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création  Aiguebrun - Visiter son blog

Présentation
de la SÉLECTION


octobre 2008

n*59
 

par

Kelig

&

Fournée
préparée

par

Kelig Nicolas



Présentation de la revue d'octobre 2008
et responsable de cette revue, Kelig Nicolas



Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne,
Tant il fait doux par ce soir monotone
Où se dorlote un paysage lent.
Verlaine (Sagesse, IX)


Et voilà Octobre. Les caresses du vent se font un peu plus âpres, le ciel un peu plus gris, les feuilles se marronnent pour mourir mais de nos jours tombent, seulement parfois, saisons chamboulées… Si belle saison, pourtant, l’automne, lente et monotone, « la saison des marrons et des champignons » et aussi celle des souvenirs, des rêveries, des promenades et de la nostalgie. La nature a pris des coups dans l’aile, cependant qu’on ne se tourmente pas trop quand même. Oui elle souffre, mais elle est encore présente, bien vivante, et vibre toujours en nous. Quelle bonne nature, vraiment, bonne mère courage, elle qui en voit de toutes les couleurs des marques de lessive... La nature, dont nous faisons entièrement partie, nous autres humains (qui avons, hélas, trop souvent tendance à l’oublier…)
Résistant à tous les assauts de ces temps impitoyables, les poètes la vivent aussi, l’habitent même, de l’intérieur, et leurs poèmes s’animent de cris, de chants, de lyre, de délire, de révolte, de rêves, de paroles, d’histoires, d’ironie, d’amour, de sentiments, de fantaisie, de rires, d’images, de goûts, ou de dégoûts, et de couleurs, ou de transparence… Au gré des nuages, de la neige, de la pluie ou du soleil, des vents, au gré des vagues, de la vie… À l’âme.
Maintenant, nous aussi, oublions une minute « ce foutu temps pressant », papillons ; écoutons, en silence, les poèmes choisis des quatre auteurs de cette fournée riche de sa diversité, voyager sur les mots de la langue,
et aimons, n’aimons pas, ressourçons-nous des paroles, tranquillement
* prenons tout notre temps * en leur compagnie,
existons.

Ont participé au choix des auteurs, Cécile Guivarch, Gertrude Millaire, Lilas, Philippe Vallet, Juliette Clochelune, Ali Iken, Jean-Marc La Frenière. Merci aux auteurs et merci à eux aussi.

Nous accueillons Patricia Laranco et son cri : POURQUOI ÉCRIRE.
Gert aime bien. Pour elle, le sujet n’est pas vraiment original, mais elle trouve qu’il est livré avec une certaine poésie, et quelques images bien colorées. Elle cite : "Incendier les cordes vocales du soir". Cécile, en revanche, ne voit « pas trop l’intérêt d’écrire un texte si on se demande pourquoi écrire… et sans plus d’originalité que ça… » Selon Lilas, « Il suffirait de  peu – un peu qui est essentiel ! – pour alléger, insister, atteindre la matière-cœur du poème. Tel quel, il n’est pas assez travaillé, d’une forme trop   « prosaïque ». Lisez-le, dites-le, jouez-le : cela deviendra évident. »  Ali, quant à lui, nuance : « je pense que ce qui fait le charme de ce poème, c’est le dernier passage contrairement au reste qui est une réflexion plus qu’une poésie. »

