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Fabian Charles, sélection mai 2012

il se présente à vous


   1. Poème à l’Anonyme

Très grande majesté
son excellence majesté SEM dit-on
je chante pour toi
si le tambour sonne dans la nuit
il donne des sons discordants
dirai-je comme Verlaine
les sanglots longs
des violons monotones
ont embarqué aux ports d’automne
à la différence qu’ici
sur mon torse nu le soleil s’est levé
 
Ravi d’un baiser de chair fraiche
cueilli à la mer sur des poissons cuivrés
que j’ai mangés par sacrifice
sang de mes ancêtres renouvelé en moi
sang de la mer changé en vin
comme tes rapports sexuels
changés en bain de couleuvres
car ce n’est que la couleuvre qui peut tromper
ô
 
Anonyme
homme ou couleuvre
nous ne mangerons pas ta pomme sur la durée
car à un certain moment
elle sera bloquée dans notre gorge
pour permettre de crier plus fort
à bas l’abus
qui s’empile sur mon désir
de jour de la femme
tu étais plus belle anonyme quand tu t’habillais de rubans
de dérisions
et que tu avais une culotte
nous ne pouvons savoir si ton sexe
est à tête
de serpent ou d’aigle
car l’aigle semble accroupi sur la tête
sans cheveux, sans mornes (…)
 
(…)

Ce n’est pas une seule fois
que Dieu soit resté anonyme
nous le peuple ne saurons jamais
si la faim s’égrène ainsi 
aux paroles tafia de cents hommes qui manifestent
et parlent-et-mentent
nous ne connaitrons jamais ton genre sexuel
ton origine
ton regard se perd
monsieur qui ressemble bien à un apatride
sans papiers
ou plein de papiers qui se chiffonnent
et
 
Sentent le beurre d’arachide
les papiers hygiéniques d’un homme d’affaires dit-on
qui ne s’est jamais installé nulle part
et qui vient sur  ma terre
pour la cultiver comme son entreprise dit-on
sache que ma terre est nue
et que le soleil se lève sur mon torse
comme le printemps se lèvera toujours
à la bonne heure
même s’il y a durée indéterminée
viens danser
secouer tes hanches sur mon corps
nu pour un corps à corps
de sueurs à
 
Odeurs fortes
de parfum Jean Paul Gaultier
Jean sera grand comme pierre
Pierre que nous n’avons jamais connu
car sur sa pierre se sont bâtis plusieurs désastres
de terres qui glissent
et moi qui ne glisserai pas avec
parce que Hugo m’a dit que je serai le dernier
à combattre
ceux qui n’ont pas de masque
de
 
Négativité
par delà nos frontières
des groupes d’anonymes se réveillent
et te manifestent un grand
faux sourire
indigné je suis
indigné je resterai
de ceux qui ont la cravate nouée jusqu’à leur pomme d’Adam
qui ne pourra jamais plus descendre
comme le cri des opprimés de ce monde.


* texte commenté par le comité



..........>  2. Tu m'as changé en pierre

Tu m'as changé en pierre
pétrifié par le souvenir
que tout recommence
par ton regard
porté sur mes seins
acollés aux tiens
s'allaitant à l'infini
 
si un jour je déciderais de vivre sans dieu
je ne pourrai pas m'écarter de toi
des serpents qui circulent parmi tes cheveux
 
et des signes d'amour
car tout ce qui glissera entre mes jambes
proviendra de toi
tout ce qui tombera entre mes mains
clous ou fleurs
seront le fruit de mes sueurs tremblants
des sacrifices de coqs
qui ne cessent de chanter après leur mort
 
le temps s'est évanoui quand tu m'as chevauché
et mes formes ont pris les volumes d'un nègre
ou d'une négresse
peu importe
 
comment définir ce qui a ouvert mes veines
et est passé à travers moi
sans sang
 
libère moi sans me regarder
pour que je me désintègre
sans m'asphyxier


* texte commenté par le comité


             

........... 3. Temps de poésie

Des cerceaux (cintres)
qui se cassent
et s'enfilent
sur ton torse entouré

Baigné du rouge de tes lèvres
qui a coulé
au rythme de la gravité jusqu'à nos sexes
jusqu'à notre amour irrésolu

Et ma bouche en forme de vague
qui balance des mots
sans sens

---Non je ne veux pas rompre

Je voulais simplement que tu saches que
tu n'es pas la seule qui existe
nous existons tous ensemble
nous souffrons de la même manière

Sauf que

Certains oublient leurs maux
Et les paroles qui provoquent des
ruptures
en lançant les fers à repasser
par delà le thorax

On découvre notre fragilité
le questionnement
Pourquoi nous deux?
Et la vie...
Est-ce une tierce personne ou un dieu

Mon idéal sera de te donner deux barres
de savon
pour deux journées de bains rouges
Afin de laver tes plaies
Cela compte dans le tiers-monde

Pas pour toi

Alors sois authentique et rentre chez toi
Car nous avons chacun nos origines
notre province patrie

--j'attends qu'on me congédie


* texte commenté par le comité



.......... >  4. Tes seins nus


Tes seins nus
que je déshabille
imbus de la puissance de ton verbe
qui m'allaite
 
comme les verbes qui nous ont unis
amour
animalité
paresse sur une natte au raz de mer
nous nous sommes mis à tisser les premiers éclats du matin
 
comme je me suis mis à tisser mon identité propre
à la découverte d'un cadavre
en bord de mer


* texte commenté par le comité



.......... >  5. Sans titre

Des pas sourds s’enchainent dans les roues d’une voiture accélérant sur la route la plus large du pays, le ciment dansant avec la voiture ralentissant brusquement son départ, le compteur à vitesse de cet engin doit désormais compter le nombre de kilomètre-heure moins trente-cinq secondes car il vient de subir un recul dans le temps, tout un pays vient de subir un recul dans le temps avec lui. Je suis dans la voiture et je demande au chauffeur ce qui se passe, s’en suivent de longs moments de silence. Le temps défile parfois comme un miroir, marcher dans le temps serait marcher en arrière dans notre espace biographique, c’est se demander quel sens a eu notre vie et penser à l’avenir. Oui l’avenir, je prends d’un mouvement un peu brusque le volant d’entre les mains du chauffeur et je me mets à rouler à toute vitesse, me diriger vers mes rêves avec un désir supersonique. Fuir la mort. Car le seul choix de vie qu’il me reste se serait incarné dans cette mer pas seulement autour de moi, vers les deux rives de la chaussée, mais surtout cette mer qui me suit. Et verra-t-on dans ce monde sans Dieu, entre elle et moi qui partira plus tôt. Je suis un homme décidé. Mes paumes accrochées au volant je me souviens de ces doigts accrochés aux ongles bleus de ma femme, à ce dernier destin qui me reste. (…)  La plante de mes pieds ne fait plus qu’un avec l’accélérateur essayant d’augmenter le volume du moteur en fonction mais ce n’est qu’un bruit hélas déjà couvert par celui de l’eau qui enraye notre espoir. L’eau a pénétré ma voiture,  perdu, je n’emploie ici qu’un demi-mot. Mon esprit vous parlera peut-être ou peut-être que si j’ouvre la porte, je me laisserai conduire par les flots de ce tsunami, et je nagerai avec elle jusqu’à sortir de ce déluge.



* texte commenté par le comité



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Créé le 1 mars 2002

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