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GUEULE DE MOTS
Cette rubrique reprend vie en 2010 pour laisser LIBRE PAROLE À UN AUTEUR...Où les mots cessent de faire la tête et revêtent un visage... libre de s'exprimer, de parler de lui, de son inspiration, de ses goûts littéraires, de son attachement à la poésie, de sa façon d'écrire, d'aborder les maisons d'éditions, de dessiner son avenir, nous parler de sa vie parallèle à l'écriture. etc
Ce mois-ci la parole est donnée à Hélène SORIS. Son royaume est la poésie. Une poésie limpide, fluide, naturelle, instinctive, sans heurt ni opposition. Elle est poète comme d’autres peuvent être fleuriste ou aquarelliste.
Sa poésie se nourrit de la nature, de la douceur de vivre, de
l’amour entre les êtres ; sa poésie repose, apaise,
réconcilie avec soi-même. Avec des mots simples mais
choisis, un style qui lui est propre, pendant des années,
Hélène Soris a été un des piliers de
plusieurs sites littéraires sur le Net
où de nombreux fidèles n’ont cessé de la lire et d’aimer son inspiration et sa manière d’écrire. Elle est aimée par ceux qui la lisent. (Michel Ostertag)
HÉLÈNE SORIS : UNE VIE DE POÉSIE J'aime
écrire, mais pourtant pas de façon
régulière. Depuis longtemps je noircis des
feuilles, en désordre. Après les quelques
petits poèmes d'amour de l'adolescence, comme j'aimais
écouter de la musique classique, symphonies ou
concertos, souvent Tchaïkovski j'écrivais
au compositeur je pourrais dire en prose poétique . Sans
respect aucun je le tutoyais. Je ne pourrais pas vous montrer ces
débordements car je les mettais au panier très
vite. Personne chez moi ne s'intéresse vraiment à
la poésie.
Je préférais éviter les
moqueries. Mon
fils ne devait pas avoir les yeux dans sa poche. Il a
appris le piano et l'harmonie et il composait un peu
pour s'amuser avec des amis guitaristes et une jeune
chanteuse. Un jour, il me dit qu'il avait depuis longtemps
repéré mon manège et il me demanda de lui
écrire des paroles. Il me donnait la cassette de ses
musiques composées sur synthétiseur. Je
devais en extraire moi-même la mélodie et la faire
parler... Mais ce « client » si
spécial fut insatisfait. Il trouvait que c'était
trop poétique. J'ai dû adapter mes
écrits à un style se rapprochant davantage de
la chanson.
Mes « poèmes » étaient classés j'y avais mis mon enthousiasme, alors je n'ai pas eu le courage de les mettre au panier. Ils y ont dormi quelques années. Un peu plus tard, je suis tombée malade. Je m'ennuyais à la maison et me suis mise à « taquiner la muse » de nouveau. C'était l'époque du minitel et j'ai trouvé là l'occasion de participer à quelques concours : je voulais m'assurer que ce que j'écrivais était lisible. J'ai encore quelques diplômes et livres en souvenir dans un fond de tiroir. Et j'eus l'occasion de publier dans une revue créée par les frères Cuffi !!! : « DISSONANCES », c'est ainsi que je connus d'autres poètes, Xian entre autres le webmaster de poésie du site : Florigène de la poésie francophone. Lorsque j'ai eu un ordinateur, j'ai cherché comment je pourrais cultiver ce hobby et j'ai découvert un forum animé par l'ambassade de France au Canada qui d'ailleurs publie une anthologie mise en ligne par Xian. Un
des participants m'invita à participer au site
Ecrits vains .Un peu plus tard j'ai connu d'autres sites
comme Anplus, Espace poétique, La poésie que
j'aime…et plusieurs autres m'ont invitée à leur
envoyer des textes. J’ai
aimé participer activement à Ecrits vains,
Anplus et Francopolis … mais les années passent
vite, pendant que moi je ralentis le rythme.
Je
n'ai *jamais eu l'envie de créer un site parce que je suis trop
paresseuse pour apprendre le langage HTML, mais j'ai
été ravie de l'avènement des
blogs. Quelle facilité, quelle
spontanéité et quelle occasion d'être,
parfois commenté, d'y trouver même quelques amis
fidèles.
