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aar
| Envoyé jeudi 26 janvier 2006 - 12h37: | |
** le chemin montait un bâton de cyprès à la main le ciel était pur comme à sa source on marchait sur la pierre des nuages Benito regardait le lac en bas miroir des aigles les villages autour reliés par des fils de soie Sirmione la Madone bleue de Montecastello… planétarium dans un boîtier de lumières - Presto Duce, dove andare" disait Clara soudain un vieux souvenir inventa une fille Giulia, ou Emiliana pas de visage mais la lumière de sa bouche l’ondulation de sa jupe au rythme des pas la respiration du vent la montée serpentine du volcan Benito se rappela du bracelet qu'il lui fit de ces minuscules orchidées safran qui poussent entre les pierres brunies du Vésuve tandis que ce soir-là le soleil n'en finissait pas de brûler son miel sous le regard furieux des étoiles… - Presto Duce, presto! répétait Clara dans la vallée on battait les marteaux ** Tremosine, Lac de Garde le 28 avril 1945
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Cécile
| Envoyé vendredi 27 janvier 2006 - 10h49: | |
le titre m'enchante... de douces sonorités dans ce texte de Tremosine... qui est-il ? |
   
Mdr
| Envoyé vendredi 27 janvier 2006 - 20h15: | |
Stéphanie de Monacooo ! |
   
A vos pinceaux !
| Envoyé vendredi 27 janvier 2006 - 21h44: | |
Cette évocation de Mussolini au bord du Lac de Garde où il vécut, installa le siège de sa république et mourut, est pour moi troublante car la vision (historique) que j'ai du Duce s'associe difficilement à ces images si délicates de beauté . j'aime beaucoup, en particulier, la superbe évocation, digne d'un peintre, du souvenir du bracelet -avec ce cadre magnifique digne des plus beaux tableaux italiens- qui symbolise toute la jeunesse, la pureté de sentiment, la beauté envolées. C'est l'antithèse entre ce souvenir et le personnage que le Duce est devenu à la fin de sa vie(il mourut le 28 04 1945 , voir la date à la fin du poème )qui donne son sens au poème . Mais sans doute quelqu'un qui connaît la vie et la personnalité du Duce pourra-t-il nous en dire davantage ? (lilas) |
   
une question
| Envoyé vendredi 27 janvier 2006 - 21h56: | |
Clara a-t-elle été exécutée avec lui ? |
   
aar
| Envoyé dimanche 29 janvier 2006 - 08h14: | |
Cécile, Trémosine c'es un village du Lac de Garde. Lilas, c'est vrai cela fait froid dans le dos de penser que dans un monstre il puisse y avoir un humain, avec des sentiments et des émotions comme les notres. Mais je préfère renverser la question, qu'il y a-t-il de monstre en nous, gens ordinaires? La réponse est fascinante à chercher mais pourrait être effrayante. |
   
Kel
| Envoyé dimanche 29 janvier 2006 - 15h38: | |
C'est relativiser beaucoup de choses que de se comparer à un dictateur fasciste, c'est même nier quelque part l'existence historique du fascisme personnellement, ça ne me "fascine" pas, du tout. |
   
yann blev
| Envoyé dimanche 29 janvier 2006 - 16h09: | |
Peut-être bien qu’un jour J’irai là-haut tordre le ciel Pour faire tomber les oiseaux J’irai peut-être raser les forêts vertes Ardemment brûler les bois tendres Répandre le feu et les cendres Réduire à peu les fleurs sous ma faux Peut-être bien qu’un jour J’irai vider l’eau de la mer Bloquer la source sous les rochers Dans une fureur noire peindre de gris-souris Le soleil aux rayons fiers Repeindre en nuit chaque lumière Moucher la lune à tout jamais Peut-être aussi qu’un jour Je ferai pleurer des enfants Tant et tant que tout sera boue J’égorgerai des hommes j’éventrerai des femmes Pour rien ou pas grand chose Pour une injuste cause Même pour rien du tout Peut-être bien tout ça Et peut-être bien pire encore Mais maintenant tandis qu’elle dort Là comme un tout petit avec son poing contre sa joue Et ce battement sur la veine Un lent respire d’un souffle à peine Je ne veux rien Que vivre en me tenant sur les genoux. . |
   
pour Yann Blev
| Envoyé lundi 30 janvier 2006 - 13h40: | |
Très beau poème pour ses évocations. Une question tout de même, pour la certitude : "en me tenant sur les genoux", cela est-il synonyme de : à genoux ? debout ? ou sur les genoux, parce que la vie m'a déjà rogné une partie des jambes, mais je suis debout sur les genoux, et pas à genoux ? ( j'ai compris ce dernier sens )- Merci (lilas) |
   
Pour Aar et Kel.
| Envoyé lundi 30 janvier 2006 - 13h54: | |
Je suis tout à fait d'accord avec Aar. Les monstres sont parmi nous, en nous potentiellement. Regardez les autres et vous-mêmes sans lunettes roses et vous les verrez, même dans le quotidien. La vie m'a enseigné toutefois une chose : il existe la sublimation, il existe le hasard, il existe aussi, surtout ?, le regard des autres qui, s'il décèle la "bonne" part d'un individu, peut faire que celui-ci va pouvoir choisir , à tout moment, d'incarner cette part. Grâce à l'irréductible part de liberté qui subsiste toujours, sauf chez les grands malades mentaux. Pascal pariait sur Dieu, je parie sur l'homme, malgré tout. |
   
Kel
| Envoyé vendredi 17 février 2006 - 14h50: | |
Peut-être. Mais là il s'agissait d'autre chose. |
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