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flo
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 12h48: | |
j’ai tu janvier ses vert-de-gris et saumures d’âme à perte de vie ses champs de courtes oraisons tant pèse le froid sur l’épaule et nos discours gauchis de misères minuscules alors qu’on se surprend à pister les ombre effritées des arbres ou leur nudité précise figeant les heures dépolies encore un jour en boule vous mes enfants vos chairs tièdes vos mains lourdes aux draps l’écho du duvet remué je dis tendresse ces vestiges de rêves sur l’oreiller puis s’en aller prisonnière de matins nocturnes de retrouvailles frileuses à la vesprée ou alors suffoquée par la lumière délivrée soudain des vapes d’eaux opaques stagnant à hauteur de cri janvier m’a tue tu oublieras mon son, ami lointain un jour tu traverseras janvier un oiseau tremblotant sur le doigt et son envol seul aura l’orbe de mon visage mais là à l’entre-deux de hameaux nappes servie de givre je stoppe claire la voiture sur la peau rugueuse des labours deux hérons cendrés transgressent pour moi seule l’allégeance tristesse pour tant de joie non, je ne dis rien pas encore
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Pour Flo
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 13h21: | |
Superbe poème, j'y demeure encore, là, à revivre des bribes de vécu, à goûter la justesse, la vérité des images qui inspirent. Il faudrait quasiment tout citer. ( hormis "mon son" ?) Que sera-ce lorsque Flo nous dira la joie ! Merci ! (Lilas)
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jml
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 13h32: | |
c'est toujours un plaisir de vous lire. |
   
flo
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 13h35: | |
Merci lilas! très heureuse de ton commentaire et très juste remarque pour "mon son" ( ton, nos, vos, leur...) Pourquoi pas "mon parler" bien que cela soit plus restrictif.. OU alors, plus juste, plus orginal aussi : janvier m’a tue tu oublieras mon tintement, ami lointain un jour tu traverseras janvier un oiseau tremblotant sur le doigt et son envol seul aura l’orbe de mon visage
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Rob
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 13h50: | |
C'est un très beau texte, il résonne, et Janvier me fait penser à des tas de choses nostalgiques, mais c'est personnel. Superbe écriture parfaitement maitrisée. |
   
flo
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 14h02: | |
Merci à tous, vos écritures sont si belles que vos commentaires me réchauffent la tête et les doigts. :-) |
   
aglae
| Envoyé lundi 06 février 2006 - 15h47: | |
"je dis tendresse ces vestiges de rêves sur l’oreiller " Cro mignon ça! Aglaé
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Lilas
| Envoyé mercredi 08 février 2006 - 22h16: | |
j'aime beaucoup le "tintement" ! Et la magnifique image de cette strophe. Ici , aujourd'hui encore, envol de hérons ... il y en a de plus en plus. Des chevreuils aussi . Les temps changent, la beauté encore appelle, danses-viatiques, à la frontière ... |
   
Cécile
| Envoyé jeudi 09 février 2006 - 12h07: | |
Je suis très émue par ce poème... J'aime beaucoup ton style, le soin apporté à l'agencement des mots. Création. et ce passage fort : pour tant de joie non, je ne dis rien pas encore
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flo
| Envoyé jeudi 09 février 2006 - 13h48: | |
Merci cécile! ce texte tend vers cette révélation-là; comme souvent, je décris un passage hanté d'ombres mais ne peut m'y résoudre et conclus sur la lumière, car elle précède et suit toutes mes tentatives de mots. flo |
   
aglaé
| Envoyé jeudi 09 février 2006 - 15h47: | |
"La Joie si difficile à dire pourquoi ne l'ai-je pas chantée?" Marie Noël |
   
Jean-Marc
| Envoyé dimanche 12 février 2006 - 12h23: | |
Florence, un lyrisme vrai qui happe et secoue. La lumière qui surgit est bien fragile, mais portée par une présence et une énergie très fortes un poème sous tension |
   
flo
| Envoyé mardi 14 février 2006 - 15h29: | |
magnifique citation de Maire Noël aglaé!!! oui, je la retiens. * Merci ami Jean-marc, de ton attentive lecture.
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