(1)
J’ai jeté mes poèmes à la
volée
Le vent m’a dit
“ Suis-les
Vous n’avez servi à rien “
(2)
Le ciel était si beau et si
belles les fleurs
Elle le prit par le bras
Pas à pas
Ils allèrent au-devant de
la lumière du monde

(3)
Aussi hauts que des roseaux
Des rideaux de glaïeuls
Semblaient hurler dans la
clarté
Entre lumière et fleurs
Elle était
là...triste...rigide...terrifiante
Où ses enfants étaient-ils
encore ?
Cachés
Coupables de rien
Seulement d’exister
(4)
Ce matin, j’ai marché
Seule
Avec toi dans mon cœur
(5)
Une poignée de cendres
Et dans le ciel
S’envole une semaille
J’ai choisi le vent
Et pour tombeau le vide
(6)
Il allait comme un oiseau
Sautillant dans le
sous-bois
Une brume pourpre annonçait
les bourgeons
Ma robe était de fleurs
J’avais grandi d’un an
L’hiver faisait place au
printemps

(7)
Ils semblent dormir
Je vais les laisser voir le
soleil une fois encore
Côte à côte, innocents
Ils sont le sel de la terre
Et la lumière du monde
(8)
Les goélands se sont tus
Le ciel s’est épaissi
Sur la mer
Déjà
Les déferlantes debout
S’emparent de la barque
noire
(9)
Je suis bien avec toi
Me dit-il
Mon amour se noya dans le
gris de ses yeux
(10)
Sur ma lèvre fendue
Le sel de ta souffrance
©Annie Deveaux
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