Février 2010
Aphorismes
et Pensées
par Aaron de Najran
-Prononcer vingt-cinq aphorismes par jour et ajouter- :
«Tout est là»
(Jules Renard)
Aphorismes de KELIG NICOLAS
Il n’y a plus que du vulgaire, partout. Sauf quelque fois dans le silence, et dans ce qui ne paraît pas.
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Je préfère les poètes à fleur de peau aux poètes en pots de fleur.
J'aime chez eux la peau d'effleure.
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Poésie et anarchie sont indissociables… Car l’écriture est subversive et ouvre des portes sur l’infini.
*
Les
écrivains sont-ils des personnages de papier, montés de
toute pièce ? Si on prend le temps de démonter les mots,
leurs belles lettres tomberont-elles en polichinelles ? Mystère
! Et boules de gomme.
*
Les
écrivains se gonflent parfois de leurs phrases tels des ballons
à l’hélium (pas de Plogoff !), ils prétendent
atteindre la lune. Mais en les lisant, on se sent parfois comme
écrasé, ou pompé.
*
Certains
écrivent des livres et quand vous vous y plongez, c’est comme si
vous étiez enfermés à l’intérieur d'une
caverne Dali Baba. Et c’est la seule prison où l'on voyage,
où on vous libère, où on vous restitue un peu du
bonheur quand on est perdu.
*
Tous
les écrivains se nourrissent de langues, de lettres et d'autres
lettres. Certains se contentent de rendre quelque chose après
digestion. On fait des livres qui se vendent, par ailleurs, bien.
D’autres en salivent vraiment, avant d'essayer, rien que
d'écrire... On en parle peu, c’est la norme. Mais quant à
savoir si on aime ou on n’aime pas lire tel ou untel, ça
dépend, c’est avant tout une question de goût !
*
Certains écrivains font des phrases terriblement ennuyeuses... Ils
prétendent tout savoir du monde et vous envoient promener autour du pâté,
quelques tonnes de mots sur les épaules, trois points à la ligne. D'autres,
avec leurs mots, vous invitent à monter sur leur plume, et vous font voir du
pays ! Questions d’impression, de sensation, d’ouverture… Il faut choisir sa
voie à lire, à écrire, tout comme celle à vivre.
*
... d'autres aphorismes de Kelig Nicolas
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Aphorismes de JACQUES PRÉVERT
Signe du temps : à Paris peu à peu les marchandes de quat'saisons disparaissent.
Les saisons aussi
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LE FACTEUR DEUIL
Cela fait des années que je reçois la même lettre de faire-part : " Dieu est mort "
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LE CIEL
Des nuées de toute importance
Aucun oiseau ne fait son nid dans les nuages.
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LE GRAND BESOGNEUX
Dieu a besoin des hommes , mais les hommes n'ont pas besoin de lui.
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FORCE DE FRAPPE
Frapper les enfants, les femmes, les hommes , puis frapper la nature
Et frapper la monnaie.
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EN CLASSE
L'horrible bruit du mot silence dans le tumulte de l'enfance.
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EDUCATION NATIONALE
Tout condamné à vivre aura la tête bourrée.
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Il suivait son idée. C'était une idée fixe et il était surpris de ne pas avancer !
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L'égaré demande son chemin, l'affolé demande
l'heure, la minute ou l'année, le mendiant l'aumône, le
condamné grâce. Certains ne demandent rien.
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Je suis heureux !
- De quel droit ?
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La poésie est partout comme Dieu n'est nulle - part.
(Jacques Prévert: Télérama-Hors Série No 0)
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