JE DÉFIE LA MORT
Je défie la mort et tous ses sortilèges.
Une légère brise caresse ma chevelure d'ébène. Il pleut.
Le soleil s'est enfui avec ma liberté.
Mais j'irai la reconquérir.
J'irai, au galop, sur mon cheval de jais, je naviguerai sur
les vagues ténébreuses d'un destin rebelle. Et une fois l'enfer embrassé,
j'avancerai pas à pas sur les braises brûlantes, sans jamais rebrousser
chemin. Je décrocherai l'avenir à la voûte étoilée. Des constellations
d'espoir luiront jusqu'à la dernière heure dans mon regard de panthère.
La mort vaincra, comme l'exigent les lois du monde, mais
j'aurai, jusqu'à mon dernier souffle, embrasé le chaos d'une rage de vivre
insolente, d'une étincelle d'éternité.
VIS !
Vis, comme si c’était la fin des
temps,
Comme si tu venais de renaître à la
vie,
Comme s’il ne restait que quelques
grains d’étoiles
Pour éclairer tes larmes d’éclats
infinis,
Comme si tu cueillais le tout dernier
regard,
Comme si tu vibrais du tout dernier
amour,
Comme si tu humais la dernière aube
claire
Et la brume infusée d’essences de
glycines...
Vis,
Tu n’auras pas de seconde chance,
Le drap noir du néant s’abattra tôt
ou tard
Sur tout ce qui te faisait croire en
ton destin...
Vis,
N’attends pas,
Eteins le feu des guerres,
Toute haine est bonne à fuir.
Vis ta vie, fais l’amour, et brûle
tes passions.
Vis plus que jamais, avant que ton
temps ne s’éteigne,
Tes yeux, comme tant d’autres avant
toi, se fermeront un jour,
Savoure à chaque instant la joie
d’être encore en vie :
N’oublie jamais la saveur de l’aube.
FLEURS DE PASSION
Garder au cœur des fleurs de passion
inaltérables
À l’abri
de l’écorce gelée des ténèbres,
Des
pétales de feu qui renaissent de tous les drames,
Des
soleils de sève brûlants d’éternité.
ANTIDOTE
Et toi tu vis en parallèle
Nous sommes rescapés de la même tornade
Tu me
lis entre les étoiles
Tu
détiens le secret de l’antidote à ma folie
Je suis
ta folie
C’est
tout sauf de l’amour,
C’est le
Tout, c’est l’Amour,
Tu
m’attends
Mais tu
ne le sais pas.

PRÉSENCES
Un chien et son maître jouent à attraper
des nuages de neige.
Le chien
sourit.
Son
pelage s’ébroue au soleil...
Cette
épaisse fourrure de douceur qui enveloppe son cœur dévoué...
Les deux
êtres échangent des regards complices
Sous un
ciel orange teinté d’éternité.
Bientôt
tous deux seront évadés
Dans le
monde pâle des fantômes,
C’est
comme si c’était déjà fait...
Et dans
l’air empli d’un soudain parfum d’insouciance,
Un jour
un enfant passera et se souviendra de leur présence.
AUBE EN GRAINS
Quelques grains de soleil
Broient
tous les crépuscules
L’aube
renaît radieuse
Plus
forte que jamais
Comme un
café brûlant
Exhalant
les parfums
Des
souvenirs d’été.
ARDOISE DE VIE
Ce qui compte au final,
Ce sont
tous ces instants où l'on a vécu à en mourir d’extase,
Où l'on
a aimé à en détester l'amour,
Où l'on
a bu à en assoiffer l'océan,
Où l'on
a respiré à en avaler les nuages,
Où l'on
a espéré à en assécher l'espoir,
Où l'on
a vibré à en provoquer des séismes,
Où on a
savouré à s'en brûler les papilles,
Où l’on
a été généreux à s’en oublier soi-même,
Où l’on
a ri en s’en décrocher des larmes,
Où l’on
a contemplé à s’en user les yeux,
Où l'on
a rêvé à en faire naître des mirages.
Tout le
reste,
On peut
l'effacer :
C'était
du remplissage.
DRAPS BRÛLANTS DE NUIT
Laisse-moi avancer dans les draps
brûlants de la nuit,
J’ai un compte à régler avec la mort
Je dois vivre mille vies
Et je cueillerai ces mille sourires
aux frontières de l’insomnie,
Je savourerai encore
Ces pistils d’extase et ces regards
de lumière,
Ces cœurs en cendre...
Comprends-moi roi des nuits...
J’ai un compte à régler avec la vie.
APOCALYPSE
Tu verras elle sera belle notre
apocalypse,
Vois, le ciel déjà a mis son costume d'or
pour la prochaine éclipse,
Les clématites s'embrasent,
L'eau se pare de feu,
Oublie les nuages qui menacent,
ignore-les, c'est mieux.
Tu verras elle sera belle notre
apocalypse,
Elle sera comme il est impossible de
l'imaginer,
Teintée de parme et de mystère, d'étoiles,
de mille délices,
Fleurie de mille fleurs dernières
S'ouvrant devant la Voie lactée...
Elle sera lumineuse comme nos regards
Embrasés d'or et de violine à l'approche
du dernier soir,
Elle sera sublime comme l'ultime amour
Celui qui offre face au néant sa dernière
lueur de jour,
Elle sera ce mélange de soir mauve et de
feu doré,
Ce soleil qui nous sourira avant de
s'évaporer,
Elle sera cette fusion de nous deux
Face au tout, face au néant, notre plus
bel Adieu.
STEPPES DE LUMIERE
Ce matin j’ai décidé d'ouvrir la porte de l’infini,
J’aperçois au loin des steppes parsemées
d’étoiles,
Le temps a disparu ou peut-être est-il
fondu à l’existence-même,
La vie semble avoir épousé à la fois
l’ombre et la lumière.
C’est comme si le bien et le mal vivaient
en harmonie
Dans une contrée étrange située hors
référentiel,
Dans cette évidence de lumière qui se pose
au sommet des collines.
C’est cette impression étrange de renaître
à la vérité,
La vérité immense et impalpable,
Celle du silence qui dit toute la
beauté
Du visage de l’Espoir qui luit et règne
sur le chaos.
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