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Gilain
| Envoyé mardi 14 février 2006 - 08h27: | |
Rien n’est plus désagréable, dans l’ordre des accidents domestiques s’entend, qu’une table bancale. Toujours au moment ou l’on s’y attend le moins, celle-ci vacille et l’appui qu’on espérait y trouver se dérobe. A cette instant crucial celui d’une conquête, probablement passagère, qu’on imagine être amour fou, le menton fuit hors de la paume puisque le coude a donné de la gîte Si elle rit tout n’est pas perdu, compromis sans doute. Mais ce ne sont que pures spéculations. Plus grave lorsque tu tentes d’écrire une de ces phrases inoubliables si vite oubliées : Ce n’est pas du poème que naît la tragédie mais du tragique que tu lui insuffles, cet orage de toujours vivre au bord, au bord, dedans et hors de toute limite. Et que le crayon fait grise mine, brisée par un roulis imprévu, jusqu’à perdre le sens de ce que tu voulais dire rondement : Or moi ce que j’ai vu, il me semble plus percevoir qu’entendre, acéré dans la flèche en sa pointe, le cri. Voilà que tu restes en panne aux lisières des choses. Mers ou forêts tout ce qui bouge qu’il te faut caler avant les grands vertiges avec le bout de papier sur lequel tu devais esquisser les monts et les merveilles qui jamais ne seront. Maintenant tout est parfaitement droit et tu te demandes si tu ne préférais pas le monde avant, lorsqu’il était de guingois.
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flo
| Envoyé mardi 14 février 2006 - 08h50: | |
géniale observation! :-) |
   
jml
| Envoyé mardi 14 février 2006 - 16h00: | |
la poésie du regard. |
   
Jean-Marc
| Envoyé jeudi 16 février 2006 - 12h07: | |
n'est-ce pas plutôt le regard qui est de guingois où le cou que surmonte la tête ? |
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