|
Notre librairie
compte plus de 150 auteurs. Nous vous invitons
à venir la visiter.
Vous y trouverez des poètes, des nouvellistes et
romanciers, des auteurs de pièces de théatre, hommes et
femmes, connus et inconnus, venus des cinq continents.
Vous pouvez, vous aussi, en faire partie en nous proposant un texte.
Dans notre Salon
de lecture, honneur ce mois-ci à Jean-Marc La Frenière !
Francopolis
: sélection de mars 2005
À
un bruit des eaux dans l'abrupt, a, plus haut encore, répondu le pas
du tonnerre sans eau. Mais l'eau même, tout d'un coup on s'avisera,
immergé dans le bleu, qu'on ne l'a pas vue.
André du Bouchet, (Poèmes et proses, éd. Mercure de France)
**********
Pour accompagner les tous derniers souffles d'hiver
et patienter jusqu'aux premiers soleils de printemps, l'équipe de
Francopolis a choisi de vous présenter onze auteurs. Onze voix de
France (Bretagne, Montpellier, Paris…), du Québec, de Belgique, mais
aussi d'Espagne, du Canada ou même d'Asie. Certains sont des habitués,
et leur confiance nous touche, d'autres ont vu de la lumière en passant
et ont poussé pour la première fois la porte de notre grand
chalet de poésie francophone. Tous ces auteurs venus à nous
les bras chargés de poèmes, de prose, de nouvelles, de haïkus.
Honneur m'échoit de vous les présenter.
**********
Nous ouvrons la sélection avec Corinne Cornec, nouvel auteur sur Francopolis, qui nous vient de Bretagne avec quatre poèmes : Insom-manie, Sur le seuil, Musique !, et Un visage ou un autre, dont «l'ensemble nous montre les traces d'une écriture en recherche d'un chemin» selon Philippe Vallet.
« J'entends
Les paupières cousues
Des fils en toc de mes rêves
Le craquement sur le plancher
De tes souliers en cuir »
Juliette Schweisguth est sensible à ce passage et voit dans le poème Insom-manie un «
jeu intéressant, attachant avec les images, sensations, avec ce que
le poème donne à voir, sentir ». Hélène Soris s'est montrée quant à elle très réceptive aux « belles effluves, parfums mélangés doux ou amers » que ce poème exhale.
Sur le seuil
« il y a comme une tessiture ( ténue ) de tendre compassion,
en tout cas il y a une sorte de compréhension profonde » nous dit Catrine Godin qui remarque dans ce second poème la présence d'« un coeur, une âme, quelque chose qui remue ». Ce que ne saurait démentir Juliette Schweisguth qui souligne un passage :
« Le temps a fini
De feuilleter tes visages »
et ajoute qu'« un écho se crée, une frontière entre dedans et dehors ». Hélène Soris est également sensible aux contrastes de ce poème : « on ressent la lassitude une absence dans ce poème et des amours toujours vivantes »
C'est le moment pour Corinne Cornec de nous chanter Musique !, « création du monde ou d'un nouveau monde qui naît sous nos yeux en quelques gestes et en six lignes » note Stéphane Méliade.
« Rien n'est plus simple
Que le silence
D'une larme »
Ce passage « fait rêver » Juliette Schweisguth. Selon Teri Alves, « les images s'aiguisent et atteignent. Et parfois même laissent admiratif ("Où l'on devine l'ombre /Au fond des arcs-en-ciel") ». Hélène Soris, quant à elle, met l'accent sur un aspect plus sombre du texte : «
silence d'une larme qui est ce poème dans un désir de musique
qui couvrirait une peine, une grande peine »
Dans Un visage ou un autre, l'« écriture creuse des ponts de couleurs, d'ombres, de lumière et de larmes » (Juliette Schweisguth). Les couleurs ont également trouvé dans les yeux d'Hélène Soris un écho : « le mauve des lilas cerne un regard beau et triste à couper le souffle ».
