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Notre librairie compte plus de 400 auteurs. Nous vous invitons à venir la visiter. Vous y trouverez des poètes, des
nouvellistes et
romanciers, des auteurs de pièces de théâtre,
hommes et
femmes,
LES AUTEURS SÉLECTIONNÉS DE MARS 2012
Didjeko **
Commentaires sur l'ensemble de ses textes : Parmi les cinq
votants pour cette
sélection, Didjeko ne comptabilise que deux refus, le premier
concernant son troisième poème intitulé "Alors
alors". Aurore ne retrouve
pas les qualités de mise en images et en rythmes qui
caractérisent les quatre autres textes avec leur
fluidité surprenante. Michel et Gertie apprécient le rythme
saccadé, le déferlement inattendu des situations:
Dana quant à elle voit en Didjeko – un grand poète-chaman qui erre dans les entrailles de la ville et traverse les nuits sur les ailes de ses visions comme un oiseau nocturne la forêt- Laurent apprécie au plus haut point l'impression de décalage absolu avec le réel/matériel émanant de ces textes au rythme rapide et bref où les vers s'enchaînent harmonieusement mais avec vivacité. Mais il écarte le cinquième poème, car il lui manque le mode d'emploi pour le comprendre avoue-t-il. Commentaires : Texte 1 1. Quelques pieds de chiendent... Michel :
Musique
saccadée, les images se succèdent les unes aux autres.
J’aime ce style de poésie qui rappelle la peinture au couteau,
par touches mises les unes à-côté des autres et qui
donnent, une fois l’ensemble achevé le tableau définitif.
Laurent : Très beau texte, impression de décalage, onirisation de la ville. Je retiens surtout : « Qui a peur du vide ? Les masques Et ceux qui s'y confondent » Gertie : dès le début j’embarque dans sa poésie, l’image nous plante dans son univers. « Quelques pieds de chiendent Ont poussé cette nuit A l'ombre de la ville » De très belles images originales et colorées prennent racines tout au long de la lecture : « …raccordés Au battement Des ailes de la ville » et ça continue tout au long du poème… « Le vent des forêts Bruisser Le long de mes plumes » Une écriture qui nous imprègne de son univers. Dana : Je lis ce texte comme un grand poème « chamanique » narrant les errements d’un poète-vagabond – « corps étranger » – qui « pose son sac d’égo » dans les débris d’une ville endormie, où un chantier en construction s’assimile à des ruines ; l’esprit du poète se retrouve ainsi « hors d’atteinte », en même temps « à distance / de l’exil » et « à l’écart / des échappatoires », en éveil, tout en étant déconnecté de toute activité : « Intérieur / Inactif / Mode interne / Activé ». C’est l’état qui permet la transformation : « Je raccrochais / Je décrochais / Je rassemblais / Mes esprits / Peu à peu … » L’envol ne tarde pas à emporter le poète comme sur les ailes d’un aigle qui est soi-même, et quelques vers exquis nous portent au-dessus du vide coupant le souffle de cette traversée de la nuit vers l’aube d’un nouveau jour : « J'ai vu un aigle Glisser-transpercer Et j'ai senti Le vent des forêts Bruisser Le long de mes plumes Effraction de l'intensité Au travers des Débris de brume L'aube d'été Dans l'embrasure Satellites filants A la pointe du jour Vols réguliers Vol régulier Échafaudages Effilochures Qui a peur du vide ? Les masques Et ceux qui s'y confondent » Aurore : Un texte où les images sont présentes, avec une fluidité surprenante. Les constructions sont courtes, assez incisives et il n'y a pas besoin d'en rajouter. Bravo ! * Commentaires : texte 2 2. Racines Michel : Texte un peu court à mon avis, mais bien ryhmé. J’ai aimé : Se savoir arbres Un peu A l'ombre de nous-mêmes. Gertie : Oui, texte un
