Auteur |
Message |
   
nao
| Envoyé vendredi 10 février 2006 - 10h46: | |
A l’ombre d’un sycomore dort un mort Surpris dans son sommeil par le sort Il a gardé les bras croisés pour dormir Un dernier rêve lui a dessiné un sourire Ses yeux noirs profonds comme des dunes Scrutent toujours, par tous les temps la lune Les lavandes la cigale les pierres du mur brûlé Le bordent, linceul de ciel poussiéreux, desséché Et quand la lune s ‘élide devant le soleil Ses yeux la cherche dans le bleu a perdre haleine Sous les jujubes le coudrier et les olives Son matelas de terre rousse déguste les figues Le chêne blanc aux feuilles vertes reflet des volets du cabanon Lui font une couverture ouverte Pour quelques heures sous les rayons Avant que sa peau sèche ne cuise Sur le gril de ce tableau de Cézanne Et qu’après aïoli, amandes et pastis il reprenne la sieste qui le basane Il dort dans son sarcophage de touffeur momifié à jamais par des bandelettes d’odeurs Pour avoir refusé d’être jeté dans le sillon d’un champ fertile, de croix et de vieux noms |
   
Rob
| Envoyé vendredi 10 février 2006 - 13h45: | |
Critiquons, critiquons, on est vivant pour l'instant.. Les 4 premiers vers, à mon avis qui évidemment n'engage que moi, les 4 premiers vers sont mous. Ca s'arrange, toujours selon mon opinion, au 7 ° vers avec le brûlé et le desséché qui marquent bien un naturalisme sec. "Les lavandes la cigale les pierres du mur brûlé Le bordent, linceul de ciel poussiéreux, desséché" Le 9° est, selon ma perception subjective comme il se doit, inutile. Par contre là: "Ses yeux la cherche dans le bleu a perdre haleine Sous les jujubes le coudrier et les olives Son matelas de terre rousse déguste les figues" -C'est foisonnant d'odeurs et de couleurs et ces trois vers emportent tout le texte, pour ma petite sensibilité sudiste c'est une vibration, une complicité. Les quatre vers suivant n'apportent pas grand chose, si je peux me permettre mais rapidement le coup du tableau de Cézanne, l'aïoli et le pastis impriment le tableau et ça redevient beau. Le final, je sais pas, peut-être un peu conventionnel. Enfin, pour finir, je l'aime bien ce texte, il y a du matériel.
|
   
nao
| Envoyé vendredi 10 février 2006 - 14h19: | |
Voilà une très bonne critique, qui fait plaisir sans être complaisante, merci! |
   
ktr
| Envoyé vendredi 10 février 2006 - 21h12: | |
* de la musique avant toute chose * chantait Léo il disait aussi * la rime assassine * nao, ici je trouve que la rime pèse comme du plomb y a-t-il un alchimiste sur cette plage du ciel ? |
   
nao
| Envoyé lundi 13 février 2006 - 09h42: | |
Vous vouez un véritable culte à Léo sur ce site décidément... Désolé d'être trop lourd à ton gout ktr, par ailleurs ta comparaison est fort délicate... |
|