Catrine Godin conclut, devant le diversité de ces quatre textes : «
étrange... comme si ces textes n'étaient pas issus de la même
période, je serais curieuse de voir les dates... de suivre les étapes
du développement des processus internes et externes chez l'auteur
»
*************************
Alexandre Amprimoz, auteur de la rive ontarienne, Canada, déjà
publié sur Francopolis, nous revient avec trois nouveaux textes, Prélude des pétrifiés, Lasta, Chaleurs, et « force à [s]'ouvrir à une autre culture ou une autre vision » ( Gertrude Millaire). Jean Marc La Frenière est également séduit par ces poèmes écrits avec « beaucoup de maîtrise. Il en faut pour jouer avec ce genre de thème et d'imagerie. »
Prélude des pétrifiés stimule l'imagination de Stéphane Méliade : «
ça cadre bien avec l'image qu'on peut avoir de la Cour d'Espagne.
On imagine des rois au visage long et des duègnes habillées
de noir serrées jusqu'au menton. Tout le monde a l'air de porter une
croix. C'est bien rendu. Et c'est bien écrit ». Yves Heurté renchérit : « Sous l'égide de Goya, sol y sombra, un poème grave plein de lumière d'ombre et de sang »
Lasta « est un torrent d'images. On sent s'inscrire une histoire et le conte du sable » dit Juliette Schweisguth en citant les deux premiers vers :
« C'est là que s'inscrit
Le premier royaume »
Hélène Soris insiste sur la qualité formelle de ce « poème réfléchi soigné , ciselé même », tandis que Catrine Godin trouve en ces mots une voie vers soi-même : «
nous sommes sur les traces de, dans les traces ..d'un chemin que nous portons
tous, que nous habitons tous ( par intermittences...) »
Catrine Godin, toujours, nous parle en ces termes de Chaleurs : «
les symboles sont riches, les niveaux aussi, les lectures sont plutôt
complexes, mais il en ressort aussi des "apprentissages psychiques" vraiment
importants ». Rien d'étonnant donc à ce que les membres du comité trouvent des parentés très diverses : Yves Heurté par exemple nous dit que «
la même gravité sans enflure dans le propos fait penser parfois
à des accents Persiens mais avec des références plutôt
bibliques ». Alors que Juliette Schweisguth «
pense parfois à Andrée Chedid devant ce rythme et cette écriture
et les sons les échos des images et ces visages qui s'inscrivent dans
une légende. Le poème forge la lumière et la mémoire
jaillit dans l'instant :
"Je t'ai vue
Creuser le cœur de la montagne". »
*************************
Pascal Leclerc, troisième auteur présenté ce
mois-ci, vit en Asie et nous propose une nouvelle chargée de bon karma,
La pelle de l'inconnue, dont l'ambiance est le style n'ont pas laissé insensible la plupart de nos membres :
« On devine chez l'auteur une very french gourmandise très haute couture, une envie de
nous régaler et de recevoir l'admiration qui lui est due. » (Stéphane Méliade)
« Une écriture qui coule, roule, file
à vive allure, elle a du rythme et du souffle… une histoire abracadabrante…
» (Gertrude Millaire)
« Un feu d'artifice d'humour baroque qui ne
choit jamais dans la médiocrité bien que d'une écriture
moderne et délibérément dégingandée » (Yves Heurté)
« J'ai ri de bout en bout. Une modernité dans l'écriture qui vient naturellement. » (Jean-Marc La Frenière)
« Melting-pot hyper coloré flirtant avec
le burlesque (et proche de la pataphysique) dans un brouillage urbain fourmillant
» (Catrine Godin)
Et Catrine de rajouter : «
tous les excès du récit font en sorte que l'on se sente, d'une
certaine manière, proche du "héros"; je trouve ça "actuel"
». Stéphane Méliade enfonce le clou : «
Cet auteur là a l'oeil qui frise et il fait friser le nôtre
de plaisir, car il s'amuse comme un petit fou à jongler avec les clichés
de la modernité. Cette phrase là : "douce comme une mangue, menue comme une bouteille de Coke", résume tout le texte »
Hélène Soris, pour finir, met l'accent sur les vertus curatives de ce texte, «
je lirai ça chaque fois que j'aurai le bourdon la publication de
cette nouvelle devrait être sponsorisée par la sécu
et prescrite à la place du prozac ! » et prend d'ores et déjà commande : «
J'espère que cet auteur a trouvé un éditeur !! Je
lui achète une demi douzaine de bouquins tout de suite. »
*************************
André Labrosse apparaît pour la première fois au sommaire de Francopolis, avec deux poèmes sombres, Prison et Maquillage.