peu court, sa forme un peu étrange, manque peut-être un
peu de racines mais sa réflexion nous habite de même pour Aurore, un texte un peu court
mais qui joue sur les mots et la mise en page. Laurent : Là encore,
sentiment d’errance, de décalage absolu avec le
réel/matériel et Dana
déclare : un superbe petit poème dans la même
veine, le poète
« de nulle part » va « la terre à peine sous mes pieds », à la manière d’arbres flottants… se passant de leurs racines tout en s’appuyant dirait-on sur leurs propres ombres. * Commentaires : texte 3 Alors alors… Michel : Original ! RESISTER est dans l’air du temps. Le barouf tranquille, c’est bien trouvé ! Oui. Gertie : texte d’une certaine originalité et j’aime bien : « Un cyclone à la main » mais quelques rimes par ci par là… il prend des allures de slam, pas trop convaincant. Laurent : Irruption d’un langage plus « oral », une situation plus terrestre, des traces de sarcasme ? Dana : Oui, c’est presque un art poétique : « R.E.S.I.S.T.E.R / Juste au-dessus du sol Des ailes dans le dos Un cyclone à la main On virevolte et on jubile… » Aurore : résiste et refuse ce texte : différent des deux premiers, qui peut nous laisser un peu sur notre faim... La mélodie n'est pas aussi intéressante... * Commentaires : texte 4 Nous avons eu le vent du Sud Michel : Poème inspiré. Saccadé comme le premier des 5 poèmes. « Le ciel s'est égrené Le ciel s'est ensablé Le ciel a rayonné Plus d'horizon Mais le lointain » Gertie : fidèle
à lui-même, ce poème saccadé se dessine sous
nos yeux, ses coups de pinceaux bien visibles et ressentis l’absence de
phrase lui donne aussi un air de slam… même style que le
précédent.
Laurent : Grand oui, le début descriptif très réussi s’achemine peu à peu vers une réflexion plus aérienne… et l’auteur repart. Dana : Oui encore, ce poème nous emporte dans une traversée du désert, Suivre / Poursuivre /La marche sous un ciel qui s’égrène, s’ensable, jusqu’à ce qu’il n’y ait « plus d’horizon » et qu’il ouvre des mâchoires « prépondérantes / élémentaires » pour vous broyer – « la dignité / est fragmentaire » – alors qu’en intériorisant cette marche, son but lointain, « la certitude d’une porte ne suffit pas à dépasser l’épuisement » et que « l’air latérite pelliculaire colle à la peau ». Magnifique. Aurore : La structure est particulière mais cela fait un rythme agréable. * Commentaires : texte 5 Aigues vives Michel : Pas convainquant. Manque le mode d’emploi ! Gertie : Je lis, je relis… et je relis… je cherche un sens, est-ce vraiment nécessaire ? Et j’y trouve une couleur très locale, un lieu… et son odeur s’infiltre dans nos pores. Ce n’est peut-être pas un poème mais le texte tient la route. Laurent : Une énumération descriptive relativement facile, mais au final efficace. Dana : Oui enfin à ce dernier poème très symbolique qui nous introduit comme dans un rituel de purification, de mort et résurrection auprès des « aigues vives / aigues mortes », dans une psalmodie rythmée qui s’enroule comme sur « des roues / à aubes » ; une invitation à l’abreuvage mystique : « Je n’attendrai pas la pluie / pour aller chercher de l’eau ». Aurore : donne son accord sans commenter. ***
Pedro Vianna
Nouvel auteur, à Francopolis,nous vient du Brésil, poète, auteur théâtral, metteur en scène et comédien. Un texte retenu : Extrait 3 (où en étions-nous) Commentaires sur
l'ensemble de ses extraits
:
Gertie
trouve dommage de ne pouvoir prendre
connaissance de l'ensemble de ce poème fleuve dont proviennent
les cinq extraits présentés au comité de lecture.