***

Nous retrouvons Guillaume Poutrain, dont un texte avait déjà été publié ici. Il nous livre une série de cinq textes: XIII - XVI - XXII - XLI-Publicité  et LI qui n’ont pas laissé indifférents les membres du comité. D’une façon générale, ils ont été très appréciés. Écoutons en détail ce qu’en disent les francopoliens :
Pour Cécile c’est « Un grand oui, ce que je préfère dans cette fournée. Il y a de la recherche, du travail derrière tout cela. De l’originalité, un côté contemporain qui produit son effet. »
Selon Gert : « cela semble des extraits..... Pas facile des extraits...on s’y perd parfois. » Le XIII ne lui plaît pas. Le XVI, si : « Oui , bien sûr pas facile  à suivre mais la fin fait son effet. » Tout comme le XXII : « Oui... je n’aime pas trop l’ange en poésie mais son écriture tient la route...et garde une cadence. » Et le XXII : « Oui ... c’est un peu léger mais la forme du dialogue se lit bien. Le début est un peu trop recherché, mais la suite passe. » Mais pas le dernier - LI : « non, .je n’accroche pas ... il dérape... un peu... »
Liette
est mitigée aussi, elle trouve trop de longueurs. Elle commente chacun des extraits : elle apprécie le XIII « J'aime assez cette évocation, ce jeu de langage, de sons "glougloutent, glaglatent", la toyota, l'antilope… On va d'une époque à une autre, d'un objet à un autre dans des parallèles à trouver. Bonne tenue de l'écriture, du style. On est surpris, on s'amuse. » Mais elle s’agace avec le XVI :
« Un ton trop énamouré, je n'accroche pas à ces ressemblances,  je trouve ça un peu grandiloquent. Même si le style est là, je suis moins surprise, m'amuse moins. » Elle s’emballe au XXII : « "la vieille scie des sonorités" c'est assez surréaliste, prendre et découper la porte, l'ange qui tombe, et l'amour, il file la métaphore de bout en bout, très joliment, d'une façon heureuse. Je pense à des Beckett un peu, ou Cocteau ou Ponge, pas pareil mais je sens ça entre poésie et petites proses acérées » Mais son élan retombe avec le XLI : « trop long, style moins léché, c’est mieux dans de cours passages  "apogée du trublion" "luminaires du désastre" je trouve ça un peu grandiloquent et accroche moins "j'écris thonon" rigolo mais je crois qu'il aurait pu mieux faire, ça vient ici comme un cheveu sur la soupe je trouve car c'est en lisant la phrase finale qu'on distingue ensuite la métaphore sur la ville, bref ça ne me convainc pas. » Finalement elle décroche au LI « j’aimais la première phrase "je m'endors dans une bande dessinée" puis ça part dans tous les sens, on ne s'y retrouve pas, je préfère quand l'auteur fait plus court »
Jean-Marc, succinct, trouve l’ensemble tout simplement « Vraiment exceptionnel. »
Ali lui aussi dit oui à tous : « Textes truffés de très beaux passages aux effluves de révolte qui se propagent là où l’horizon a plus d’ouverture sur le futur. »
Philippe y trouve une matière intéressante : « Oui pour ce dernier de la liste. Pas de mots inconnus. Une tentative de dire et de dépayser d’emmener sur des chemins que lui commande, personnalisé le texte. Formes, essais? D’écriture  variées. »
Et enfin, Lilas est entièrement conquise : « Oui Oui oui ! Un style, et quelque chose à dire ! De la culture, un engagement pour dénoncer les travers et les abus de notre temps, les panem et circences modernes et éternels. En première ligne, aussi, (cf. la chute des poèmes 4-5) : la femme.
Bien sûr, une panoplie de figures, en particulier de riches métaphores, comme ces arborescences du crabe. Les autres procédés ne manquent pas qui modulent tous les tons de dérision, ironie, humour plus subtil, des allusions fugaces aux détournements, du sourire au gros rire franc, de la finesse au grotesque. A la marelle de ces  détournements, l’on tombe sur Eluard, Mozart, Gainsbourg, Kérouac, Perse, Ferré, Prévert… pour ne citer qu’eux ! Le "j'écris Thonon" est superbe d'une dérision iconoclaste que l'auteur engagé et surréaliste de Liberté n'eût probablement pas désavouée !  Ton désabusé ou violence,  parfois haineuse, d’un désespoir,  pailleté d’un verbe explosif aussi grondant que « le monde ouvert  à  [l]a fenêtre » de l’auteur, à la nôtre. »