« Un corps violent au plus profond de son âme.
Du noir calciné sans trop comprendre.
Lassitude »
Ces vers extraits de Prison, représentatifs du style de l'auteur,
ont particulièrement attiré l'attention de Gertrude Millaire qui poursuit : « Il a du vécu ce texte… il fait peur… il dérange par sa crudité… »
Sous le Maquillage, toujours cette même force ténébreuse, cette « éruption de la noirceur » dirait Teri Alves. Cependant, derrière ce fard d'immense ombre, Catrine Godin perçoit «
quelque chose de "vrai" de transparent, de lucide qui brasse les tréfonds,
ça vient chercher en dedans parce nous avons des zones dévastées,
des hiroshimas intérieurs. »
*************************
Patricia Romanet vit à Paris, Bas les masques, Mot de Passe et Noces de neige sont ses premiers textes à paraître sur Francopolis, portés par « une simplicité d'écriture qui mène loin » selon Jean-Marc La Frenière.
« L'éternité toute entière
entre l'instant où mes doigts parcourent la distance qui les sépare
de mon visage. »
Stéphane Méliade met en lumière ce passage de Bas les masques et précise : «
C'est un texte subtil, beau, profond, qui me donne envie de dire "j'aime",
tout simplement, un million de choses d'une puissance terrifiante de douceur
et de reconnaissance sont contenues dans ce simple "j'aime" ». Hélène Soris ressent « la sensualité diffuse d'une douleur » et Yves Heurté porte sur le texte un regard incisif et juste : «
Comme on va se faire un masque chez l'esthéticienne, il se refait
un masque spirituel fait de mensonge, de désir de cacher et de se
cacher. Crème sur peau d'âme ».
Juliette Schweisguth met en lumière un aspect plus philosophique du texte : « ("Les masques ne viennent jamais seuls. Nous les posons un à un sur notre visage"). Comme défaire toutes les peaux de l'oignon de parlait Lacan. »
Mot de passe surprend Catrine Godin, car «
l'auteur annonce qu'il est prêt, véritablement près de
se rencontrer et de s'unir à lui-même ». Pour Yves Heurté, «
les mots masqués voyagent dans une confidentialité ferroviaire.
On se parle entre mots qui divaguent jusqu'au "tout le monde descend". ». Hélène Soris souligne un « style excellent, expressif et solide » et se montre séduite par cette phrase : « wagons rongés par la déchirure de l'air ».
Stéphane Méliade, quant à lui, évoque pour finir l'univers de Hayao Miyazaki : «
Fugitivement, j'ai pensé au voyage de Chihiro et au train sur la mer
qu'elle prend avec Kaonashi, une des plus belles séquences du film.
»
Noces de neige, « belle métaphore de l'indifférence » (Hélène Soris), où «
les moyens littéraires sont simples et sobres, l'imagerie en pointe
sèche la scène et le lieu réduits à l'essentiel
» (Yves Heurté), conclut idéalement cette série de textes.
