souffle court entre la lenteur de l'hiver et l'audace du printemps). Mais cela est très personnel, et ta proposition de voir les auteurs qui se sont colletés à ce genre d'exercice est intéressante - par exemple Claude Simon (La chevelure de Bérénice) propose ce style d'écriture et c'est remarquable. Merci pour ta lecture Lilas. |
   
4
| Envoyé mardi 24 janvier 2006 - 23h07: | |
tout est affaire de décor disait le poète la voix n'a pas la virgule au gosier ni l'oeil le mirage du point la pose vient à l'idée ou au coeur le texte est par lui-même la virgule est convention ...si la poésie survie dans l'encadré combien de temps tiendra-t-elle ... faut-il se rendre aux conventions ou.. les conventions doivent-elles abdiquer affaire de choix dira-t-on comme chager de lit changer de corps disait le poète peut-être est-ce caprice je m'interroge... mais, à mon sens, la question devrait être : est-ce nécéssaire au texte de quoi a-t-il besoin pour devenir vivant pour exister je vous salue ! :¬) |
   
Merci Cat
| Envoyé mardi 24 janvier 2006 - 23h56: | |
"...à mon sens, la question devrait être : est-ce nécéssaire au texte de quoi a-t-il besoin pour devenir vivant pour exister" : C'est bien ainsi que je l'entends -et la réponse change pour chaque texte. De façon plus générale, explorons les contraires, les envers, l'opposé,les inverses, l'antithétique, le contradictoire, le paradoxe ou -xal, à nous les anti et les contres,la désobéïssance et la transgression ! Un bonjour, Cat ! (lilas)
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A tous
| Envoyé mercredi 25 janvier 2006 - 00h02: | |
A propos des blancs qui introduisent le silence ou modulent le souffle, je me demandais, il y a peu, qui avait le premier introduit ces blans à l'intérieur d'un même alinéa. Si quelqu'un peut nous le rappeler, merci d'avance. (lilas) |
   
coquille
| Envoyé mercredi 25 janvier 2006 - 00h03: | |
ces blancs ... |
   
4sourires
| Envoyé mercredi 25 janvier 2006 - 22h06: | |
..espaces |
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