Oui,
quand j'étais malade, j'avais un ami poète et
écrivain qui voulait créer un lieu de lectures
poétiques accompagnées de musique dans la
banlieue où j'habite. Pour cela il me fallait faire partie d'une
société d'auteurs et celle ci exigeait la
présentation d'un recueil... Je me suis laissée
tenter. Le système du recueil à
l'unité n'existait pas encore et il fallait
s'adresser à un imprimeur. Un investissement que je
n'aurais pas fait sans l'insistance de cet ami et l'envie de
participer à la création d'un lieu ouvert à
la poésie . Je me suis trouvée à la tête de
250 exemplaires. J'en ai vendu une centaine lors des
spectacles que nous avons exportés quelquefois dans des
villages. J'en ai déposé quelques uns dans les
librairies, en ai offert par-ci par-là et certains
se sont perdus. L'opération n'a pas été rentable
du tout. Même pas de quoi recommencer l'aventure !
Un
peu plus tard j'ai gagné le prix du recueil en
poésie libre à la SPAF Bugey Savoie. Je ne suis pas
du tout faite pour rentabiliser! En effet, cette
année-là le président est
décédé et l'imprimeur qui
éditait les recueils a fermé son entreprise….
! La nouvelle présidente a conçu
ma récompense par ordinateur… fabrication maison… un
poème tronqué, une mise en page maladroite.
Je n'ai jamais osé en vendre. Quand je tentais d'écouler
le reste de ceux de ma première tentative
j'ajoutais celui là en prime en demandant un euro.
Quand mon groupe de poètes s'est étoffé, (vous pouvez d'ailleurs vous promener sur le blog que
je tiens à jour pour le promouvoir), nous
avons recommencé quelques spectacles dans le
département. Alors j'ai décidé de faire un
dernier essai avec le recueil « Vagues d'ancre
» dont Gertrude Millaire a fait la présentation sur
francopolis. Prudente, j'en ai demandé 25 exemplaires. J'en
ai depuis vendu deux, et distribué trois à des
amis. Il m'en reste une vingtaine. Ils
dorment dans mes placards. Je ne sais pas vendre. Je serais incapable
d'oser envoyer des demandes de souscription à des
amis. Je dis
souvent que la poésie est mon amie !! alors la vendre,
mêler l'argent à mes mots… L'argent est un mal
nécessaire, je ne le méprise pas trop mais il ne me
passionne pas et j’ai honte d'en demander. Hé oui, j'ai
des réactions bizarres je ne suis sans doute pas tout à
fait comme les autres. La vie m'a faite comme
ça, difficile de se changer. Je ne pense pas que
cette façon d'être soit une qualité mais… !!!
Je n'ai aucune illusion, un éditeur qui distribuerait mes recueils ne se présentera jamais! Peut être moins encore en ce XXIe siècle! On dit que la poésie est morte !! Quelle erreur !! Elle ne se vend que difficilement, mais elle fourmille sur le Net plus encore maintenant avec les blogs, My Space, Face Book et autres multiples liens de convivialité. Les poètes se multiplient !! Les muses sont surchargées de travail. Qui veut lire de la poésie devient aussi effaré que s'il entre dans une bibliothèque, conscient qu'il ne pourra jamais tout connaître. Plutôt que des recueils je pense que les curieux et amateurs débutants préfèrent « Poésie Gallimard » qui publie des œuvres complètes ou du moins plusieurs recueils groupés de poètes confirmés sans oublier les anthologies conçues par des célébrités ou groupées par thèmes : l'eau, l'humour, l'amour, la mer etc… Restent les revues qui ont le mérite de nous aider à découvrir quels sont les auteurs que nous aimerions approcher un peu plus en achetant un recueil. Je
connais un poète qui a beaucoup publié et dans
d'excellentes maisons d'éditions. Je n'ai pas la
prétention d'avoir son talent ni sa culture. Je le connais bien,
je l'ai aussi beaucoup lu et l'ai un jour présenté sur
francopolis. Il s'agit de Jacques Ancet qui vient de publier « L'identité obscure »
Il en fera la lecture près de chez moi en
mars, j'aurai le plaisir de le revoir très
bientôt. Mon ambition
s'arrête là. Je suis assez lucide pour
savoir que jamais aucun éditeur digne de ce nom ne
s'arrêtera sur mes créations seulement
habitées de nature de simplicité ou de
tendresse.
Si une association lit cet article, je propose de faire cadeau d'une quinzaine d'exemplaires de « Vague d'ancre » pour qu'ils soient si possible vendus au profit de qui en aurait besoin avec une préférence pour les Sans-logis surtout s'ils sont en activité et dorment par exemple dans leur voiture !! Rester présentable, retrouver ses forces pour le lendemain dans un bon lit, quand on n’a pas de logement reste une gageure. Voilà comment je vis l'écriture… Non je ne pense pas à l'immortalité (sourire.) de toute façon croyez- vous qu'un ange lise quelquefois la presse ou regarde la télévision pour venir m'en faire part ???
Quelques écrits d'Hélène Soris :
dans la librairie Francopolis sur les traces de notre fourmi |
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