Écoutons Stéphane Méliade : «
Une angoisse en tenue de soirée, fourreau de velours enserrant la
naufragée. Fitzgerald aux commandes du bateau. Un orchestre de jazz,
composé de noirs déguisés en blancs qui se déguisent
en noirs ». Juliette Schweisguth met le point final et note un «
intéressant mélange de désir et de mémoire. De
désir et de couleurs, celle de l'hiver et celle de la nuit ».
*************************
Accueillons à présent José Chanly, de Namur en Belgique, et dix-huit de ses haïkus et un tanka, un genre ayant peu la vedette mais néanmoins très loin d'être mineur.
Juliette Schweisguth résume à merveille
le charme de ces petits poèmes aussi brefs que le tremblement d'un
brin d'herbe au clair matin des brises : « ils
me plaisent ces haïkus qui ont un style singulier, de l'humour souvent,
de la poésie, du rêve et des jeux de sons, des échos.
Ils nous font entendre un silence, un parfum de saison, un rêve qui
pétille, un humour à fleurir ». Yves Heurté n'est pas moins enthousiaste : «
La diversité est là, dans la réussite, la surprise,
l'harmonie, la technique du mot habilement mené, et enfin, l'humour
à fleur de mots ».
Teri Alves souligne «
une originalité, qui tient de la construction et surprend bien plus
que le haïku de forme plus classique ».
Stéphane Méliade se laisse envoûter par l'un des charmes les plus caractéristiques du haïku, l'évocation : «
L'ensemble me rappelle le jour où j'ai descendu la Lesse en kayak,
descente toute fraîche et pleine de vie… Mais oui, c'est un talent
d'auteur que de réveiller des sensations personnelles au lecteur. "L'amour c'est quand quelqu'un vous donne de vos nouvelles" dit André Breton. »
*************************
Michel Henric-Coll vit à Valencia en Espagne. Ce n'est pas
un inconnu sur la toile et nous sommes heureux de le compter désormais
parmi les auteurs de Francopolis. Petite fleur des champs, La bouteille, et Métalepse, déroulent une prose où les mots « enchantent, nous offrent du rêve, de la tendresse… » ainsi que le dit Juliette Schweisguth.
« La tendresse que nous gardons par de vers
nous est le véritable cholestérol qui obstrue nos artères
»
Cet extrait de Petite fleur des champs mis en lumière par Gertrude Millaire en est sans conteste un résumé fidèle. Il suffit pour s'en convaincre d'entendre Philippe Vallet penser à voix haute : « on cherche le bonheur sur les étiquettes des marchands, on a oublié les fleurs ». Yves Heurté met le doigt sur une certaine désespérance : «
Difficile en effet d'imaginer plus sombre croquis de l'homme âgé
contemplant son reflet sur le monde raté des espérances de
sa jeunesse ». Texte sombre, oui, mais sans fard ni concession selon Catrine Godin : «
il y a dans ce texte une transparence, une nudité vraie de soi à
Soi, touchante d'honnêteté, droite, humble et tout ce qui est
humain respire ».
Juliette Schweisguth insiste sur la qualité du style de cet auteur : «
l'écriture a réellement de la tenue et surtout elle dit, elle
chante elle rêve et l'on s'attache à elle qui crée cette
femme rêvée, et qui crée lui qui la rêve… »
Pour présenter La bouteille, quoi de mieux que cet extrait choisi par Juliette Schweisguth : « et dans cette bouteille vide, je contemple tout ce que j'ai perdu ».
Car ce texte est une histoire de cendres d'amour à travers les reflets
verts sombres d'une bouteille où la peine semble trouver un bien trop
étroit refuge. Ce thème suscite l'intérêt d'Yves Heurté qui évoque «
le cercle infernal de l'alcoolique du Petit prince : On a tout perdu parce
qu'on buvait, on boit pour oublier qu'on a tout perdu. » et d'étoffer plus encore son propos : «
Le désespoir de l'alcoolique à la bouteille fait penser à
un certain tableau de Van Gogh première période ». Teri Alves n'est pas moins réceptif à ce «
beau texte, bref comme cet instant où la rupture résonne encore
des tous derniers mots prononcés, sensible sans sensiblerie ».
