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Leezie
| Envoyé mercredi 03 mars 2004 - 23h24: | |
qui a été important dans votre vie poétique au tout début? moi il y en a eu deux surtout, Jacques Dupin et James Sacré. Je ne sais pas pourquoi, mais les phrases de ce dernier m'ont toujours impressionnée profondément, dès le début, j'ai toujours pensé que j'aimerais vraiment écrire de cette façon-là, il me paraissait constamment parfaire des paysages de vie intérieure, et soudain il me venait l'envie de décrire mon propre paysage Mouvementé de mots et de couleurs (extrait) James Sacré "On voit des constructions qu’on se demande si elles sont là à cause des gens qui vont peut-être venir y vivre ou simplement parce qu’il y avait à cet endroit les pierres et le peu de terre qu’il fallait pour les bâtir ou les relever (il s’agit aussi de ruines). En cherchant bien dans le paysage qui s’en va comme un vêtement rugueux étendu jusqu’à l’horizon, on découvre quelques autres bâtiments de formes régulières qui semblent plus importants Mais tout l’ensemble des routes et des traverses, finement calligraphié avec des tracés parfois plus épais, et orné des signes que fait la végétation, y est quelque chose d’orienté pour justement aboutir à ces volumes de pierres sur la hauteur, de ce côté-ci. Où il y a du vent: on le sait à cause du vêtement qui ramasse dans le sens de sa marche le corps d’une femme qui passe. Il y a d’autres gens dans le lointain, sur le chemin le plus large, comme des poussières dans le fond de la photo. On arrive mal à savoir ce qui fait la satisfaction qu’on a À voir ensemble si peu de mur bâti, mêlé à des ruines, et l’immensité qui s’écrit depuis la hauteur où cela se trouve jusqu’à ce qu’on ne voit pas, après l’horizon." (James Sacré est un auteur du site pleutiL et publie un texte sur ce site le 9 mars prochain )
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Leezie
| Envoyé mardi 24 août 2004 - 16h21: | |
Ah, décidément, décidément, j'aime beaucoup James Sacré "Je parle de ton sourire de ta joue en fait ça se tient où vraiment L’émotion? Laisse-moi toucher. T’aimer c’est presque se défaire dans ce qui vient Chèvrefeuille avec des orchidées puantes, du coup Ton sourire s’en va dans le noir de la nuit. Si un cœur bat plus fort C’est sûr, mais du tout Comme un mot frotté à de l’intimité, au contraire Quelque chose de tout à fait général est là, comme dans un dictionnaire en désordre : Mon poème ressemble à n’importe quelle main qui hésite (Etoffe un peu tendue, l’usure d’une couleur et quelque chose d’aveugle) mais quand même, C’est bien à ton sourire particulier au loin que je pense" James Sacré Ecrire pour t’aimer Editions Ryôan-ji 138, Bd Chave 13005 Marseille
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Cécile
| Envoyé mardi 24 août 2004 - 18h58: | |
Ah ! Nous sommes deux ! Je l'ai découvert car en 2003 j'ai fait partie du jury du prix de la petite édition zazieweb. Il faisait partie de la liste ! Avec Si peu de terre, tout, éditions Le dé bleu. Voici mon commentaire de l'époque. C’est un poète plein d’humour mais aussi très mélancolique que nous découvrons à travers ce petit recueil Si peu de Terre Tout. Le poète a grandi dans un petit village de Vendée et dans ses poèmes il nous raconte la terre et ses paysans, la terre et ses jeux d’enfants, la terre et ses bonnes odeurs, la terre nourrie par le soleil. Il n’hésite pas parfois à parler « paysan » et ses mots simples, atteignent notre sensibilité sans détours. Des mots emplis de soleil parfois ou bien d’odeurs, de boues ou de terre. Ce sont les souvenirs d’enfance dans un village, les pitreries sous les pupitres, les jeux dans les près et champs de tournesol. La famille, le village, le portrait de l’épicière chez qui l’on achète des bonbons. Les travaux agricoles, le travail de la terre, le linge respirant le labeur, le portrait du paysan, robuste et courageux. Tantôt en prose, tantôt en vers, l’auteur nous dévoile ses talents de poète et nous emmène en voyage au cœur de la nature. Puis les mots, ces mots qui ont une couleur, ces mots chargés de souvenirs, ces mots à la recherche du bonheur. « Quelqu’un a mélangé du soleil au grenier ; Une rose ancienne devient un sourire. Par une lucarne du cœur on voit La jolie charrette du temps passé, Avec un cheval fleuri, des guirlandes : On les tire jusqu’à aujourd’hui, on est Comme un oiseau surpris dans un bouquet. » (page 88)
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Leezie
| Envoyé mardi 24 août 2004 - 20h05: | |
dans mes bras ! très contente de partager ça avec toi moi ce qui me plaît beaucoup, c'est qu'il fait ce qui lui plaît avec les mots et les constructions de phrases, il coupe, il met bout à bout sans logique apparente il semble jouer avec la syntaxe, on dirait une autre langue, j'aime beaucoup et oui ce que j'aime aussi c'est l'introduction de vocabulaire très quotidien, d'expressions très familières, dans ses textes |
   
Leezie
| Envoyé mardi 24 août 2004 - 20h13: | |
tiens ces quelques phrases encore : "On peut évidemment craindre que s'en tenir à des fioritures Autour d'un encombrement silencieux d'organes et de sourires Ne permette qu'un long exercice de variations ternes ; Mais faut-il pas se méfier autant de croire Que l'écriture peut briller à cause de son fond mal connu Pas plus mystérieux, s'il se trouve, que le fond de la nuit? Des étoiles? Elles sont aussi banales que toucher à des sentiments sous une chemise" ("quels mots pas possibles?") |
   
Cécile
| Envoyé mardi 24 août 2004 - 23h19: | |
alors en voici un autre, rien que pour toi ! Des souvenirs de presque rien ça fait plaisir Comme un p'tit peu d'herbe, Juste assez pour s'asseoir, le monde Est tellement sans fin et compliqué autour. On va dormir un peu (oui bien sûr Des souvenirs qu'on s'est choisis; pas toujours Des fois l'herbe est dure, on dort mal.) Dans celui-ci ta remarque à propos de la syntaxe s'applique bien, n'est-ce pas ? Et tu as vu la chute ? Et ce sont des mots simples de tous les jours pour exprimer des choses beaucoup plus profondes. C'est vrai. |
   
Teri
| Envoyé mercredi 25 août 2004 - 17h03: | |
Pour répondre à la question du premier message, j'ai découvert la poésie très tard, à l'âge de 24 ans (il y a quatre ans donc) par les poètes de la Beat Generation (Ginsberg, Lamantia, et surtout Gregory Corso), ce sont eux qui m'ont donné le goût d'écrire. Vint ensuite Matthieu Messagier, qui fut pour moi plus qu'une révélation, une révolution. Il y a dans ma façon d'écrire et de lire, un avant et un après Messagier... Mon ancien site ( http://luneamere.free.fr ) couvre cette période où mon écriture s'est dirigé vers la voix... Sinon je suis tout à fait d'accord avec vous deux pour James Sacré (je suis un amateur du dé bleu... et de Valérie Rouzeau) Teri |
   
Cécile
| Envoyé mercredi 25 août 2004 - 21h05: | |
Ah ! Valérie Rouzeau !!! je l'aime beaucoup aussi ! |
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