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Zaynab Laouedj, sélection janvier 2011

elle se présente à vous


Élégie pour le lecteur de Baghdad


Ô lecteur de Baghdad,

Toi le gardien de l'étoile perdue

Toi le seigneur de la rose

Dans les déserts de l'absurde

Ô toi le garant de la parole cachée

Le couronné d'absence,

Paré de nostalgie

Lève-toi de ton sable,

De la poigne de la solitude

Et montre un peu

De ton secret divulgué

Toi l'homme debout,

Au seuil du désir

Dissimulant les tremblements

Des prophètes partis

Vers

Des défaites

Non

Encore annoncées.

 

2

 

Ô toi le gardien de la lumière,

En prévision des années maigres

Huiles et sel

Olives et basilic

Riz et Cactus

Et

Figues et eau limpide

Et

Tout ce qui est donné

Comme nourriture licite

En ces temps proscrits

Et

Age de tenace nostalgie

Ô toi le partant, l'égaré,

Le dur à l'excès,

L'endurci dans l'égarement

Disperse les braises de l'âme

Et ce qui reste des fleurs du cœur

Cherche dans les cendres

Ce qui subsiste ...

De la douleur des entrailles

Et du cri du malheur

Criblée de douleur je suis,

Ô fils de ma mère

Blessée par ma peur, mon tremblement

J'ouvre l'âge

Gorgée par G.O.R.G.E.E

Sur les récifs de ta tristesse

Et les détails du bûcher

Ici

Au temps de la perdition

Sur la dépouille de la complainte

Là où brûle les restants des psalmodies

Est-ce réellement vrai

Que la terre d'Allah est vaste ...

Autant que ma patience ?

Je ne sais si Ayyoub a pu prononcer

Ce genre de sentence.

 

3

 

Ô lecteur de Baghdad,

Ouvre ton cœur à l'histoire

Laisse ton âme déborder

Obscure est ce qui vient

Et

Point de salut pour toi

Hormis les moulins de cendres

Et

Ta solitude

Tu pencheras sur toi-même

Seul

Que ta poitrine soit nageur

Que tes yeux soit fleuves

Que tes mains soient braises

Que ton grondement soit vent

Ils se retourneront vers toi

Mais personne ne te verra

Ils se demanderont ce qui t'a pris

Puis

S'en vont

Comme si quelque chose fut

Comme si

Jamais

Tu ne fus !

 

4

 

Ô lecteur de Baghdad,

Amarre tes hauteurs aux vagues calcifiées

A ce qui, des grandeurs, plonge bas

Et se prépare au banquet de l'horreur

En attendant ce que réserve le sel de l'estime

Et

La petite gorgée de la soif

Et

Les provisions de l'absence

Et

Le reste

De la dizaine falsifiée !

 

 

5

 

Ô lecteur de Baghdad,

Je te vois !

Alors que nul ne te voit !

Tes pas se cassent-ils sur les bordures de l'ombre ?

Refuses-tu de voir ?

Cherches-tu ce qui subsiste de ton premier voyage ?

Le murmure du cri,

Le vacarme des migraines,

Le désir du silence enterré ?

La fragmentation du chagrin

Les appels de la colombe

L'isolement du nuage ...

Cherches-tu ce qui n'est plus ?

Les battements d'ailes et la soif des nues,

L'exil de la mer fuyant sa couleur,

Son sel et ... le pouvoir de ses vagues ?

Reprends ton souffle

Et

Ne

Te retournes pas vers eux

Personne ne se souciera

De ta mort !

 

6

 

Ô lecteur de Baghdad,

Trahi par les tiens

Trahi par les amis

trahi par les temps ! !

Ton semblable premier t'a trahi

Et de même

Le peu de camarades qui restent

Les silhouettes d'amis t'ont trahi

Ô toi le blessé en toi .. .

De toi-même

Et vers toi-même

Ceux qui t'ont connu t'ont mal traité

Et seule l'ombre du palmier te protège

Ton compagnon ce soir est la solitude

Et un peu de fumée

Oh

Fils de mon sang et de mon chaos

"  Là se mêle la révélation à ce qui est tu

Gardes donc les énigmes des secrets " !

Cache le verre et ses couleurs éclatantes

Ne

Joue pas

Tu es désormais plus grand que le feu.

 

 

7

 

Il est là ... le bûcher

Elle est là ... la guillotine

Et tout ce qu'ils ont inventé

Il n y a là

Ni eau ni sel ni mets

Nul pain nulle terre

Pas de récoltes

Ni ruissellement

Pas d'herbe et pas d'oiseau

Pas de colombe ...ni larme

Pas de cadeau ... ni appât

Pas de fleuves ... ni de rivages

Pas de mers ... ni de côtes

Pas de souffle

Pas d'air

Pas de djinn pas d'anges pas de joie pas de mort

Pas de vie

Ni lettre

Ni mot

Ni aspect

Ni signe

Ni nom

Ni dessin

Ni A ni Z

Seulement le néant

Patiente encore un moment

Et prends garde de lever la tête

Il n y a plus de toit au dessus de toi

Hormis l'ombre des épées

Et les cordes qui pendent.

(Poème traduit de l'arabe par Kader Rabia (Poète et traducteur)

       

* texte commenté par le comité



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Créé le 1 mars 2002

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