Elle pense que cet auteur perd de sa force à cause de son style
démonstratif. Elle y distingue un genre
pamphlétaire reflétant une vision catastrophique du
monde. Malgré ses critiques quant aux longueurs inutiles elle
dit "oui" aux cinq textes.
Pour Laurent l'ensemble manque d'équilibre, certains vers sont trop didactiques, prosaïques bien que d'autres témoignent d'un souffle poétique plus léger. Il refuse le premier extrait. Aurore se rétracte bien que la démarche lui semble assez séduisante mais elle ne se sens touchée à aucun moment. Le lien, les connections sont assez difficiles à entrevoir. La musicalité est trop brute et les extraits ne sont peut-être pas assez pertinents. Michel non plus n'accroche pas: c'est long répétitif et pas plaisant à lire ni à comprendre. Dana, longue hésitation quant à cet auteur et le suivant, qui souffrent, selon moi, d’un défaut basique : le discours… qu’il soit polémique ou lyrique, Les textes s’étalent sans surprise et n’engendrent pas grand émoi, en dépit de leurs thématiques respectives, censées entraîner le lecteur (la révolte sociale et politique chez celui-ci, néanmoins, il y a chez l’auteur, un acharnement sur les mots; Commentaires : Texte 1 Extrait 3 (ou en étions-nous) Laurent : Oui, encore une fois, les
derniers vers de l’extrait
font « décoller » l’ensemble.
Dana : Des 5 extraits de ce poème-fleuve qui exprime la colère à l’encontre des profiteurs ; potentats, privilégiés, arrogants conquérants et escrocs du « capitalisme universel », je ne retiens que l’extrait n° 3, d’une part, plus court, d’autre part, plus abouti poétiquement, évoquant l’usage différent qu’il est fait du langage, entre démagogie et sincérité : c’est en même temps une belle réflexion sur la parole, et un condensé réussi du style et de la structure en triptyque de ce pamphlet : « où en étions-nous plongés dans les rêves des rêves de puissance la puissance du verbe l’enchantement des mots fascinés par le charme de la réussite du discours des deux-magots nous nous pensions sincères ce qu’eux n’étaient point raison majeure de leur succès ah les cons pauvres cons tels de petits enfants qui n’étaient pas de chœur et pourtant nous étions ensemble au-delà des vastes volutes enfumées au-delà des bruyants vigoureux décollages surpris par les mauves descentes embrumées après les cent sommets de nos vagabondages nous étions ensemble pourtant » ***
Pierre Réginald Riché alias Lebajha Fourakandya, est né à Cap-Haïtien, première publication chez Francopolis, poète, diseur, conteur, compositeur, dessinateur, enseignant. 3 textes sont retenus Texte1 (tes yeux) - Texte 2 (femme) - Texte 3 ( ADN)
Commentaires
sur l’ensemble de ses textes : Dana
ne retient que les textes 2, 3
et 6, qui
seuls se tiennent, à son sens. Elle s'explique très
précisément sur l'ensemble des textes proposés.
Plusieurs de ces 8 petits poèmes d’amour à la grâce
naïve pourraient être retenus, s’il n’y avait pas, par trop
souvent, des vers qui détonnent par leur banalité,
à la limite du ridicule (comme par exemple «
J’entre en toi / à
la conquête / de l’île au trésor »,
ou « mon
amour /
pour toi / feu dévorant / à incendier / toute une ville
», ou enfin «
J’ai appris / que le salut / vient de la femme »…).
Dommage car dans les mêmes poèmes on peut aussi trouver de
beaux vers (comme par exemple :
« ton corps / la sève et le sel / du poème »).
