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Dialogue sur la poésie entre Monique W. Labidoire et Alain Duault*

* Alain Duault - Monique W. Labidoire, Dans le jardin obscur.
Libre conversation sur la poésie, Le Passeur Éditeur1, octobre 2014


présentée par
Dana Shishmanian


Ce livre ouvre un espace de communication entre deux voix, deux poètes qui s’accordent sans se confondre, dans un riche et harmonieux dialogue, rythmé par des poèmes, autour de la poésie et de ses enjeux en ce monde – ou en d’autres… Que dit-elle, si jamais elle dit quelque chose, ou sinon qu’interroge-t-elle, que veut-elle, que peut-elle, où mène-t-elle ?  Et quelle est la vocation du poète ? Cet espace d’échange entre les deux poètes – qui « depuis des années, ont entamé un dialogue continu, construit au fil de conversations impromptues, de connivences et de lectures croisées » – devient aussi le nôtre, car il s’ouvre en nous, comme notre propre espace de réflexion. Non seulement sur la poésie, mais sur les éternelles questions du sens de la vie, du pouvoir et aussi, du devoir de conscience face au mal, face à l'action personnelle possible, et enfin, de la place de la beauté en ce monde. Ce monde peut-il être sauvé par la beauté, comme le suggérait Dostoïevski et le mérite-t-il ? Des questions qui « peuvent nourrir la pensée et les lectures de ceux qui se préoccupent de poésie. Un dialogue ouvert, comme pour continuer la conversation avec d'autres lecteurs... »

Parmi les beaux poèmes qui ponctuent ces dialogues se répondant d’un poète à l’autre comme des échos par-dessus une forêt de signes, j’ai surtout envie de citer ce texte emblématique de Monique W. Labidoire qui m'apparaît comme un véritable art poétique :

« Absolue l'île quand le frisson prend corps et que la main trace ses libelles d'espérance. Cernée de vols d'oiseaux comme idéogrammes sur le ciel, baignée de vagues lyriques en appel de terre, jamais guérie d'une blessure endémique, en rupture avec le littoral embrumé par la distance, elle interroge l'horizon et la falaise. Esseulée, la solitude prend acte d'un devenir rêvé et chemine vers un espace sans limites.

Les mots peuvent alors s'écorcher aux ronciers sauvages et initier un dialogue fécond au goût d'algues et de coquillages.

Isola madré quand l'enfant se retire du flot fœtal et détache dans un cri le cordon de la terre mère ignorant de toutes rives futures les solitudes et ne gardant en mémoire que le goût du lait. Souveraine cette terre de mots à naissance volcanique fixée dans la langue, à la dérive de tous les sens, touchée au cœur peut-être, lasse parfois mais combative jusqu’au sang même de son exil.
»  (L'île poème, pp. 11-12)

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De ce livre de dialogues qui se lit comme un roman tant la quête est intense, j’ai choisi pour les lecteurs de Francopolis de partager quelques fragments qui me semblent toucher la corde la plus sensible des deux poètes : celle du questionnement autour de la création poétique, questionnement sur la beauté face au mal. Les références à  l’histoire étant, bien sûr, évidentes.

Vous trouverez ce dialogue dans notre Rubrique Gueule de mots,
Où les mots cessent de faire la tête et revêtent un visage...
Libre parole sur...  la poésie entre Monique W. Labidoire et Alain Duault
(décembre 2014)


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Monique W. Labidoire, née de parents hongrois, a vu sa vie de jeune poète bouleversée par sa rencontre avec Guillevic, qui la considérait comme sa fille adoptive. Infatigablement attachée à la diffusion de la poésie, elle anime plusieurs associations, forums et revues. Elle a publié une vingtaine de recueils ainsi que plusieurs essais critiques.

Bibliographie :
Solitudes, Debresse, 1961.
Le Maillon, la chaîne, Chambelland, 1964.
Saisir la fête..., Chambelland, 1967.
Arythmies, Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1978.
Cassures, Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1983.
Géographiques, Le Milieu du jour, 1991.
Natures illimitées, Le Milieu du jour, 1995.
Triptyque, La Bartavelle, 1997.
L'Âne et la myrtille, La Bartavelle, 1999.
Mémoire du Danube, La Bartavelle, 2000.
L'exil du poème, Librairie-galerie Racine, 2001.
Jardin dans la presqu'île, A. L. Benoît, 2001.
Épeler le monde, Librairie-galerie Racine, 2004.
Peuplement de la parole, Éditinter, 2004.
Lointaines écritures, Editinter, 2005.
Soudaines sources, Sac à mots, 2006.
S'aventurer avec Guillevic, et neuf poètes contemporains, Éditinter, 2006.
Le Chant de l’ange : Budapest, Encres vives, 2009.
Requiem pour les mots, Éditinter, 2009.
1942, une enfance et un peu plus, Éditinter, 2010.
Mémoire d'absence, Éditinter, 2010.
L’intimité du poème (poèmes), préface par Alain DUAULT, Sac à mots édition, 2014.


Présence à Francopolis :
Rubrique: Libre parole à... Monique Labidoire (janvier2014)
Article dans Vie-Poète sur Charles Dobzynski


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Alain Duault est spécialiste de la musique à la télévision et à la radio [France 3 et Radio classique), dans la presse, au cinéma, sur Internet, à travers des livres. Il est aussi un poète reconnu, qui a obtenu plusieurs prix dont le Grand Prix de poésie de l'Académie française et le prix Mallarmé.

Bibliographie sélective : Poésie

Ressources, Encres vives, s. d.
Prosoésie, P. J. Oswald, 1967.
Soif de soifs, Encres vives, 1969.
La Mort blanche, Encres vives, 1970.
Tresses, Encres vives, 1971.
Rêve, mort, Encres vives, 1972.
Tuerie, Génération, 1972.
Linges, Génération, 1974.
Colorature, Gallimard, 1977.
Le Jardin des adieux, Gallimard, 1999.
Où vont nos nuits perdues, Gallimard, 2002
(grand prix de Poésie de l'Académie française).
Les Sept Plaies, La Chouette diurne, 2003.
Nudités, Gallimard, 2004.
Des froissements discrets, Encres vives, 2005.
Une hache pour la mer gelée, Gallimard, 2006.
L'Effarant Intérieur des ombres, Gallimard, 2008 (prix Omar Khayyam).
La Lune dans les genoux, Le Renard pâle, 2008.
Hymne à la mer, Le Renard pâle, 2009.
Hymne à la nuit, Le Renard pâle, 2010.
Hymne au sexe, Le Renard pâle, 2010.
Ce qui reste après l'oubli, Gallimard, 2010.
Hymne à la mort, Le Renard pâle, 2011.
Hymne au ciel, Le Renard pâle, 2012.
Les Sept Prénoms du vent, Gallimard, 2013 (prix Mallarmé).


1. Le Passeur Éditeur

Dans le jardin obscur-Labidoire/Duault

présenté par Dana Shishmanian
Francopolis décembre 2014

 

Créé le 1 mars 2002

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