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de Boulogne,
Elle se présente
à vous.
Le
réveil a beuglé comme un dément, bouche ouverte, branlant
de la glotte. J’ai décroché mes paupières de l’armoire
à rêves et, surprise de savoir qu’il existait encore, j’ai arraché
mon corps du lit. Le carrelage est froid sous mes pieds, alors je marche
en apesanteur. Ce que j’ai mal dormi ! Les rêves se sont bousculés
comme des feuilletons télé toute la nuit. C’est toujours comme
ça quand « demain c’est lundi ». J’ai traîné
mes désillusions jusqu’à la cuisine en harponnant la réalité
qui passait à proximité. Je me suis croisée dans le
miroir du couloir et je me suis saluée sans savoir qui j’étais.
J’ai l’air d’une fleur cueillie par surprise. Mais la cafetière me
sourit, c’est bien la seule à avoir un peu de ressort ici. Je prépare
le café bleu. Lentement, mon esprit s’est repris, j’ai noué tous les fils
de mes pensées. J’ai allumé le poste de radio, TSF, la station
de jazz passait un vieux blues qui ne m’aidait pas à voir la vie en
rose. J’ai tourné la mollette et j’ai roulé jusqu’aux infos,
ça rigole pas dans cette boîte là, les voix sont sinistres
et les pubs moroses. Je me suis levée, j’ai accroché au clou mes rêves du dimanche, aujourd’hui, c’est lundi. Le carrelage est froid et j’ai mal dormi. La douche fini de sécher mes idées noires. Dehors il fait encore noir, j’ai mal dormi. Il y a du brouillard
sur le pont de Tolbiac, ça aurait plu à Léo. Il y en
a aussi dans mon regard et ça ne m’aide pas à avancer. J’ai
pris le bus, le 62, il se traîne comme une vieille « Madame Rosa
». Il met des heures pour m’amener à Alésia. Il y a du
monde ce matin dans les rues, la ruche est réveillée. Paris
s’éveille et j’ai sommeil. J’ai mal dormi. Une semaine avant dimanche, et j’irai décrocher mes idées, mes rêves laissés sur le chevalet. ->
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Créé le 1 mars 2002
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