Dommage aussi qu’une belle idée, celle du dernier poème,
soit exploitée de manière tellement
répétitive et prévisible qu’il est
rébarbatif de citer le texte entier
(«
Tu es la langue des
fleurs Je te parle pour parler aux fleurs » et ainsi de suite en remplaçant « fleurs » par la série obligée « plantes », « oiseaux », « vent », « feu », « eau », « terre », « dieux », pour arriver, bien sûr, à l’amour : « Tu es la langue de l’amour Je te parle pour parler d’amour »). Un oui à
tous les textes pour Michel,
pour qui cet auteur est un
coup de coeur: Tous ces textes peuvent être reliés dans un
même poème d’amour avec des réussites plus ou moins
marquées. De magnifiques moments comme :
Tes yeux ou ruissellent Les sept couleurs De l’arc-en ciel Aurore éprouve des
sentiments mitigés: poèmes
qu'elle juge trop simplistes, avec de trop nombreux clichés.
Elle accepte cependant de préserver le même qu'ici haut et,
"Femme Au goût d’évangile..." Gertie : Ce
qu’il est amoureux cet auteur ! Comment être contre un tel
sentiment, chaque déclaration d’amour porte son poids de dit et
de redit
parfois et l’originalité en prend pour son rhume. Ces 8 courts
poèmes ne sont
en fait qu’un seul long poème !
"Ton intimité Me reçoit Sans passeport Sans visa Sans carte d’identité" parce ce que
l'amour y
voyage sans contrainte ni formalité. En ce qui concerne les
autres, elle ne peut s'empêcher de sourire gentiment à
cause de la belle naïveté qui s'y exprime. Toujours avec le
sourire elle s'en tient aux textes 2, 3 et 4, sans plus.
Commentaires: texte 1 Texte 1 (tes yeux) Gertie : oui… il me fait sourire, quelle belle naïveté ! Dana : poète de
l’amour, une grâce naïve des images, qui, à force de
pratique et de distillations, peuvent donner de la poésie; je
les ai donc finalement retenus, avec une sélection des meilleurs
fragments.
Aurore
donne son accors
sans plus. Commentaires: texte 2 Texte 2 (femme) Gertie donne
un petit oui. Il est
en transe cet auteur. Son amour est plus fort que sa poésie.
Laurent refuse : même si j’aime assez « femme au goût d’évangile ». Dana donne son accord justement pour « femme au goût d’évangile » ses 2 vers préférés, qui réellement sortent du lot Aurore, un peu cliché mais un peu de romantisme fait du bien ! Le rythme est " enlevé ". Oui. ** Texte 3 ( ADN ) Gertie : petite trouvaille qui me fait sourire. « l’ADN De mes bouts De phrases » Laurent :
Ce texte-là détone par ses métaphores plus
originales, moins habituelles… et se laisse prendre par le même
extrait: « l’ADN
de mes bouts de phrases ». Dana trouve
que le tout
se tien d’un bout à l’autre
***
Kader Rabia Une découverte pour Francopolis, vient d'un village de Kabylie. DEA en littérature pour devenir barman, puis ouvrier polyvalent dans le Bâtiment en France. Il nous offre ici 5 textes. 1. De ton manteau seul je me couvre - 2. (Venus de loin) 3. (dans mon pays) - 4. (tôt) - 5. (le poète) Commentaires sur l'ensemble des poèmes. Michel prend les cinq poèmes et en retient des moments forts comme: "Et des syllabes voyageuses
Michel : Assez épique,
inspiré, dans un long mouvemet de colère contre cette
ville, je ne sais pas laquelle. De beaux moments de pure poésie :Infatigable joueur d’instruments tristes Caresse permanente des nids à venir" Gertie est portée par la verve poétique de Kader Rabia mais elle ressent une instabilité profonde quant à l'ensemble des textes sélectionnés. Elle aime son style, ses métaphores, la force de son souffle. Les trois premiers textes elle les commente avec ferveur. Les deux derniers lui paraissent plus faibles même si l'écriture et les idées exprimées tiennent bien la route... Dana avec le souci du détail qui la caractérise développe ses choix: Je m’empresse de reprocher à cet auteur une seule chose: de « nationaliser » son désir de liberté… (dans le texte n° 3, le vers : « et ce désir algérien timide mais indomptable pour la liberté »). D’abord, cela ôte toute surprise au texte lui-même, le plaçant dans un contexte historique, politique, patriotique, qui occulte la portée universelle de l’élan sous-tendant