Auteur |
Message |
   
mary
| Envoyé vendredi 30 janvier 2004 - 07h54: | |
Stan pense aux femmes La retraite est une excellente chose, par le simple fait qu’elle permet de se retirer de ce monde, de s’isoler et de contempler. Stan, lui, a passé sa vie entière ainsi «retiré » dans sa caverne. Se trouvant dans l’obligation de gagner sa vie, il se mit à travailler. Cela lui imposait de voir un peu de monde. Cette ration était plus que suffisante et même parfois abusive. Ceci dit, en jouant du piano, il regardait plutôt les partitions, son clavier ou son verre, posé toujours à proximité. Donc il pouvait réduire au minimum la contrainte de VOIR. Les rares jours où il était particulièrement communicatif, il regardait danser les femmes, tout en essayant de faire abstraction de leurs hommes. Quand il était plus jeune, il lui arrivait de sortir avec une volontaire à qui il n’était pas obliger de faire du baratin. Les mots, il les choisissait avec des gants. Il savait, depuis l’époque de la guerre, qu’un seul pouvait se révéler de trop ou que tout un flot pouvait ne rien signifier. Généralement il n’était pas obligé de séduire, cela se faisait tout seul, parfois à outrance. Sa technique était de marcher à l’instinct. Cela lui permettait de reconnaître quelqu’un sans trop d’artifices. Tout ce qui était feint se trahissait trop vite pour être intéressant C’était aussi simple que cela, on lui plaisait ou pas et il n’y avait rien à faire. Au bout d’un moment il trouvait que les femmes, malgré tout, c’était trop fatigant. En plus cela comportait des risques et des complications, car certaines avaient la surprenante envie de le revoir. Stan ne voulait pas une femme quelconque, il rêvait d’une FEMME. D’un mélange de sacré et de sensualité. Il pouvait toujours rêver. .. Se trouver devant une énigme irrésolue, un mystère, était tellement passionnant. Son regard était celui d’un enfant, il rattrapait son enfance perdue. A présent il voulait garder cette vision jusqu’à la fin de ses jours, cette vision excessive et authentique, naïve et douloureuse. Il décida d’être un fou du village et d’oser ! Survivre n’avait aucun intérêt. Soudain, l’air d'une ancienne chanson populaire lui revint. Autrefois, pour fêter le printemps, les jeunes gens des quartiers pauvres, en sortant pique-niquer, la chantaient car ils ne pouvaient guère faire autre chose C'était leurs rêves qu'ils exprimaient ainsi. Ils marchent, ils marchent ils marchent et crient nous ne voulons plus de cette vie ! Nous voulons des Roméos crient les filles Nous voulons des Juliettes crient les garçons dans cette rue jamais nous ne reviendrons ! Le soir ils rentraient à tâtons dans un état innommable car les pauvres ne sont jamais déprimés. Le privilège d'être triste n’est réservé qu'à certains. Ils peuvent ne pas avoir le moral ou la pêche, être fatigué, avoir des problèmes ou tout simplement en avoir marre. Eux, les gens de la rue, ils n’en avaient pas le droit, ils ne pouvaient pas se le permettre. Les pauvres, eux, sont forcement capricieux, vilains et malades. Avec les uns on a du tact, avec les autres des mots durs. La tolérance n'est pas justement distribuée. Stan trouvait un ersatz à ses fantasmes à l’église en la personne de la Sainte Vierge, mais elle était dépourvue de sensualité. Parfois il contemplait "Mona Lisa et son sourire, toutefois il préférait "La dame à l’hermine" sans savoir pourquoi, peut être pour ce regard détourné, cet animal dans les bras ?
|
   
Hélène
| Envoyé vendredi 30 janvier 2004 - 11h55: | |
Mary je viens de prendre un très grand plaisir à lire cette histoire. il y a tant de passages que je ressens profondément . leur écho a rebondi dans mes yeux. Tiens je les copie colle *** La retraite est une excellente chose, par le simple fait qu’elle permet de se retirer de ce monde, de s’isoler et de contempler *** Il savait, depuis l’époque de la guerre, qu’un seul pouvait se révéler de trop ou que tout un flot pouvait ne rien signifier *** on lui plaisait ou pas et il n’y avait rien à faire. *** il rêvait ... D’un mélange de sacré et de sensualité *** Son regard était celui d’un enfant, il rattrapait son enfance perdue. *** Le privilège d'être triste n’est réservé qu'à certains. Ils peuvent ne pas avoir le moral ou la pêche, être fatigué, avoir des problèmes ou tout simplement en avoir marre. *** je voudrais pourtant dire que depuis quelque temps on entend beaucoup parler de pauvres déprimés. Dans ta nouvelle on parle de l'époque de la guerre. Il y a peu de choses en ces époques là . et la moindre rend heureux , satisfait . Faut-il être privé de tout pour n'être pas déprimé ? les pauvres se réchauffent les uns aux autres aussi et n'est ce pas la plus grande source d'équilibre? ils sont désespérés surtout il me semble , quand ils sont privés d'amour , de contacts humains profonds et fidèles . c'est ce que nous a dit un guide lors d'un voyage en Inde. " ici les gens n'ont pas le temps de penser ils ont trop à faire pour manger ... mais ta nouvelle exprime encore des tas d'autres choses. merci Hélène
|
   
jp
| Envoyé vendredi 30 janvier 2004 - 12h21: | |
Mon prénom est jean-pierre, JEAN-PIERRE , pas Stan je .a n- p .i .. e ... r . r ....... e je savais pas que tu me connaissais............. |
   
Hélène qui rit .
| Envoyé vendredi 30 janvier 2004 - 14h00: | |
ah mais voilà pourquoi je me suis sentie en famille ... |
   
Jp
| Envoyé vendredi 30 janvier 2004 - 15h00: | |
........Bah! ...il y a peut-être dans le coeur de chaque homme un "Stan" qui sommeille ........mais je me demande quand même comment Mary à fait pour le réveiller aussi vite!!!!!! .......c'est peut-être de la magie ou alors Mary est un homme ....ou je suis une femme ou plus simplement elle est tombée dans un grand chaudron rempli de potion de génie quand elle était toute petite
|
   
mary
| Envoyé samedi 31 janvier 2004 - 08h15: | |
Merci, vous êtes TROP gentils !
|
   
Adelline
| Envoyé vendredi 13 février 2004 - 11h39: | |
que devient Stan en février ? |
   
Anonyme
| Envoyé vendredi 13 février 2004 - 23h44: | |
ben oui, c'est une bonne question, ça : que devient-il en février? aloooooooooors?????? racoooooooonte...... |
   
Anonyme
| Envoyé vendredi 13 février 2004 - 23h47: | |
ah !! ça y est ! trouvé Stan en février ! |
|