Christine Normand (alias Ekimoz)
elle se présente à vous.
J’ai des fièvres rugissantes
Qu'as-tu donc à exhumer de tes malles,
toi qui as tracé ton chemin en marge des grands circuits ?
As-tu gardé ton verbe humain qui file droit au cœur
Lorsqu'il chante l'intimité avec une délicatesse désarmante.
Tu
peux sacrifier tes pleurs aux nuages de mélancolie et chercher
encore
un soupçon d'humanité au fond d'un regard.
Pourquoi confondre ton obscurité dans la foule ?
Puisque
tu as la fureur de dire les choses sur la bêtise des hommes
lorsque tu empoignes
la question de la lâcheté avant que
la meute t'ait bousculé, écorché, repoussé.
Nul
bavardage comme ces divertissements de boulevard, ni cri
réducteur à la manière d'Artaud,
ni
démonstration comme Brecht.
Juste une prière comme un suicidé qui s'interroge après sa pendaison.
L’étrangeté d’une foule de marathoniens, le
mystère de la feuille blanche,
d’une bouche d’égout ou
d’une rue encombrée
Plus curieuse que l’habitude aveugle, une apparition, une sorte
d’épiphanie,
il faut que le mot ordinaire offre une vision
délestée du poids de l’habitude,
quelle fantaisie aux
antipodes, me perdre dans la singularité des choses
pour
renouveler mon regard sur la vie.
Je
laisse de côté l’univers macabre, truffé de
chauves-souris, de pierres tombales
et de têtes de mort,telle
une âme damnée, je ne serais pas Miseria traînant
son spleen
sur la vie en noir, non, je laisse mon graphisme
lugubre à la chaleur du monde de l’innocence,
être
légère entre autres lubies, traînant mon
château ambulant aux donjons roses,
je toise le corbeau
snobinard, décroise l’effroyable à l’école de la
frousse,
j’ai des fièvres rugissantes sous mes drapés
nostalgiques, j’explore des mondes oniriques,
je laisse mes angoisses
existentielles, toutes griffes et éclairs rentrés,
il me
faut l’intarissable source d’émerveillement, la beauté
hiératique d’un livre d’images,
l’infinie douceur d’une berceuse
dans des bras tendres et chauds, je voudrais des vitamines
comme celles
qui aident les enfants à grandir,
M’amuse
à me faire peur, m’aventurer juste au bord du vide
et prendre
plaisir à voir la profonde agonie avalée par le
néant comme une princesse
des ténèbres
déchue, est-ce que ce jeu est une bénédiction ou
un maléfice ?
Me détourner des rites funéraires et
chasser mes affrontements écarlates
lorsque la faucheuse
s’acharne à aspirer mon âme tourmentée.
Délaisser l’ombre sous la lune gothique et donner à la
magie un tour plus joyeux.
Dans
mes fresques échevelées, chevaucher l’hippogriffe,
souffler mes propres mots d’amour, déclamer l’harmonie d’un
lieu,
prendre un bain de silence et de temps suspendu, communier
avec le ciel et les étoiles.
* texte commenté par le comité et commentaires sur l'ensemble de ses textes mars 2011
--------------- > De l'infini troublant...
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