L'amour est affaire d'allers et retours, tel semble être le propos de Métalepse, servi par une « poésie très fraîche » avec « beaucoup de rythme et de musicalité » selon Jean-Marc La Frenière.
« Elle découvrit ses poèmes
au hasard des bouquinistes où elle cherchait, elle aussi, d'autres
mots pour caresser ses maux. Elle pleura »
« Cette phrase-paragraphe » plaît à Juliette Schweisguth, «
elle dit la rencontre, le rêve qui enfin se réveille, s'accomplit,
ses murs qui se défont pour laisser la tendresse des mots et des peaux
parler… »
Mais ne nous y trompons pas, avise Gertrude Millaire : « Il y a plus de légèreté dans ce texte, de la musique et des jeux ! ».
Un texte riche donc, d'ailleurs Yves Heurté ne dit-il pas : «
le thème est si fort qu'il pourrait sans peine s'étendre et
étoffer jusqu'à faire une belle nouvelle »
*************************
Au tour de Philippe Le Moigne de rejoindre
notre librairie d'auteurs. Cet habitant de Montpellier, dans une prose poétique
semblant tout droit sortir d'un coquillage porté à l'oreille,
nous emmène aux mers avec Toute vague a toute naissance.
Teri Alves est très enthousiaste à la lecture de « ce chant de bord de mer "où le marbre des autels a fait place aux silices des dunes, le calice du vin aux silences des embruns", qui emporte au sommet de la vague une crête d'infinie beauté ».
« Tu te couches sur le sable et tu témoignes ici de cet ailleurs présent aux siècles »
Cet extrait cité par Gertrude Millaire suffit à cerner d'un coup d'œil le propos et le style de ce texte. Catrine Godin ne résiste pas non plus à l'envie de proposer un passage, un ultime ressac :
« le pouls des abîmes tressaille dans
la vague noire qui te reçoit. Le coeur du monde est là où
tu es, où que tu sois, au moment où tu te dévêts
du monde (extérieur) pour l'amour et l'honneur d'une mer où
renaître. »
*************************
Lucie Bernadette Bellemare vit au Canada et, avec Comme il fut, a pris à l'hiver un échantillon de soleil, « essentiel de vie » pour sa voisine québécoise Gertrude Millaire, qui précise que le texte « rend bien l'esprit créateur de cet astre » et peint avec justesse « le pouvoir d'un simple rayon de soleil ». Juliette Schweisguth en « aime le rythme et les images. »
*************************
Place à Benoît Gastou et ses blancs bonnets.
« Ces sons qui fanent nos saisons »
Juliette Schweisguth ne s'y trompe pas et « trouve ça assez réjouissant ». Elle ajoute : «
une musicalité me plait, des jeux de mots […] un peu de surréalisme
aussi, comme un rêve changeant »
*************************
And last but not least, comme avait coutume de dire un professeur d'anglais moqueur au moment de rendre ma copie. Agnès Schnell, déjà publiée à plusieurs reprises sur Francopolis, revient avec Une Série De Cinq Textes, que Stéphane Méliade considère en ces termes : «
une main à l'intérieur tapissé de bouches, nous enfonce
doucement dans ces textes comme dans un humus où se trouvent les constellations
que nous cherchions au-dessus de nos têtes ». Avant de lire ces différents textes, Philippe Vallet nous aiguille : «
voila des écritures à partager, des phrases qu'il faudrait
retenir mais je préfère les lire pour la première fois
et chaque fois une première fois c'est comme ça qu'il faut
vivre en renaissant à chaque lecture »
Ad libitum, premier poème de cette série, a séduit le comité par son rythme qu'Yves Heurté qualifie de «
haletant, sauvage et soutenu, quasiment animal, qui s'exaspère même
quand on entre dans le règne végétal et fait penser
à la célèbre Carmina Burana de Orff ». Pour Juliette Schweisguth il y a non seulement « un rythme » mais aussi « une danse, un chant… ». Jean-Marc La Frenière abonde en ce sens : « Une voix, un souffle, un ton très particuliers »
Hélène Soris «
aime bien ce texte sans verbes, il [lui] fait penser à une danseuse
un elfe, et parfois à la poésie asiatique très proche
de la nature » Plus encore ici présenté pourrait avoir pour titre « la musique tutoiement de l'impossible », c'est en tous cas ce que doivent penser Juliette Schweisguth et Hélène Soris qui toutes les deux soulignent cette expression « superbe », qui « emporte » (Juliette Schweisguth).
