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Gourdon Clémentine  sélection avril 2009

elle se présente à vous.


 
  Alceste qui pleure, ou des mises en tropes qui    
 
ne font pas rire
 
  L'Ovaire


Je n'ai pas volé de feu moi,
j'ai les mains froides
pas d'amour pour les vieilles Mortelles
qu'elles perpétuent leur marche folle!

Je m'arrête. Là je me courbe pour humer
l'odeur poisseuse de nos bourbiers
Là, il y a quelque chose qui remue,
sous la crasse, oh vestige de la chaleur maternelle!
C'est un ovaire croupi dans la fange,
et que je prends chaud entre mes mains,
et que je fourre dans la poche de mon veston,
marchons ensemble, rattrapons le Temps!
On avance plus vite quand le coeur est fertile
et qu'y pousse l'amour pour le prochain
exécrable!
On avance plus vite avec un bout de mère
dans la poche, tout près du coeur.
Marchons, mais déjà je me sens faiblir,
et seule, mais encore, je sens un grand vide!
J'ai peur, je porte la main contre le sein qui me reste
-perdez une mère et c'est un sein qu'on vous ôte-
je tâte la poche où palpite un ovaire,
l'oeuf n'y est plus, je me sens défaillir,
mes doigts fouillent fébriles, effrayés
ils découvrent, là au fond de la poche,
un trou, et c'est le vide.

 ***


        

 

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Créé le 1 mars 2002

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