***

Bienvenue à Claude Romashov, et ses trois « petits » poèmes.
« Simplicité, on s’y laisse prendre » en dit Cécile. Liette, elle aussi, aime les trois, « à 100% », « OUI, j'adore l'humour, le rythme, écriture simple avec des métaphores mais qui rendent l'abstrait concret (je pense au poème à déguster par exemple)
images qui parlent. »
Plus en détail, NUIT D’ÉTÉ.
Lilas trouve le poème « un peu trop fade » et Gert qu’il « manque de consistance », Ali s’enflamme :
« Beau ! Vibrante nuit d’été ! Comme quoi avec uniquement de simples mots on pourrait voler  un bel instant a l’immensité du temps. »
POÈME À DÉGUSTER.
Ali nous met joliment l’eau à la bouche : « Même sans trop d’épices ce poème parait avoir un goût délicieux qui dévisage l’intime expérience de l’écriture. » Lilas hésite et balance entre : « Oui et non !  Oui  pour la première partie du poème dont j’ai apprécié l’écriture qui soutient le propos. Non pour la seconde partie, très banale et encore entravée par des assonances en « é » trop nombreuses. » Philippe est déçu : « J’ai tenté j’ai rien goûté. » Enfin Gert aime bien mais reste un tout petit peu sur sa faim de fantaisie : « oui même si ça manque un peu de fantaisie... une façon de manger ses mots. Tiens, pourquoi pas. »
SANS DOMICILE FIXE. Selon Gert : « Oui, texte au premier degré mais le sujet mérite d’être retenu....une prise de conscience nécessaire. Pas facile de traiter ce sujet dans la dignité. »

***

Bienvenue enfin à Dana Shishmanian, la troisième « nouvelle » de cette fournée, nous offre quatre poèmes. Cécile aime et nous le dit très simplement : « il y a un style ici. C’est bien agréable. » Liette apprécie par endroit, se fait critique envers d’autres : « je sens parfois du Beckett (dans le creux d'une vague)
je trouve amusant le poème pour le petit déjeuner
il y a de la recherche, des effets de style, de rythme, mais parfois trop de grandiloquence. »
Philippe, en revanche, n’a pas du tout aimé : « Je ne peux pas.
Non aux âmes suppliciées
Des tsunamis variqueux
Les mots savent eux
travailler ceux qui les lisent
Je dors avant de mourir
Pour le petit déjeuner
Je m’offre une page blanche. »
Gert apprécie beaucoup Le matin des magiciens : « Oui, voilà que j’apprends au sujet de cette bouteille Klein... et bien, belle comparaison. Maintenant que je connais cette bouteille,  tout s’éclaire et l’écriture tient la route. Bravo. » ; elle donne du bout des lèvres un « petit oui » Au creux d’une vague, ajoutant gentiment : « en effet, l’auteur est dans un creux de vague ;-) », dit « oui » au poème Le pendu : « une certaine originalité... et petite fin d’humour. », apprécie aussi Poème au petit déjeuner, mais est quand même un peu déçue : « j’aurais aimé qu’on me serve une poésie et non l’emballage. »
Lilas y trouve « une intéressante approche, un certain style qui se construit,  la liberté des formes, des thèmes. »  Mais il lui semble qu’il y a « des maladresses (lourdeur, cliché etc.) », par exemple  dans le passage du Poème au petit déjeuner : « Oui je me jetterai dans le fleuve de l’Histoire » …  A moins, ajoute-t-elle, qu’il ne s’agisse d’un second degré et d’ironie, ce qui ne lui a pas semblé évident. » Elle conclut : «  un auteur à suivre en dépit de valeurs inégales d’un passage à l’autre. »

***

Après cette belle grappe de poèmes, vous serez peut-être déjà étourdis, comme tous les poètes…
Je vous invite à aller jeter un œil, et même deux, au Salon de lecture pour y voir L’œil quoi au juste
de Cécile Guivarch.


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le comité de lecture de Francopolis
 
octobre 2008



 

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Créé le 1 mars 2002