SOUFFLE Y V E S H E U R T E |
"L'orage est mon domaine, et quand le vent se lève, mon âme tourbillonne !"
Beethoven
Les jolis vents valsent entre eux. Tramontane et mistral, autan avec brises en vergers. Troussés en cotillons, les nuages découvrent le sexe des anges. Parfois un cyclone au nom poétique de Léda ou d'Eurydice dégringole les étages tandis qu’un peu plus bas au vent discret des corbeilles de bourses meurent cent mille enfant de faim.
*
Aux corps de femmes il faut donner
le temps des feuilles qui s'étirent
le temps du vent pour effeuiller.
*
Cherche en toi la Mer,
aime-la.
A la nommer, ton Verbe
ressuscitera.
Trouve en toi la femme
consume-la.
A la chanter ton Verbe
ressuscitera.
Ne crains jamais ta Nuit.
Peuple-la.
A l'abjurer, ton verbe
ressuscitera.
Vis bien ta mort.
Habille-la de mers
de femmes et de nuits.
Que le Verbe en survive.
*
Dansez donc, mais dansez
dans la légèreté
ivre morte des temps!
*
L'enfant des ruines
L' enfant des ruines
ne pleure plus.
Il tient l'oiseau tué par balle
perdue.
Au ciel volaient bien plus de balles
que d'oiseaux.
*
Le désert me doit tout
mon pas, mes chants de gloire
et le sceau du néant
brisé sur mes genoux.
Je suis sa seule histoire
et reste son seul fou.
Exécution
Tout était en ce mot qui serait le dernier,
comme le vent des dunes emporte
un seul grain vers la mer:
Liberté!
*
Le vent, rien ne lui pèse. Ni le nuage ni l'oiseau, ni la pluie ni même l'éclair.
Seules l'incommodent les fumées des crématoires.
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L'œil du cyclone est centre ville
quand autour des banlieues
le vent romps les pavés
la mort hurle à la rue
ses tornades d'affiches
ses slogans, ses misères.
L'œil du cyclone est centre ville.
Ici, calme plat, pas un cri,
Nous, nous sommes parés.