Billet d'humour -aphorismes-pensées
Ici dire vaut mieux
que se taire... 

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OCTOBRE  2010
Prononcer vingt-cinq aphorismes par jour et ajouter- : [Tout est là]

(Jules Renard)


par Aaron de Najran


Aphorismes de Jean-Pierre Duprey


Et le visage accroche mal - cloche à larmes

*

L'air qui te respire est de l'eau séchée.

*

DIAMANT: plainte prolongée dans l'éclatement d'un miroir 

*

- On vivait bien lorsqu'on n'était pas 

*

Et l'auteur qu’on n’entend pas, qui marche sur la tête et la secoue pour y faire descendre l'inspiration, souffle la chandelle qui nous éclaire l'un l'autre.

*

Solitude; trait d'union entre une certaine souffrance et la grande joie, elle est un visage péniblement élaboré dans le silence des bruits et le vide devant soi. Elle commence par une chute et finit à l'extérieur du temps. Et quelquefois je l'imagine sous la peau d'un animal timide qui cherche une compagnie. La nuit la suit de près...

*

- Le ciel est un pistolet chargé qui part tout seul et quelquefois la foudre est tombée là...

* 

Il y a des trous qui nous remplissent..

*

"Pour les clowns, le comique est cette pique d'angoisse qui donne son goût à la farce bien connue..."

 *

La mort est un signe double

 * 

Vie: mal d'éternité

*

"Le Printemps sera ce masque érotiquement fou, énormément houleux, éperdument confiant d'un corps à deux"

*

...Inversée la nuit me casque; inversé, je casque mon ombre... Et cette nuit-là s'appelle mon Surnombre 

*

... J'ai retardé l'heure de l'avance du Temps, c'est à dire qu'il est JUSTE...

 *

... Au reste ce monde est au complet; et si une place y reste libre, c'est que celui qui ne viendra pas l'a déjà retenue...

 *

Tombeau, des années, fermé par les dents 

* 

La fenêtre rouge ouverte sur la belle/ Est-ce ainsi que je conçois l'amour?.. 

* 

Qu'est-il plus triste au monde que de partir sans chanter

 

** Les citations ci-dessus sont extraites de "Derrière son double", Oeuvres                                     complètes (Gallimard, collection Poésie, 1999)

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Jean-Pierre Duprey (1930-1959), poète et sculpteur.
Il écrit dès quinze ans de premiers poèmes remarqués. Monté à Paris en 1948 à l'invitation d'André Breton ("Votre éclairage est extraordinaire") il participe au mouvement surréaliste. Au cours de cet été là, il rencontre Jacqueline Sénart, qui deviendra sa femme et partagera sa vie jusqu'à la fin. Personnalité tragique et indépendante, il abandonne la poésie au début des années 1950 pour se consacrer entièrement à la sculpture. Arrêté et passé à tabac après avoir uriné sur la tombe du soldat inconnu en protestation contre la guerre d'Algérie, il est ensuite interné durant plusieurs mois. Revenu à la poésie dans le plus grand secret, il se pend à la poutre maîtresse de son atelier le 2 octobre 1959.

Son œuvre poétique, progressivement mise au jour, a exercé et continue d'exercer la plus vive fascination sur plusieurs générations de poètes



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recherche André Chenet
     pour Francopolis octobre 2010
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Créé le 1 mars 2002

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