Revues papiers, |
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Regard
sur l'écriture - Soleil et Cendres - Au coeur du cri... et plus
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Lucile Bernard "Dernières nouvelles avant le jour" aux Éditions L'Harmattan recherche Ali Iken ![]() Lucile Bernard est née
en France et vit au Maroc depuis
bientôt douze ans où elle œuvre pour le rapprochement et
le dialogue entre les
cultures. Ecrivain(e), fondatrice du Centre de Créatin
Artistique Riad Sahara Nour à Marrakech Dernières nouvelles
avant le jour Collection Amarante « Il fait noir là-dedans. C’est comme un puits sans fond, gavé de silence. J’ai peur. Pourtant, quelque part au milieu de toute cette nuit, entre les planches de ce qui était hier encore une fenêtre, un infime rai de lumière troue l’obscurité. De toutes mes forces, je m’y accroche pour ne pas me faire engloutir par les ombres de l’enfer, c’est ce qu’ils ont dit, mon père, ma mère, mes frères, mes oncles en m’enfermant dans ma chambre et en me rouant de coups. C’était il y a cinq ou six jours peut-être, je ne sais plus… » Dix-sept voix surgies des profondeurs du silence, dix-sept courts récits où se croisent la vie, la mort, la haine et l’amour, toute la fureur de vivre, forment la trame de ce recueil. Avec Dernières nouvelles avant le jour, Lucile Bernard nous entraîne dans une traversée initiatique où la violence et la cruauté des hommes se heurtent à la lumière obstinée de l’innocence et à la force rédemptrice d’une nature matrice et vierge, mère du monde. Dans ces nouvelles, l’auteur « témoigne de la réalité de son temps où l’insoutenable se mêle à des galops d’humour, parfois grinçants, et à l’émerveillement, sans cesse renouvelé de toute la beauté du monde. » (Lisa Cligman Mizrachi) Voir son entrevue sur
le site des Éditions de L'Harmattan.
Extrait de Zahra ou le silence des oiseaux« Te souviens-tu ? C’était une chanson de Léo Ferré, je la chantais tout le temps. Tu m’accompagnais parfois en jouant du piano. Tu t’asseyais sur ton vieux tabouret rouge, déglingué, tu me regardais, me souriais et on partait à chanter comme ça, tous les deux, des nuits entières. On oubliait tout, même cette foutue guerre qui n’en finissait pas. On chantait au milieu des bombes qui n’arrêtaient pas de tomber, au milieu des morts, au milieu des cris, du ciel en feu. On chantait pour se sentir encore debout, pour se sentir vivant, résistant à l’inhumanité. » (extrait de L’amour n’a pas d’âge)
« Alors, au milieu de toute cette nuit, s’il m’est permis encore
de
rêver, laissez-moi courir, pieds nus, sur la mousse des
forêts, m’étendre sur
le dos des rivières, bondir d’une secousse d’échine, au
milieu des champs en feu
des coquelicots. Laissez-moi tournoyer sur la cime des arbres, les
ailes
offertes au vent, ivre de liberté. Laissez-moi contempler le
voile fin de
l’azur, la course des nuages. Laissez-moi entendre la respiration du
ciel, le
battement du cœur de toutes les étoiles… S’il m’est permis encore de rêver, laissez-moi oublier toute cette nuit autour de moi, laissez-moi oublier la honte, l’humiliation, la mise à mort de l’enfance. »
Dernières Nouvelles Avant le Jour, Lucile Bernard
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Créé le 1 mars 2002
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