ce beau poème ; ensuite, parce que, en toute rigueur, le désir de liberté n’a pas à être qualifié par nationalité… Enfin, poétiquement parlant, c’est maladroit. Un révolté, un « individu en alerte » qui « brode des syllabes contre la peur », et se retrouve ainsi dans le pays des poètes tout en pensant, avec humilité, ne pas en être un. Sinon j’ai aimé l’ensemble des textes. Quant à Laurent, il n'émet aucune réserve, il prend tout de son auteur préféré de la sélection… des images fortes, un rythme puissant, un engagement bien mené. Et un coup de coeur pour Aurore. Commentaires: texte 1 De ton manteau seul je me couvre " Je tourne en rond sur moi-même Terre chassée par son soleil Dans les murs d’exil en cette ville Je dépose ma nostalgie en fragments " Par contre, d’autres, émaillés de gros mots, rabaissent le poème. Gertie donne
son accord,
un très long texte et pourtant on reste accrochée
à sa réflexion, ses découvertes et on se surprend
à marcher à ses côtés. Très belle
poésie, le rythme bien marqué, on avance dans sa ville…
avec plaisir.
Laurent : Grand oui, rythme haletant, frénétique tout en étant mélancolique, tantôt rageur et résigné, férocement triste. Superbe ! Dana apprécie aussi bien la veine polémique, colérique, persifleuse du 1er texte – panorama d’une « ville allumeuse mais infidèle » – que la veine tragi-comique et Aurore aime beaucoup les sens cachés, une sensualité extrême où toutes les perceptions sont exacerbées. J'aime beaucoup : " ... Dans les murs d’exil en cette ville Je dépose ma nostalgie en fragments Et dans le creux de mes rides Résistent les dernières rimes..." De très belles images, touchantes et profondes.
Il y a des mots
plus percutants que d'autres qui donnent un rythme encore plus
saccadé. C'est généreux...
** Commentaires: texte 2
(venus de loin) Michel
:
J’adore ! En peu de mots beaucoup de choses sont dites. Même
chose pour Gertie : Oui.
À peine quelques mots et pourtant le souffle passe. J’aime sa
finale. Et Laurent : Texte
court mais d’une grande beauté, et d’une sagesse à la
hauteur…
** Commentaires: texte 3 (mon pays) Michel : Oui, sans
retenue. Il nous parle d’un pays lointain avec tant de poésie
que nous sommes touchés.
«
Il va et vient Gertie : Oui. J’aime beaucoup ce style, ses métaphores, sa façon fort originale de nous parler de son pays… très belle poésie, il sait emboîter les mots. Laurent : oui. De la grande poésie engagée qui évite soigneusement d’être trop évidente, trop directe, sans que cela nuise à son impact. Dana : ce texte représente un vrai chef d’œuvre du genre complainte, du ton ricanant « Dans mon pays On a tout supprimé Sauf le grand rire de l’âne » – jusqu’au chant de rossignol, qui s’élève après tout, indomptable, justement, tel le désir de liberté: Meurt et renaît Et jamais son chant ne finit ». Aurore : Sous des notes d'humour, on sent encore ici une profondeur charmante, les mots sont maniés avec habileté. ** Commentaires: texte 4 (Tôt) Michel : Oui après reflexion. Moment réussi : « Et des syllabes voyageuses Infatigable joueur d’instruments tristes Caresse permanente des nids à venir » Gertie : Oui. Bien que cette répétion du tôt me dérange un peu beaucoup et que ce texte me semble plus revendicatif, défensif, plus descriptif que poétique… il tient la route mais cadre mal dans l’ensemble de sa poésie présentée. Laurent : oui. Superbe résumé introspectif, bilan extatique et sobre, plaidoyer pour choses vraies et simples, par opposition aux chimères dénoncées dans les textes précédents. « Tôt bâtisseur comme ça vient De la chaumière ancestrale Tôt planteur et arracheur Des fèves et de l’oignon Compagnon de l’olivier qui pousse Du petit fleuve qui nourrit » Dana : des « arts poétiques » nous révélant un poète-prophète, « pépin germé dans la boue » : « Poète pour gueux et fils de gueux Prophète au message à écrire ». Oui, et encore oui : la colère n’est pas étrangère à la poésie, au contraire ; il faut seulement qu’elle soit féconde. ** Commentaires: texte 5 (le poète) Michel : Oui. Petite réflexion sur lui-même, sans prétention.