Avec son texte Il arrive, Agnès Schnell continue par son écriture rythmée à satisfaire l'appétit de nos membres, notamment Jean-Marc La Frenière, admiratif : «
Une poésie vraiment enracinée. Ces mots existent par eux-mêmes
et font corps avec la matière. Ils respirent. »
« On sait l'à peine frémissant
de notre existence »
Juliette Schweisguth a raison de citer ces deux vers comme le point culminant du poème, son essence, presque.
Cheminement son dernier poème, confirme « Une écriture dense et mature » (Jean-Marc La Frenière).
Hélène Soris de même nous confie sans surprise : «
toujours cette ambiance, je crois que c'est celle que Jacques Ancet appelle
"réel" dans l'imperceptible ». Et Juliette Schweisguth de résumer en quelques mots cette écriture qui a séduit le comité : « le poème chemine dans cette marche qu'il crée avec les mots, avec le rythme… »
Prémices, dernier texte de
l'auteur et dernières lignes pour cette édition de mars (vous
savez ce qu'on dit sur les bonnes choses…), n'est pas un poème mais
une nouvelle, cependant « très poétique, un peu comme un tableau de Balthus non ? » questionne Hélène Soris. Un avis partagé par Juliette Schweisguth : «
Cette nouvelle est un vrai poème, un chant poétique. Une ode
au plaisir, et à l'imaginaire aussi… Je suis soufflée ! »
Gertrude Millaire énumère certaines des qualités de l'auteur comme pour mieux expliquer la beauté du texte : « Elle rend bien les sensations, elle sait communiquer… elle a une lenteur… de vivre ».
L'écriture comme invitation aux plus surprenants voyages, sans nul doute si nous considérons ces mots d'un Yves Heurté séduit : «
Cela fait tout à fait penser à l'animisme amérindien
de la pachamamma où la nature, tout à la fois, protège
enseigne et possède l'homme. Bravo ! »
Rien d'étonnant donc à ce que Jean-Marc La Frenière conclue : « Il y a véritablement un auteur derrière ces mots ».
Un auteur avec qui nous refermons cette 24e et une nouvelle fois riche édition de Francopolis.
Un grand merci à Corinne Cornec, Alexandre Amprimoz, Pascal Leclerc, André Labrosse, Patricia Romanet, José Chanly, Michel Henric-Coll, Philippe Le Moigne, Lucie Bernadette Bellemare, Benoît Gastou et Agnès Schnell
d'avoir chacun apporté sa voix dans ce concert aux printemps naissants,
et d'avoir partagé avec nous ces quelques verres de leurs mots. En
espérant un jour y retremper nos lèvres avides.
*************************
Dans notre salon de lecture, honneur ce mois-ci à Jean-Marc La Frenière,
qui de sa tanière du loup nous lance quelques cailloux pour la route,
les routes, nos routes. Quelques jalons de poésie comme gravés
dans l'érable.
*************************
Dans mon armoire à pharmacie
La
mouche d'hiver Est
morte de vieillesse Jack
Kerouac.
_________________________________
Mars 2005, Teri Alves
Pour le comité
de Francopolis.
***
->
Vous voulez nous envoyer vos textes?
Tous
les renseignements dans la rubrique : "Comité
de poésie"
|