Patrick Packwood
sélection décembre 2003
dans cette désolation bleue, blanche
des grains argent lacèrent
comme le souffle qui les virevolte fouette
mon expression crispée par l'inclément
le vent infiltre les granules sous moi
les empile sur mon corps
s'en empare flocon à flocon
le fait disparaître violemment mais doucement
dans ce paysage de blanc-manger en folie
l'esprit vagabonde et s'amende
fait face au blanc à l'extérieur et refuse le blanc à
l'intérieur
seuls liens avec la vie, les souvenirs refluent
poussés par cette bise féroce sur ma joue
le froid me tue et me ranime
grelottant mais saisi de remords
qui partent en poudrerie
purification par le blanchiment
le bleu du ciel noirci
les ombres grandissent et bleuissent
le mercure tombe
mes paupières tombent
le vent tombe
les tourbillons cessent
de cruels points de lumière les relaient
trouent ici et là la coupole de givre
m'espionnent dans leur immobilité
scintillent à travers mes cils enneigés
hallucinations
des points orange sautillent
suivis par une inscription glauque et illisible
puis par un rectangle de lumière bleue
luisances étranges et réconfortantes dans ce noir glacial
une porte s'ouvre
un barbu grisonnant à l'air paternel me sourit
m'invite à gravir les marches
je monte et m'assied
et jouis de la chaleur de l'autobus
***
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