« pas
poète
Laurent : Oui.
Et ce texte 5 offre une belle conclusion à
tout ce qui précède, humble et sophistiqué,
complet, une belle profession de
foi : « Je
brode des syllabes contre la
peur
Dana :
Ici,
c’est le cas, et le poète qui ne se dit pas
l’être le sait bien :
***
Norbert Paganelli Il s'exprime dans la langue du sud insulaire, plus âpre et plus rugueuse que celle du Nord de l'île, à partir de 1970, il choisit de s'exprimer dans sa langue maternelle. Nouvel auteur chez Francopolis. 5 textes retenus à l'unanimité. 1- Primu viaghju/Premier voyage - 2- Altu cantu/Haut chant - 3- Virità/Vérité 4- Omu è omini/Homme et hommes - 5 Puisia è virità/Poésie et Vérité Commentaires
sur l'ensemble de ses textes :
Laurent
dit oui à tous les
textes de cet auteur, simples et beaux, complexes dans l’idée
mais fluides dans la forme et le délié. La
réflexion, la sagesse des choses simples confère à
ce poète, un point de vue détaché et
tolérant une hauteur caractérisant la grande
poésie.
Michel reconnaît là toute la force des chants corses. Pour lui, le poème vérité (le troisième) est le plus réussi en raison de la force de concentration qu'il recèle. De tous les auteurs présentés ici, Dana donne sa préférence au poète qui a reconquis sa langue natale : ...mon coup de cœur de cette fournée. J’ai aimé tous les 5 poèmes et surtout de pouvoir les apprécier dans leur langue d’origine, le corse, ainsi qu’en français ; on sent bien qu’il ne s’agit pas de traduction mais de poèmes parallèles qui portent la même puissance génuine, originaire, des mots dans les deux langues. Elle retient de lui des vers inégalables comme: « Coincés entre deux éternités Nous ne pouvons marcher qu’en boitant » Chaque poème se suffit à lui-même. Elle adhère complètement à cet art poétique si sobre, si humble, si personnel et impersonnel à la fois . Pour ce poète si près des vérités essentielles " la poètesse est la langue ". Dans un premier
mouvement, Gertie
aime les écrits de cet auteur
au-delà de toute logique et de toute raison:
Est-ce le fait que cet auteur écrive en français et en corse que je suis sous son charme? J’aime entendre la langue corse, surtout ses chants… et j’aime en général la culture corse, leur façon de vivre… puis de par ma nationalité (québécoise), nous avons une affinité spéciale avec les corses… difficile pour moi d’être pleinement objective. OUI, JE suis sous le charme de cet auteur. J’aime cette écriture simple et forte, engagée même. Une très belle découverte, mon coup de cœur. Sa poésie a des airs de Miron. Elle retrouve dans cette langue simple mais savamment élaborée une vérité qui dépasse le seul individu. Elle reçoit le poème: "Altu cantu / Haut chant" comme un cri, une revendication, un droit à la différence et une belle description de ses racines. Et je m’y reconnais dans son texte, la langue n’est pas juste une façon de s’exprimer, elle est la glaise qui nous façonne. Commentaires: texte 1 Primu viaghju/Premier voyage Michel : Les mots
sont forts ; le caractère
entier.
