|
|
||||||
|
|||||||
il se présente à vous.
Entrer sur la pointe des larmes dans les ruses sonores de la nuit. Laisser commander le gouvernail des senteurs émues de droit divin et plonger dans les mains des fougères recourbées comme des bols de fumée verte. La nuit est une embouchure, un abreuvoir, où viennent boire nos esprits lapidés par des pluies intimes. Un chien errant aboie leur douleur relayée par les gémissements des bambous et les fastes des mouches à feu. Le touffu d'ombres réquisitionne les mots des somnambules et les feuilles soumettent au vent leurs balafres de corsaires. Essaimer la noirceur à la croisée des rêves. Les coudes de la nuit s'appuient sur les étoiles. Une confidence les unit par-delà le silence. Une rivière insomniaque boit le sang de la nuit. Sa plainte au loin forge des galets d'or. Une femme recouvre son pubis de tous les soupirs errants et moissonne le sel de la nuit. Sa jouissance sème la foudre…et prend congé du vivre… Toute nuit est une embuscade où l'univers se réfugie tel un insecte dans la toile absolue de la volupté. Seule la mer veille, elle-même hypnotisée par ce tour de magie où l'amour s'innocente. La nuit élague le ciel de toutes ses origines et nous fait offrande d'une récolte plus pure. *** ->
Vous désirez envoyer un commentaire sur ce
texte?
-> Vous voulez nous envoyer vos textes? Tous
les renseignements dans la rubrique : "Comité de poésie" |
Créé le 1 mars 2002
A visionner avec Internet Explorer