Laurent : Invitation à un voyage qu’on imagine davantage intérieur qu’extérieur, présence rassurante de la route… Dana : Une entorse à la métaphore de la route : appelée par le chemin, mais chemin soi-même, et plus que cela, œil visant le but du chemin, pourtant ne conduisant pas, mais plutôt suivant, poursuivant le marcheur, « Comme l’affamé Poursuit le pain » car
d’une certaine façon, le marcheur est son propre but, son
propre pain
d’eucharistie, s’il veut bien écouter son Eurydice d’ombre, la
muette
sœur-compagne se faisant route sous ses pieds.
** Commentaires: texte 2 Altu cantu/Haut chant Michel : On reconnait
là toute la force des chants corses.
Gertie : Je reçois ce texte comme un cri, une revendication, un droit à la différence et une belle description de ses racines. Et je m’y reconnais dans son texte, la langue n’est pas juste une façon de s’exprimer, elle est la glaise qui nous façonne. « … langue populaire Vieille cousine de l’eau et de la terre… langue qui va Par les routes d’avril » Laurent :J’aime cette
réflexion brève sur les racines, la manière dont
elles se transforment, dont on cherche parfois à les contrarier
ou à les figer, et le langage comme forme de résistance.
Dana : Profession de foi : la poétesse est la langue… une langue vernaculaire, « Vieille cousine de l’eau et de la terre », grande voyageuse « Par les routes d’avril », se mouvant en lamento qui porte sa propre histoire, antique et nouvelle, « Un chant haut et fier », comme un étendard pour « Qui veut vivre dehors ». Grand vent qui nous vient de loin… ** Michel
: À mon avis le meilleur par sa force ramassée. Gertie : Oui pour la force de ce
texte en si peu de mot, il nous donne toute la vérité de
son peuple. Cet auteur maîtrise très bien sa plume et sa
pensée.
Laurent : Jolie saynète, un instantané qui parle à chacun, et toujours ce lien entre passé et avenir, la sagesse des choses simples… Dana : La vie, c’est une vérité tout simple, « Que tout le monde peut apprendre », inchangée depuis l’antiquité :
Commentaires
: texte 4 Michel : La chute est
réussie. Grande force et qui montre à merveille ce
peuple. « Coincés entre deux
éternités
Nous ne pouvons marcher
qu’en boitant » Commentaires : texte 5 Puisia è virità/Poésie et Vérité Michel
: Grandiose poésie qui claque au vent, qui interpelle comme une
profession de foi.
«
Ma chanson n’est
à personne
Gertie : Texte plein de générosité et de liberté… de respect. Une belle simplicité. J’aime son appui sur une citation au début et j’aime bien la finale : Elle n’a ni port ni maison Elle n’a ni tort ni raison » Laurent : Ici aussi, une
très pertinente profession de foi de l’art du poète, du
chansonnier, avec le recul, le point de vue détaché et
tolérant des poèmes précédents, celui de
notions, de « forces
» plus hautes que celles des simples hommes que nous
sommes ?
Dana : C’est un poème qui se dispense presque de commentaire, tellement il se suffit à lui-même. J’adhère complètement à cet art poétique si sobre, si humble, si personnel et impersonnel à la foi : « Si ma chanson chante clair Emportez la avec vous dans la poche du veston Ou sous votre mouchoir Chantez la si vous voulez Oubliez la si bon vous semble Si ma chanson ne chante pas Brûlez la vous-mêmes Jettez la dans ces ronciers Et mettez y le feu » Le lecteur, sans façons, est invité à participer à l’acte créateur : « Ajoutez y ce que vous avez Arrangez remuez Selon votre désir » La poésie devient alors un don universel : « Ma chanson n’est à personne Elle n’a ni port ni maison Elle n’a ni tort ni raison »
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Créé le 1 mars 2002
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